accueil - livre "Faut-il avoir honte de l'identité nationale ?", Daniel Lefeuvre et Michel Renard (Larousse)
sommaire de ce blog
1 - le livre, les auteurs
2 - revue de presse *** CE QU'EN DIT LA PRESSE
3 -iconographie
4 - bibliographie
5 - textes sur l'identité nationale
6 - identités de la France
7 - patrimoine et lieux de mémoire
8 -controverses sur l'identité nationale
9 - La Marseillaise
10 - politiques de l'identité nationale
11 - Québec : identité française d'Amérique
12 - sur la Résistance (1940-1944)
*** liste de TOUS les articles ***
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** article le plus récent : 2 novembre 2010 **
blog ouvert le 6 septembre 2008
** index des noms propres cités dans le livre **
** références des citations du livre Faut-il avoir honte de l'identité nationale ? **
- COMMANDER LE LIVRE -
** réponse à Houria Bouteldja qui dit que l'État-nation l'emmerde...
** réponse à Thomas Wieder sur le musée de l'histoire de France
** réponse à Emmanuel Raveline sur l'Europe et l'identité nationale
** réponse à Esther Benbassa qui dit que l'identité nationale est un "leurre"
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Faut-il avoir honte
de l'identité nationale ?
Daniel Lefeuvre, Michel Renard
Dans la plus ancienne nation d'Europe, l'identité nationale n'a plus la cote.
Il n'est question que "d'identité fantasmée", de "mythe national", "d'intolérance culturelle", de "xénophobie d'État". On écrit que la "nation porte la guerre en son sein comme la nuée porte l'orage", selon une fausse citation de Jaurès sur laquelle nous reviendrons. On affirme que c'est la "droite qui, depuis un siècle, a toujours privilégié le national contre une gauche rassemblée autour du social", etc.
Ceux des Français qui tiennent la notion d'identité nationale pour autre chose qu'une pathologie développeraient une ringardise du national, une obsession des origines, voire un racisme honteux. Il faudrait sacrifier toute fierté d'être Français et se défaire d'une "construction" de l'histoire de France, fruit des idéologues d'une Troisième République qui, par "bourrage de crâne patriotique", aurait envoyé au massacre des millions d'hommes, un beau soir d'août 1914.
Nous refusons cette dévaluation arbitraire de la notion d'identité nationale comme si, tout au long de l'histoire, elle n'avait eu qu'une seule signification. Nous refusons la mise en accusation, quelque peu paranoïaque, d'une prétendue machine républicaine qui ferait violence à la "France plurielle et métissée", en lui inculquant une "identité" qui ne serait pas la sienne.
Nous contestons la dévalorisation, sans examen historique, d'un héritage qui a enfanté l'humanisme de Montaigne, le rationalisme de Descartes, la résistance au fanatisme chez Voltaire, le souffle de Hugo. Mais aussi la Révolution française et la République, le courage de Gambetta, le choix absolu de la justice chez les dreyfusards, l'héroïsme des tranchées et les sacrifices de la Résistance. Avec Simone Weil, nous disons que l'amour du passé n'a rien de réactionnaire.
Daniel Lefeuvre et Michel Renard, éditions Larousse
en librairie depuis le 3 novembre 2008
Introduction
1 - Est-il suspect de parler d'identité nationale ?
2 - La France d'avant la France
3 - Jeanne d'Arc était-elle française ?
4 – Identité française et Grande Nation
5 - Faut-il dénationaliser l'histoire de France ?
6 - L'identité nationale et les historiens
7 - L'identité nationale est-elle toujours de droite ?
8 - Peut-on être français sans parler le français ?
9 – L'immigration est-elle un danger pour l'identité nationale ?
10 – L'islam menace-t-il l'identité nationale ?
Conclusion
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Honoré d'Estienne d'Orves, lieutenant de vaisseau, rallie De Gaulle en juillet 1940 et obtient d'être envoyé en France occupée ; parti sur le Marie-Louise, bateau de pêche armé par des pêcheurs bretons, il débarque le 22 décembre 1940 aux environs de la pointe du Raz et devient l'un des premiers animateurs de réseaux de résistance ; trahi, il est arrêté le 20 janvier 1941 ; il fut exécuté par les nazis le 29 août 1941 :
"Notre fierté d'être Français est basée sur la conscience de nos droits, sur les souvenirs de notre histoire, et non sur la conscience d'une supériorité innée. Ce sentiment qui nous unit, ce n'est pas la race, c'est la nation constituée au cours des siècles, avec au départ des races différentes. C'est un ciment de la raison qui est de devenir celui du cœur et qui n'en est pas moins fort."
cité in Honoré d'Estienne d'Orves, un héros français, Étienne de Montety, Perrin, 2001, p. 294.
laïcité, identité nationale
la laïcité pour identité nationale
Excellente réflexion : http://sonja.flusin.over-blog.com/article-la-laicite-pour-identite-nationale-78546165.html
pas d'éducation à la citoyenneté sans mémoire collective
le Québec n'existe plus !
Mathieu BOCK-CÔTÉ
2,2% par année ! C’est le nombre d’étudiants du niveau collégial qui suivent un cours d’histoire du Québec, selon la fondation Lionel-Groulx, qui vient de publier une étude sur la question. Le résultat est évidemment désastreux. On ne peut pas dire pour autant qu’il soit surprenant. Car l’enseignement de l’histoire n’est plus à la mode. Ni au primaire, ni au secondaire, ni au collégial.
Notre société
n’explore le passé que pour confirmer par effet de contraste à quel point le présent
lui est supérieur. Pour plusieurs, l’enseignement de l’histoire n’a pas d’abord
pour vocation de la comprendre, mais de féliciter grossièrement la société
actuelle, de lui décerner un certificat d’ouverture, de supériorité morale. On étudie
le passé pour se réjouir de ne plus y être enfermé.
Mais le problème est plus profond. Car à bien voir, lorsque l’histoire est présente, c’est le Québec qui est absent. Comme s’il s’agissait d’une histoire insignifiante. On l’a non pas complétée, mais remplacée par l’histoire des civilisations lointaines. Au nom de la mondialisation, de l’ouverture à la diversité ? C’est ce qu’on dit.
J’y vois plutôt une forme d’exotisme obligatoire qui domine une école résolue à fabriquer à la chaîne des citoyens du monde. Ce que j’en pense ? Citoyens du monde mon œil. Citoyens de nulle part. On se demande pourquoi une partie importante de la jeunesse déserte son devoir civique. Les pédagogues du vivre-ensemble cherchent à bricoler une solution en disant que voter, c’est cool, c’est festif.
avant de participer à la vie publique, encore faut-il savoir
quelle collectivité on appartient
Sottise : c’est plutôt le caractère solennel du vote qu’il faudrait rappeler, l’individu devant s’élever de temps en temps à la grandeur du citoyen. Mais avant de participer à la vie publique, encore faut-il savoir à quelle collectivité on appartient. C’est ici que l’enseignement de l’histoire devrait jouer son rôle en cultivant le sentiment d’appartenance au Québec, en faisant en sorte que les jeunes générations ressentent une solidarité avec celles d’hier.
On parle beaucoup d’éducation à la citoyenneté ces années-ci. Une telle éducation tournera à vide si elle ne repose pas d’abord sur une mémoire collective nous rappelant que nous sommes héritiers d’une expérience historique à poursuivre. L’école québécoise n’est plus capable de transmettre la culture. Pire, elle ne le désire plus. Elle veut nous adapter à notre présent, nous préparer à l’avenir, nous faire aimer la planète, nous faire chanter les louanges de la mondialisation. Elle a oublié de nous faire aimer le Québec.
Mathieu Bock-Côté
source
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Entièrement d'accord avec toi, Mathieu. Nous avons avons expliqué cela dans notre livre avec Daniel Lefeuvre, Faut-il avoir honte de l'identité nationale ? (Larousse, 2008)
Michel Renard
Jacques Le Goff et l'histoire nationale
l'oeuvre de Jacques Le Goff
plaide contre la pétition qu'il a signée
Michel RENARD
Neuf historiens ont signé une tribune dans Libération (21 octobre) contre le projet "dangereux", selon eux, d'une Maison de l'histoire de France annoncé par Nicolas Sarkozy en septembre. Ils dénoncent "une histoire centrée avant tout sur l'État-nation et les grands hommes, à la recherche de l'âme et des origines de la France".
Parmi ces signataires
se trouve le célèbre médiéviste Jacques Le Goff. Comment Jacques Le Goff a-t-il pu approuver ce
texte alors qu'il y a quelques temps encore il affirmait : "la France doit
valoriser son histoire" (entretien accordé à l'hebdomaire protestant Réforme en
2007) ? http://www.reforme.net/dossiers.php?id=3.
Il y dit encore : "C’est dans cette histoire et ce cadre que se situe la question de l’immigration" ; ou encore : "L’école reste la clef pour retisser le corps social et le sentiment national".
Dans le dictionnaire La Nouvelle histoire (1978) qu'il dirige, Jacques Le Goff signe
lui-même la notice "l'histoire nouvelle" où il explique que "la France
est le seul des pays modernes à avoir une tradition historiographique ancienne
et continue, liée aussi bien aux centres du pouvoir politique et idéologique
(monarchie, Église) qu'à l'évolution sociale (histoire nobiliaire, histoire
bourgeoise) et à la formation précoce du sentiment national entre le XIIe et le
XIVe siècle" (p. 227). Pourquoi ne pas adosser à ces affirmations la philosophie de la Maison de l'histoire de France...?
L'État-nation est une réalité historique française admise par toute l'école historiographique nationale depuis l'École des Annales (Marc Bloch et Lucien Febvre) jusqu'aux Lieux de mémoire de Pierre Nora et aux travaux de Colette Beaune (Naissance de la nation France, 1985) ou ceux d'André Burguière et Jacques Revel (Histoire de la France, 1989-1993).
En rendre compte n'a rien d'illégitime intellectuellement. On peut exposer l'histoire nationale sans la noyer dans l'histoire européenne ni dans l'histoire mondiale (mais pas sans les ignorer non plus, évidemment) comme voudraient nous en convaincre les pétitionnaires militants.
Aujourd'hui, les
historiens qui pétitionnent ne font que de la politique étroitement partisane –
c'est leur droit – mais ils violent aussi un héritage historiographique
qu'ils n'ont jamais démenti scientifiquement.
Michel RENARD
vue du Canada : la discrimination positive

La discrimination positive est un scandale
Mathieu Bock-Côté
Si le gouvernement conservateur a mauvaise réputation au Québec, on ne saurait toutefois lui contester ses initiatives les plus valables. La remise en question de la discrimination positive en est assurément une.
Un mot d’abord sur la vision de la société des partisans de la discrimination positive. Selon eux, la société occidentale serait un système d’exclusion raciste et sexiste. Une «majorité blanche» exercerait son hégémonie sur les grandes institutions et les «minorités» seraient ghettoïsées, marginalisées. Pour corriger cette situation, on privilégiera l’embauche de représentants des «minorités», ce que permettrait la discrimination positive.
Mais ce langage faussement vertueux masque un véritable scandale. Une femme d’Ottawa l’a récemment découvert. Un emploi pour lequel elle voulait postuler était réservé à certains groupes ethniques. Du simple fait qu’elle était « lanche», elle en était formellement exclue. Ainsi, la personne appelée à occuper ce poste aura d’abord pour fonction d’y représenter son groupe ethnique plutôt que d’y performer. Adieu l’excellence!
Résumons la chose ainsi : vous souhaitez un poste pour lequel vous êtes remarquablement qualifié ? Mais vous vous appelez Pierre Tremblay ? Ou John Smith ? Pas de chance! Vous n’aurez pas ce poste car vous êtes coupable d’appartenir à la majorité. Comme le disait récemment Anne Lauvergeon, la présidente de la grande entreprise française Areva, «compétence égale, on choisira autre chose que le mâle blanc». Il ne faut pas se laisser berner par la «compétence égale » qui n’est que cosmétique. Évidemment, si vous protestez, on vous accusera de racisme.
La discrimination positive réduit la justice sociale à un bête système de quotas ethniques et sexuels qui trie les individus selon leurs origines plutôt que selon leurs mérites. Mais à vouloir faire correspondre la distribution des postes à un fantasme statistique qui relève du multiculturalisme victimaire, c’est la liberté de chacun qui régresse, le bien commun qui écope et la société qui se fragmente.
La discrimination positive est malfaisante. Si je suis malade, je ne voudrai pas me faire soigner par un médecin blanc, noir ou mauve, mais simplement par un excellent médecin. En toutes circonstances, c’est la compétence qui devrait prévaloir. C’est aussi l’avis de la majorité silencieuse. Il était temps qu’on l’entende.
Mathieu BOCK-CÔTÉ
source
La France n'est pas une page blanche sur laquelle des utopistes en serre chaude écriraient à la hâte le mot «citoyenneté»

les "pays", au sens braudélien du terme
Identité nationale :
le vrai débat n'aura pas lieu !
Denis TILLINAC
Le débat sur l'identité nationale n'aura pas lieu. Les politiques, les journalistes, les intellos prennent des positions le plus souvent manichéennes sur le mode d'intégration de nos compatriotes arabo-musulmans ou africains. Faut-il tolérer la burqa ? Laisser pointer des minarets ? Régulariser les sans-papiers ? Subventionner les banlieues où çà chauffe ?
On se gargarise de gros mots («laïcité,
valeurs républicaines, citoyenneté»), on mobilise grotesquement des
parias de l'histoire (Pétain, Déat, Laval) et, au bout du compte, l'on finit
par découvrir une évidence : les Français n'ont pas plus de sympathie pour
l'islam que les autres Européens. Un vrai débat sur l'islam ne serait pas sans
intérêt, mais il ne concerne l'identité nationale qu'à la marge. Or cette
identité existe.
Or cette majorité,
prolétaire ou bourgeoise, est exclue du débat, et le sent, et s'en exaspère
sans pouvoir le dire. C'est elle, pourtant, qui pérennise l'identité française
; c'est elle, en conséquence, qui détient le secret de l' «intégration».
Dans le panthéon intime de la France, Jeanne d'Arc fraternise avec Gavroche, Roland à Roncevaux avec Bonaparte au pont d'Arcole, Mimi Pinson avec la duchesse de Guermantes, la gouaille du titi avec la pagnolade à l'aïoli, la gourmandise rabelaisienne avec la rigueur pascalienne, la môme Piaf avec Villon. Dans l'imaginaire des Français, on repère l'amour rustique du clocher et l'appel romantique de l'Orient, ainsi qu'une pente au bovarisme, une autre au panache de Cyrano, une autre à prendre benoîtement ses aises apéritives. Liste non exhaustive.
C'est aussi cette manie de
lâcher des idéologues sur la rive gauche de la Seine pour des chamailleries
conceptuelles dont on se fout éperdument, la sagesse populaire ayant pris acte
de nos contradictions insolubles. Par exemple, ce chahut verbeux qui tourne en
rond autour de minarets fantoches, alors que notre «identité», on la
connaît par coeur, on la cultive, elle va de soi ou presque.
Le désir, le
sentiment, le bonheur d'être français sont accessibles à toute minorité. Avec
le temps, bien sûr, et à condition que la majorité - silencieuse et pour cause
- soit assurée de ne pas y laisser trop de plumes symboliques. Sinon elle se
rétracte, et sa méfiance tourne à la franche hostilité.
La France n'est pas une page blanche sur laquelle
des utopistes en serre chaude écriraient à la hâte le mot «citoyenneté».
Ni l'espace abstrait d'une appropriation ex-nihilo. La France, on sait
de quoi son identité retourne ; cessons de l'ignorer dans leurs pompes d'où ils
viennent. Surtout ceux de fraîche date : plus que les enracinés, ils ont besoin
de savoir de quoi ils héritent au juste.
Denis Tillinac est
chroniqueur à Valeurs actuelles.
PS : cet article est extrait
du n° 663 (du 2 au 8 janvier 2010) de l'hebdomadaire Marianne - source
réponse à Esther Benbassa
réponse à Esther Benbassa
Michel RENARD
Dans l'Humanité, du 5 janvier 2010 : Esther Benbassa «Pour l’avenir, il y a un roman national
à réécrire»
L'auteure de Être juif après Gaza (CNRS éditions, 2009) ne
rate pas une occasion pour s’impliquer dans des combats qu’elle estime justes.
En décembre dernier, elle a décidé de faire partie d’un collectif qui prône l’ouverture
d’un «autre débat» que celui lancé par le gouvernement. Les membres
de ce collectif, comprenant des intellectuels, des chercheurs, des écrivains,
des journalistes travaillant sur le post-colonialisme ou l’immigration
rejettent l’initiative d’Éric Besson, dont le but, considèrent-ils, est de
manipuler l’opinion. Esther Benbassa la qualifie même de dangereuse car elle lève
le tabou du racisme. [chapeau de l'Humanité]
[Réponse : le tabou du racisme...? mais si le racisme ne s'était pas exprimé en France depuis des années et des années, pourquoi SOS-Racisme a-t-elle été créée et portée aux nues...? et, question secondaire, pourquoi, malgré SOS-Racisme, le racisme n'a-t-il pas régressé-? Le véritable tabou, aujourd'hui en France, c'est bien le sentiment national, ringardisé, extrême-droitisé, lepénisé, nazifié... Et ceux qui, par vacuité de pensée, ont procédé à ces amalgames depuis plus de vingt ans sont désormais prisonniers de leurs caricatures et INCAPABLES de débattre de ce que représente la nation comme héritage et comme projet collectif - M.R.].

le débat sur l'identité nationale n'est pas un débat nationaliste
réponse à Esther Benbassa par Michel Renard
- L'Humanité (Mina Kaci) : Pourquoi demandez-vous l’arrêt du débat sur l’identité
nationale, alors qu’Éric Besson s’entête à vouloir le poursuivre ?
Esther Benbassa : Nous n’appelons pas à cesser de débattre
mais à conduire un autre échange qui ne porte pas sur l’identité nationale et
qui serait une sorte de radiographie de la France. Il faut sortir de ce débat
stérile sur l’identité nationale rappelant les discussions des années trente
lorsque les ligues fascistes criaient? : «La France aux Français !»
[Réponse : pauvre argumentaire...! Quand Braudel signe son dernier ouvrage "L'identité de la France", faisait-il une concession à l'extrême-droite des années 1930...? Les gens comme Esther Benbassa sont tellement accrochés à une Gauche atone qui a renoncé à presque toutes ses convictions et ses ambitions, qu'ils ont réduit le débat politique au "danger du Front national", seul parti à évoquer depuis 25 ans la symbolique nationale. Résultat, ils ont oublié que l'attachement à l'identité nationale était une idée politique légitime et encore vivace dans de larges fractions des couches populaires - M.R.].
- Vous dites que ce débat sur l’identité nationale est
dangereux..
Esther Benbassa : Il est dangereux d’abord parce qu’il
caresse les mauvais instincts des gens et fait sauter le tabou du racisme. Des
personnes osent dire à haute voix ce qu’elles écrivaient anonymement. Il n’est
qu’un cache-misère pour parler de l’autre, de l’immigré qui ne ferait pas
partie de l’identité nationale. De plus, ce débat est tourné contre l’islam
comme l’était l’antisémitisme contre les juifs au XIXe siècle. Or on sait à
quoi avait abouti l’antisémitisme des années trente.
[Réponse : débat tourné contre l'islam...? quelle caricature...! critiquer le communautarisme, le port du voile, de la burqa serait critiquer l'islam...? c'est bien ce que disent tous les fanatiques islamistes et fondamentalistes... Esther Benbassa est sur la même ligne...
Le parallèle avec l'antisémitisme est totalement infondé : l'antisémitisme est un racisme haineux mobilisant des préjugés ; la critique du fondamentalisme islamique se fait au nom des idéaux universalistes, au nom de l'émancipation de la femme, au nom de la laïcité... Il ne reste plus à Esther Benbassa qu'à dire que ces dernières références doivent être abandonnées au nom d'un multiculturalisme a-critique, au nom d'un relativisme honteux des progrès réalisés en Occident en faveur des libertés indiividuelles - M.R.].

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En quoi consiste précisément l’« autre débat » que vous appelez de vos vœux ?
Esther Benbassa : On veut un débat sur la
France telle qu’elle existe aujourd’hui, avec des états généraux, des colloques
et bien d’autres initiatives. Il faut réécrire les manuels scolaires, l’histoire,
car, dans la saga nationale qu’est l’histoire de France, il y a celle des
anciens colonisés et celle des immigrés. La décolonisation n’a toujours pas été
digérée. Il faut recentrer la réflexion vers d’autres enjeux et proposer de façon
concrète des outils de compréhension pour les populations. Et expliquer que le
débat sur l’identité nationale est un débat nationaliste, qui cache le déficit
de la France, le chômage et les luttes sociales. C’est un débat typiquement
politicien, électoraliste à la veille des régionales
[Réponse : "le
débat sur l’identité nationale est un débat nationaliste"... c'est ce qu'on dit quand on ignore l'histoire de France, quand on voudrait bien contrer la Droite mais qu'on n'a aucun argument sur ce thème, quand on a oublié que le patriotisme naît à Gauche sous la Révolution française et que la Gauche l'a toujours porté jusqu'à il y a une trentaine d'années.
Le "déficit, le chômage, les luttes sociales"... voilà... Pour Esther Benbassa et une majorité de gens de Gauche, n'existe que la question sociale...! Et ces gens font profession de "sciences sociales"...! quel matérialisme sommaire, quel réductionnisme grossier... L'attachement national ne serait qu'un "faux sentiment" peut-être ? Et elle propose de réécrire les manuels d'histoire... Mais Esther Benbassa ignore l'histoire de France, la profondeur des liens qui rattachent notre "société" à son passé, à des structures anciennes dont toute l'école historique française a montré, depuis deux siècles, la pertinence... Qu'elle les ouvre donc ces ouvrages avant de prétendre les réécrire...! - M.R.].

toute l'école historique française
a parlé de la France, de l'identité française...
mais de nombreux sociologues ignorent
les travaux des historiens, persuadés qu'ils sont
de la toute-puissance de leur grille d'analyse
- En prônant un «autre débat», n’est-ce pas d’une
certaine manière le fait de rester dans le débat sur l’identité nationale que
vous condamnez ?
Esther Benbassa : Nous n’avons jamais parlé de l’identité
nationale et n’avons pas l’intention de le faire. Mais il existe bien une
question sur ce qu’est la France aujourd’hui et on ne doit pas éviter d’y répondre.
L’identité nationale est un jeu de mots pour désigner le «vrai»
Français. Et le «vrai» est celui qui n’est pas immigré, qui n’est
pas noir, pas arabe, celui qui n’est pas musulman. Au contraire, notre
collectif regarde vers l’avenir et on estime qu’il y a un roman national à réécrire
avec les histoires de ceux qui composent ce pays. Qui aujourd’hui peut dire qu’il
a une seule identité ? La question même est absurde, elle nous dépasse. De plus, un débat, cela se prépare, cela se réfléchit et cela regarde l’avenir. Or le débat lancé par Éric Besson est de nature conjoncturelle.
[Réponse : Personne ne parle de "vrai Français" sauf les gens comme Esther Benbassa avec le vain espoir de discréditer le débat en cours auquel ils ne savent pas participer.
Croire qu'il ne s'agit, de la part du gouvernement, que d'une tactique en vue des élections régionales..., c'est une hypothèse que rien ne peut étayer parce que PERSONNE ne peut dire, à l'avance, ce qui sortira de ces élections ni quels facteurs d'actualités peuvent influencer alors les électeurs...
"Qui peut dire qu'il a une seule identité", avance Esther Benbassa comme si c'était un argument massue... Mais c'est un pont-aux-ânes... Personne, là encore, ne dit que chaque individu n'a qu'une seule identité. On dit qu'il y a une identité nationale qui fait que la France se distingue, par exemple, de l'Allemagne, de l'Angleterre, de l'Algérie ou du Mali... Mais voilà, pour ces "sociologues", la seule unité d'analyse, c'est l'individu... Ils ont bien besoin de fréquenter les thèses d'histoire sociale produites depuis un siècle, pour renouer avec la complexité du social, pour comprendre que le "national" ne se réduit pas au nationalisme].
Entretien réalisé par Mina Kaci
publié dans L'Humanité le
5 janvier 2010.

pour avoir consacré son dernier ouvrage
à l'identité nationale, l'historien Fernand Braudel
n'est pas un nationaliste...
réponse à Mustapha Kharmoudi (Michel Renard)
réponse à Mustapha Kharmoudi
Michel RENARD
Désolé de
vous le dire, votre texte [reproduit ci-dessous] est dominé par un sentiment de paranoïa qui, à mon,
sens, n'est pas justifié.
Que des débordements
condamnables - et condamnés - s'expriment dans le débat sur l'identité
nationale est évidemment regrettable mais tout à fait explicable.
Cela fait
quarante ans que toute la classe politique française – ce qui n'est pas le cas
de la marocaine… - a déserté la référence à la symbolique nationale, l'a même
stigmatisée comme le fourrier du racisme, et en a confiné le maniement au seul
Front National.
Le
sentiment d'attachement national, en France ou au Maroc, est parfaitement légitime
- j'évoque ces deux pays puisque vous vous identifiez comme franco-marocain.
L'avoir injustement discrédité condamnait à des résurgences incriminables….
mais épiphénoménales.
Il ne
faudrait pas saisir ce prétexte pour déserter le débat de fond : pourquoi
l'affirmation d'une identité nationale est-elle licite au Maroc (et partout
ailleurs) mais prohibée en France ? En tant que franco-marocain, n'y a-t-il pas
là une disparité qui heurte votre conscience ?
Vous-même
semblez avoir du mal à vous situer intellectuellement dans ce débat. Il faut, à
tout prix, que vous prêtiez à ses initiateurs les signes du racisme, ce qui
permet évidemment de les condamner sans difficulté. Pourquoi, par exemple, évoquer
une "espèce" de citoyens ? Personne, au gouvernement, n'a
"racialisé" l'identité nationale. Ainsi, Rama Yade, en novembre
dernier, déclarait à France Info : "L’identité nationale ne veut pas dire
la pureté raciale, sinon je ne ferais pas partie de ce gouvernement."
Pourquoi faites-vous semblant de croire que Sarkozy a appelé "racailles" tous les jeunes d'origine maghrébine…? Ce qui n'est pas le cas. Mais comment appelez-vous donc des individus qui transforment des cités en champs clos de trafic de drogue, qui tendent des guets-apens à la police ou aux pompiers et qui finissent par tirer à l'arme de guerre sur les forces de l'ordre ? Vous vous sentez la moindre accointance avec des gens de la sorte ? Moi, quelle que soit leur "origine", je pense effectivement qu'il s'agit de "racailles".
allez-vous renoncer à votre identité
marocaine du fait de
la politique migratoire menée par Rabat ?
À partir
d'aujourd'hui, dites-vous, "je cesse de défendre mon identité française".
Pourquoi ? Parce que la France n'est pas parfaite ? Parce que la France tente
de mener une politique migratoire qui ne relève pas seulement de la compassion
aveugle ? Je vous demande : allez-vous renoncer à défendre votre identité
marocaine du fait de la politique migratoire menée par les autorités de Rabat ?
Les Maliens souhaitant gagner l'Espagne, pourchassés par les gendarmes
marocains, refoulés dans le désert à l'aide de moyens anti-émeute et d'hélicoptères,
blessés et affamés… cela ne constituerait-il pas une bonne raison pour vous
octroyer une "objection de conscience identitaire marocaine" ?
Quant à
l'islam, personne au gouvernement, ne dit qu'un "fossé infranchissable sépare
les bons Français de (vous) autres les métèques, les «musulmans»" comme
vous le prétendez. Toujours cette exagération anti-raciste…
Maintenant,
il faut être clair : ne croyez-vous pas qu'il y a dans les milieux musulmans
issus des organismes internationaux du type Frères Musulmans ou inféodés aux
cheikhs salafistes, des stratégies de confrontation avec les valeurs de la République,
avec les valeurs de la culture française, avec les grands acquis de l'émancipation
individuelle : égalité homme/femme, liberté de conscience, liberté
d'expression, sécularisation de la société…?
Personne
ne dit sérieusement "qu’un jeune français de confession musulmane est un être
à part, un être dangereux, asocial", sauf dans votre pensée victimaire.
Cette "France raciste" que vous refusez n'existe pas. Mais vous ne
ferez pas avaler à la conscience française – "celle des Lumières, de la
grande Révolution française, celle de la résistance et celle qui a combattu l’esclavage
et le colonialisme" - qu'elle doit sacrifier ce qu'elle est pour que les
exigences obscurantistes des fondamentalistes musulmans aient libre droit
d'expression (voile à l'école, burqa, traitement séparés pour les musulmans
dits "pratiquants", etc…).
La paix civile repose entre autre sur la sécularisation et la laïcisation de l'espace publique. Comme les autres religions, l'islam doit se laïciser, ce qui ne veut pas dire renoncer à être lui-même mais renoncer à bénéficier d'un traitement spécifique. Il doit apprendre à vivre avec les autres et non à côté des autres. Là-dessus, vous gardez un étrange silence. Or, il y va bien de l'identité nationale française.
Mais vous
persistez dans la caricature en prétendant que Sarkozy parlerait d'une catégorie
de Français en invoquant "les nôtres", ce qui vous autoriserait par
contrecoup à dire "les miens"… En vérité, vous restez prisonnier de
la grille de lecture en place depuis les années 1980 : le seul clivage existant
est celui qui séparerait les racistes des antiracistes…! Vous n'êtes pas
capable d'assumer une confrontation sur la question de l'identité nationale
française sans faire de votre contradicteur un raciste…!
Michel Renard

parler de l'identité française n'est pas raciste
Identité nationale :
Lettre ouverte d’un écrivain franco-marocain au Président Sarkozy
Monsieur le Président,
Je ne supporte plus ces dérapages volontaires, ces phrases imbéciles qui explosent comme des bombes mortelles des bouches haineuses de vos ministres et de votre entourage.
Je ne suis pas de votre bord politique, mais j’ai toujours su garder le respect nécessaire à votre fonction. Maintenant, à vrai dire, je commence moi aussi à éprouver la même haine à votre égard et l’égard des vôtres... Et pour que les choses soient dites sans détour et avec la même désinvolture que vos émissaires en terre FN, votre idée de la France, je n’en veux pas. Mieux : votre France, je n’en suis pas, je vous la laisse ; gardez-la pour vous et pour les vôtres, faites-en une réserve pour une seule «espèce» de citoyens à l’exclusion de toutes les «racailles» envahissantes que nous sommes nous autres.
Pourtant il m’a fallu du temps pour me sentir membre à part entière de cette belle aventure qu’on nomme France. Déjà par un apprentissage précoce de la langue de Molière depuis ma tendre enfance au fin fond de la campagne marocaine. Ensuite par quarante longues années de vie parmi ce paradoxal peuple de France : aussi généreux qu’inquiétant.
Mais aujourd’hui j’en arrive à comprendre les jeunes que vous nommez «racailles» quand ces jeunes sifflaient La Marseillaise. Pourtant à l’époque cela m’avait offusqué. Oui, je n’en peux plus de courir après «votre» France, que vos diatribes estampent de devant moi tel un mirage qui s’éloigne indéfiniment. J’en ai assez de me rapprocher de gens qui sans cesse jettent le doute sur ma «fidélité française» à cause de mes origines et de mes supposées croyances. J’en ai assez de subir l’invective à chaque fois qu’un gouvernement et un président sont en mal de popularité.
Avec l’âge, je ne crois plus guère que le temps règlera les choses sans heurts voire même sans violence, vu que le temps qui passe ne fait qu’aggraver la situation. Alors, autant jouer franc jeu, si j’ose employer ce terme : à partir d’aujourd’hui, je cesse de défendre mon identité française. Peut-être vos ministres xénophobes s’en donneront-ils à cœur-joie et se laisseront aller à plus d’accusations racistes. Peut-être des mouvements extrémistes (des deux bords) vont-ils exploiter cette situation. En vérité, cela m’importe peu dorénavant. Et je vais de ce pas militer pour que nous soyons nombreux à s’octroyer une certaine «objection de conscience identitaire».
Monsieur le Président, c’en est trop que vos discours et ceux des dirigeants politiques en général distillent impunément et à longueur de médias cette idée venimeuse qu’un fossé infranchissable sépare les bons Français de nous autres les métèques, les «musulmans», les «quand il y en a un ça va...», les «non white», les «gris par mariage», «les qui sifflent La Marseillaise», enfin toutes ces hordes et les rejetons de ces hordes qui ont fui les guerres, les dictatures et «toute la misère du monde». Bref, les impurs voire même les impies d’une France et d’une Europe si radicalement chrétiennes qu’elles ne sauraient accueillir en son sein ces turcs musulmans...
Si ce n’était que politique politicienne, on pourrait se terrer le temps d’une campagne électorale. Mais vos discours renforcent au sein de la population les comportements les plus discriminatoires, une discrimination qui met déjà au banc de la société des pans entiers de la jeunesse «non native», même quand cette jeunesse est diplômée des fleurons de nos universités. Pour nommer les choses telles qu’elles sont, vos méthodes ressemblent à s’y méprendre à quelque stratégie – consciente ou inconsciente - d’apartheid. Et, à mon niveau, j’ai comme le sentiment que vous savez ce que vous faites. Quoi qu’il en soit, tout semble illustrer votre état d’esprit ségrégationniste : votre jeu de petites phrases malsaines ne nous est-il pas en fin de compte destiné : histoire de nous faire comprendre que vous êtes de ceux qui sauront nous mettre au pas le moment venu ? Ne sert-il pas aussi à rassurer les «vôtres» et à les protéger de toute mixité contagieuse ?
Comme ce pays bascule de jour en jour dans le repli, je suppose qu’il n’y a aucune raison que cela s’arrête. Je sais que les nombreuses campagnes électorales à venir seront autant d’occasions de «nous» vexer, de «nous» humilier, de nous classer dans la catégorie «non intégrable» malgré «votre» immense hospitalité française...
Eh ben, soit ! Jouons donc ensemble à ce jeu vicieux puisque vous semblez y tenir tant. Mais il vous faudra vous habituer à un changement nécessaire afin que les règles soient moins «injustes» : nous n’accepterons plus dorénavant votre injonction à être français selon votre bon vouloir. Non, vous ne pourrez plus nous sommer d’être ceci ou cela, encore moins sous peine d’excommunication...

le roi Mohammed VI du Maroc a lancé en octobre 2004
à Rabat la "radio coranique
Mohammed VI", destinée à devenir un
"outil essentiel de l'identité
nationale" marocaine...
Pour ma part, j’affirme ne pas me sentir français quand je vous entends parler des «miens» avec arrogance et mépris. À vrai dire, votre façon d’être français me fait plutôt honte. Non, je ne suis pas de «votre» France, je ne suis pas de cette France frileuse, repliée sur elle-même, de cette France raciste qui pense qu’un jeune français de confession musulmane est un être à part, un être dangereux, asocial. Tout comme hier dans les colonies. Bref, je ne suis pas de cette France chrétienne avec des relents collaborationnistes voire même croisés...
Non, Monsieur le Président, votre France n’est plus la mienne. Gardez-la pour vous et pour les vôtres. Et parquez ceux qui ne partagent pas votre conception de la France, cette France qui hait ses jeunes dont le faciès n’est pas aux normes, cette France qui dresse un mur entre elle et nous autres « dangereux étrangers ». Oui, c’en est fini de nous prêter à ce jeu stupide qui consiste à ce que les plus «méchants» de la classe politique nous insultent et nous vexent pendant que les plus «gentils» nous somment de ne pas crier de peur de réveiller la bête immonde...
Aussi, j’appelle tous ceux qui en ont marre de cet affront à se rebeller, à se révolter. Je leur demande de crier haut et fort qu’ils ne sont plus français, en tout cas pas à la manière de ces racistes qui nous pourrissent la vie par des vexations assassines pour voler quelques voix à l’abject Le Pen... Je demande à tous ceux qui se sentent concernés de se mettre en quelque objection de conscience identitaire.
Éventuellement, nous voudrons bien faire partie d’une autre France si tant est que nos politiques nous en offrent les perspectives, la France des Lumières, de la grande Révolution française, celle de la résistance et celle qui a combattu l’esclavage et le colonialisme. Oui une France qui saurait respecter chaque français, quelle que soit son origine, qui le traite à égalité des droits et des devoirs, sans préjugé et surtout sans cette haineuse discrimination qui agit en écho à la haine qui transparaît jusqu’aux cœur même du pouvoir...
Mustapha Kharmoudi
Ecrivain franco-marocain
source : Courrier international
ceux qui se réclament des «droits de la personne» et de la «tolérance» en appellent de plus en plus à la censure
Sommes-nous vraiment libres de
nous exprimer au Québec ?
Mathieu BOCK-CÔTÉ
«Nous assistons à la régression de la liberté d’expression au Québec
à travers l’hégémonie de la rectitude politique par laquelle certaines
élites médiatiques, intellectuelles et technocratiques confisquent le
débat public et accusent systématiquement d'intolérance ceux qui
expriment un désaccord avec elles. La technique de diabolisation est
bien connue : on accusera son adversaire de dérapage, ce qui consiste à
dire qu'il s'éloigne du seul chemin autorisé par les nouveaux curés de
la pensée unique.
Cette censure est particulièrement visible
sur les questions liées à l'identité québécoise. Comme on l'a vu avec
la crise des accommodements raisonnables, ceux qui s'opposent au
multiculturalisme se font accuser de racisme, de xénophobie, de
frilosité identitaire. Autrement dit, le désaccord politique est
interdit et ceux qui le manifestent sont présentés comme les porteurs
d’une pathologie morale. Or, on ne débat pas avec une pathologie, on la
guérit. On ne lui donne surtout pas droit de parole non plus.
Paradoxalement,
on ne le remarque pas assez, mais ce sont ceux qui se réclament des
«droits de la personne» et de la «tolérance» qui en appellent de plus
en plus à la censure des propos qui contredisent le multiculturalisme
dominant. On trouve même des intellectuels pour en appeler au retour
légal ou administratif de la censure et au contrôle de l’information
dans les médias, comme on l’a vu au moment de la commission
Bouchard-Taylor. Autrement dit, la liberté d’expression est menacée par
ceux qui prétendent la protéger.»
Mathieu Bock-Côté
candidat au doctorat en sociologie
à l'UQAM (université du Québec à Montréal)
journalmetro.com/quebec
les élites ont abandonné la symbolique nationale

Débat sur l'identité nationale
Max Gallo :
en chaque Français, il y a un étranger
L'historien et écrivain Max Gallo se mêle au débat sur l'identité nationale, qui sera défendue vendredi par François Fillon. Sans détour.
lepoint.fr : Le débat sur l'identité nationale est-il nécessaire ?
Max Gallo : Je le crois, parce que l'ensemble des nations traverse une période de
transition marquée par les nouvelles technologies. Ces dernières
modifient les rapports des hommes entre eux, des hommes à leur État et
des hommes à la politique. Je pense en particulier à la spontanéité et
à l'immédiateté de l'intervention du citoyen par le biais d'Internet.
Cette période est aussi marquée par des variations des équilibres
démographiques, avec de grands déplacements de population, au moins
pour quelques décennies encore. Naturellement, tout cela modifie ou, du
moins, interroge la conception habituelle que nous avons de la nation.
Sans compter que notre histoire nationale est celle d'un pays ouvert
qui n'est pas composé d'une population homogène. En chaque Français, il
y a un étranger.
Certains estiment que l'identité nationale est une affaire d'histoire et qu'il ne convient pas aux politiques de l'accaparer...
Ces gens ne connaissent pas l'histoire. Depuis les Capétiens en passant
par Louis XIV jusqu'à l'époque révolutionnaire et la IIIe république,
le pouvoir s'est soucié de la question de l'identité nationale. Prenons
un exemple flagrant : en 1879-1880, la République décide de fixer la
date de la fête nationale au 14 juillet et de fixer l'hymne national.
C'est bien évidemment une intervention politique. Quand la Constituante
décide de passer de l'expression "roi de France" à l'expression "roi
des Français", c'est la même chose. Le 10 juillet 1940, le maréchal
Pétain a évidemment forgé une nouvelle identité en choisissant
"travail, famille, patrie" comme devise à la place de "liberté, égalité
fraternité". À chaque instant de notre histoire, il y a eu
interrogation sur la question de l'identité nationale et, à chaque
fois, les politiques sont intervenus dans le débat. Aujourd'hui, il
s'agit de l'ouvrir et non de le fermer. Nous sommes heureusement en
République : j'imagine que le gouvernement n'a pas l'intention
d'imposer quoi que ce soit.
Qu'est-ce qu'être français aujourd'hui ?
Premier point : être français, c'est aimer la France, c'est-à-dire
connaître son histoire, aimer les paysages travaillés par les hommes :
nous avons bâti un espace monumental urbain qui nous définit. C'est une
définition affective, mais très importante. Il n'y a pas de réflexion
sur le fait d'être français si on ne commence pas à dire que l'on a un
lien particulier fait d'attirance et d'amour pour son pays.
Deuxième point : Fernand Braudel a parlé de "problématique
centrale de la nation". C'est une notion intéressante parce qu'elle
signifie qu'il n'y a pas de points fixes, mais des points de repère qui
encadrent l'identité nationale. Il y a d'abord le droit du sol : on ne
demande pas à un Français quel sang coule dans ses veines parce que
nous avons toujours été parcourus par des peuples venant du Nord, de
l'Est, du Sud, et dont beaucoup se sont enracinés. Il y a ensuite
l'égalité, permanente en France depuis le Moyen-Âge. On ne peut pas
toucher à cette symbolique de l'égalité des chances sans déclencher des
fureurs. Il y a aussi le rôle de l'État, la laïcité et la langue. Il
faut parler le français. La construction de la langue a commencé au
XVIe siècle, en 1539, avec l'édit de Villers-Cotterêts qui a imposé
dans les textes juridiques la langue française.

...soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties
en langaige national françoys et non autrement
Qui dit langue dit
école. Puisque nous avons en nous une part d'étranger, elle a un rôle
central. C'est le lieu où se forge la citoyenneté. Ce qui amène à un
autre point : le rapport individuel des citoyens avec l'État. C'est ce
qui nous oppose au communautarisme. Il y a aussi "la sociabilité
française", c'est-à-dire notamment l'égalité homme-femme, qui s'est
forgée dans l'amour courtois, les favorites, les femmes savantes...
Nous avons toujours imposé au rapport homme-femme une règle qui existe
dans fort peu de pays : l'épanouissement de la femme. Un autre point,
c'est la conscience du risque d'émiettement de la nation parce que nous
sommes divers. Il y a toujours un risque de "guerre de religion". Pas
seulement des frondes, d'affrontements politiques, mais aussi de
guerres civiles violentes. Il y a enfin la vocation universaliste. Elle
renvoie au rôle qu'a joué la France à l'intérieur du catholicisme. La
France était la fille aînée de l'Église. D'une certaine manière, elle
est devenue Marianne, la fille aînée des Républiques.
Pourquoi le risque d'émiettement de la nation est-il fort aujourd'hui ?
Il y a une responsabilité des élites qui, depuis 30 à 40 ans, n'ont
jamais tenu de discours sur l'identité nationale. Par peur de l'extrême
droite, ils ont abandonné au Front national la symbolique nationale.
Ils n'ont pas tenu de grands discours sur l'intégration. Surtout, la
réalité sociale et économique ne favorise pas l'intégration : il n'y a
plus d'école ni de service militaire... Nous n'avons pas dit aux
immigrés que nous sommes un pays qui a déjà une histoire dans laquelle
ils doivent s'insérer pour la modifier, comme nous l'avions fait sous
la IIIe république avec les immigrés italiens, polonais. Ce n'est pas
parce qu'ils étaient européens que c'était plus facile. Il ne s'agit
pas de dire "nous sommes des Gaulois", mais "il y a des Gaulois".
Autrement dit, il s'agit de souligner que la France ne commence pas
avec l'arrivée sur le sol de la dernière vague d'immigration. C'est la
question du rapport à l'histoire. C'est pour ça que j'ai toujours été
réservé sur la question de la repentance. Autant je crois qu'il ne faut
rien dissimuler de l'histoire nationale, et Dieu sait si elle est riche
en crimes, en erreurs, en guerres injustes, en esclavage, autant je
pense qu'il ne faut pas en faire une histoire criminelle. L'histoire de
France ne vaut ni plus ni moins que les autres histoires nationales.
Mais on oublie souvent qu'il n'y a jamais d'intégration immédiate. Je
suis fils d'immigré italien : en 1893, il y a eu des pogroms contre les
Italiens. Il ne faut jamais demander au nouvel arrivant de renoncer à
cette part étrangère de lui-même. Elle enrichit la nation à condition
qu'elle s'inscrive dans cette problématique centrale de la nation et de
ces paramètres que j'ai définis.
Quel est l'apport de l'immigration à l'identité nationale ?
La France s'est construite dans un amalgame permanent entre des
individus arrivant de l'étranger et puis ce sol, ce lieu, cette
histoire de France. Nous sommes quand même le pays de la reine Marie de
Médicis, de Richelieu, de Mazarin, de Léon Gambetta. Autrement dit,
nous sommes ouverts. Pour des raisons géographiques, puisque nous
sommes le Finistère européen, traversé du nord au sud. Nous sommes à la
fois flamands et occitans, germaniques et celtes. Si, à l'évidence, il
y a des racistes en France, la France n'est pas et n'a jamais été un
pays raciste. Elle est le pays d'une histoire, de l'étranger dans
chaque Français.
Comment renforcer l'identité nationale ? En chantant la Marseillaise à l'école, par exemple ?
En apparence, cette mesure ne change rien. On peut même en sourire,
voire la contester. En réalité, c'est important d'avoir un discours sur
l'identité nationale. J'espère qu'on renforcera l'enseignement du
français, le principe de la laïcité, et le respect des symboles
nationaux, républicains. Il faut aussi que l'intégration puisse se
réaliser au travers de la vie sociale et économique. Cela passe par des
mesures ponctuelles, modestes, mais rigoureuses, comme peut-être le CV
anonyme. Mais ces questions doivent être étudiées techniquement et
expérimentées.
propos recueillis Marc Vignaud
2 décembre 2009 - Le Point.fr

La République, allégorie, Jean-Antoine Gros, 1794
voir l'explication de cette image ici
Martine Aubry et l'identité nationale
Martine Aubry ne comprend rien
à l'identité
par Jean-François Copé
Le Parti Socialiste n'a pas compris le rôle majeur de cette question dans le débat politique.
28 novembre 2009
J'étais invité jeudi 27 novembre sur le plateau de «À vous de juger», sur France 2, pour débattre avec Martine Aubry d'un sujet qui me tient à cœur: l'identité nationale.
Dans le cadre de notre échange, j'ai voulu montrer le rôle majeur de cette question dans le débat politique et je me suis même livré en confiant que cette réflexion était à l'origine de mon engagement politique. Mais en face de moi, je me suis rendu compte que la patronne du PS, premier parti de l'opposition, n'avait manifestement pas pris la mesure de l'importance de ces sujets. Je ne m'étonne pas de nos désaccords - cela est bien normal et le ton de notre entretien était d'ailleurs apaisé - mais plutôt de ses esquives permanentes, de ses reculs et de ses imprécisions qui rendaient difficiles l'échange de vues. Dans son discours, j'ai relevé notamment trois ambiguïtés inquiétantes.
Premièrement : sur l'identité nationale, Martine Aubry vit dans le déni et dans le paradoxe. Elle a asséné que «c'est un faux débat qui fait honte à la France». Pour elle, tout se réduit à la question sociale. Je n'élude pas ce point mais je m'étonne qu'elle soit complètement aveugle aux autres fissures qui fragilisent notre communauté nationale, entre la France rurale et la France urbaine, entre les jeunes et les moins jeunes, entre ceux qui sont attachés à l'égalité des hommes et des femmes et ceux qui ne s'en préoccupent pas, entre les Français de diverses origines ou confessions...
Lorsque j'ai évoqué mon expérience de maire et les difficultés de nos concitoyens qui ne se parlent plus, qui ne respectent plus, parce qu'ils ne connaissent plus et qu'ils ont peur les uns des autres, elle a répliqué en expliquant qu'à Lille, il n'y avait aucun problème. Là-bas, c'est bien connu, tout le monde s'aime et se respecte. Il n'y a aucune tension entre les habitants... Ce déni d'un des échecs majeurs des politiques publiques depuis 30 ans - celui de l'intégration - est d'autant plus paradoxal que c'est Martine Aubry qui, à chaque fois, a voulu replacer le débat sur le terrain de l'immigration quand j'essayais de montrer qu'il concerne tous les Français.
que la République se taise plutôt que d'affirmer ses valeurs ?
Deuxièmement, Martine Aubry a fait preuve de légèreté sur le danger du communautarisme et a multiplié des amalgames étonnants entre l'immigration et l'islam. Quand nous avons parlé du port de la burqa, Martine Aubry a jugé qu'une loi d'interdiction serait dangereuse car elle pousserait certaines musulmanes à la porter par provocation... C'est une remarque que j'ai déjà intégrée dans ma réflexion et c'est pour cela que je suis attaché à une phase de dialogue et d'explication avant l'interdiction. Mais que propose-t-elle alors ? Que la République se taise plutôt que d'affirmer ses valeurs ? Pour ma part, je suis très clair sur ce point : une minorité d'extrémistes teste la République, il est de notre devoir de répondre par la fermeté en interdisant le port de la burqa.
À vrai dire, cette légèreté sur la burqa m'étonne peu, Martine Aubry avait déjà eu une position plus qu'ambiguë vis-à-vis de demandes communautaristes à Lille. J'avais été choqué d'apprendre, que, pendant au moins 6 ans, la maire de Lille avait accepté que des horaires d'une piscine municipale de Lille soient réservés à des femmes musulmanes qui ne voulaient pas côtoyer des hommes. Ces femmes avaient exigé et obtenu que le personnel de la piscine soit exclusivement féminin. Un reportage d'Arte dans le magazine «Théma» du 9 décembre 2008 intitulé «quand la République se voile la face», montrait même qu'une piscine avait été fermée pendant la durée du Ramadan.
Dans le Parisien du 17 septembre 2009, Martine Aubry avait d'ailleurs à ce sujet reconnu : «J'ai fait un détour par rapport à mes principes, ceux de la République, pour permettre à ces femmes de faire du sport, de sortir de chez elles et tout simplement d'exister». Pourtant, hier, elle était encore dans le déni en expliquant que ces créneaux horaires avaient été ouverts à toutes les femmes, notamment aux femmes obèses qui souffraient du regard des hommes, et pas uniquement à la demande de musulmanes. Toutes les enquêtes de journalistes sur place montraient le contraire...
Et si sa décision est anodine, pourquoi a-t-elle fait marche arrière en mettant fin à ce dispositif? La ficelle est un peu grosse. Ce flirt avec le communautarisme est pour moi inacceptable : j'avais été confronté à Meaux à la même demande de la part de femmes musulmanes et j'avais alors refusé de leur accorder des créneaux spécifiques. Cela prouve en tout cas qu'un débat n'est pas inutile sur ces questions auxquelles sont confrontées tous les élus locaux.
Martine Aubry a surtout fait des amalgames étonnants hier. Quand elle a été interrogée sur le port du voile, elle a systématiquement parlé d'immigration. Comme si l'on devait réduire l'immigration à l'islam et l'islam au voile. A ma connaissance pourtant, on peut être Français d'origine maghrébine sans être musulman, on peut être d'origine arabe et être juif ou chrétien, on peut être breton depuis des générations et se convertir à l'Islam, on peut bien sûr être musulmane sans porter le voile. Il faut en finir avec les clichés qui entravent la construction saine de notre vivre ensemble : notre immigration n'est pas exclusivement maghrébine, tous les maghrébins ne sont pas musulmans et tous les musulmans ne sont pas maghrébins.
Au passage, je vous laisse méditer cette perle. Quand je l'ai interrogée sur la politique espagnole à l'égard des clandestins, elle a répondu «heureusement nous ne sommes pas dans la situation de l'Espagne, aux portes du Maghreb...» Je n'ose pas imaginer le scandale que cette phrase aurait provoqué dans la bouche d'un homme de droite.
Troisièmement, pour Martine Aubry l'identité se résume à la République du guichet, celle des droits, mais pas des devoirs. Quand je parlais d'égalité, de fraternité, de liberté, de laïcité, de sécurité, Martine Aubry répondait droits sociaux, services publics, statut de la Poste... Pour résumer sa pensée, elle a eu cette formule lapidaire «L'identité de la France, c'est d'abord la CMU».
À croire que Martine Aubry, à l'origine de cette mesure, pense que c'est elle qui a donné naissance à la France. Avant elle, nous étions sans valeur... Bien sûr, les citoyens ont des droits par rapport à l'État qui a le devoir de les protéger, mais on ne peut construire une communauté nationale sur la simple revendication de droits. Être français, c'est aussi se demander comment l'on peut rendre à son pays tout ce qu'il nous a donné.
Une fois de plus, le PS est dans un déni de la réalité sur les fissures qui menacent notre communauté nationale. C'est ce déni qui paralyse la réflexion de Martine Aubry. C'est ce déni qui avait coûté à Lionel Jospin son échec en 2002. Martine Aubry faisait alors partie de son équipe, elle n'en a manifestement pas tiré les leçons. Elle ne semble toujours voir la France qu'à travers les miroirs déformants de la rue de Solferino.
Jean-François Copé
source
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Plutôt d'accord
Plutôt d'accord avec Copé. Réduire la question politique au social est un terrible aveuglement, une trahison - en tout cas - de l'héritage de la gauche.
Marx écrivait dans Le Manifeste du parti communiste, en 1848 : «Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut leur ôter ce qu’ils n’ont pas. Sans doute le prolétariat doit tout d’abord conquérir le pouvoir politique, s’ériger en classe nationale souveraine, et se constituer lui-même en nation ; et, en ce sens, il est encore attaché à une nationalité. Mais il ne l’est plus au sens de la bourgeoisie.»
On peut, évidemment, discuter cet énoncé et notamment la première phrase si on entendait par là qu'il n'existait aucun attachement national chez les ouvriers au XIXe siècle... Mais on ne peut affirmer être de gauche et oublier la légitimité du sentiment national...
Michel Renard

Libération de Paris, av. des Champs-Élysées. Photographie André Zucca, août 1944.
Bibliothèque historique de la Ville de Paris
suppression de l'Histoire-Géo en Terminale "S"...!!!
il y a combien de gouvernements
au gouvernement...?
la suppression de l'Histoire-Géo en Terminale "S" est inadmissible !
Luc Chatel appartient-il au même gouvernement que le ministre Éric Besson...? On ne peut se préoccuper d'identité nationale en excluant la moitié (52% exactement) des lycéens de Terminale de l'enseignement de l'histoire. Politique de gribouille.
Tous les gouvernements, de droite ou de gauche, s'en sont pris, d'une manière ou d'une autre à ces disciplines. Et l'on viendra se plaindre de l'abaissement du sens civique, de la crise de la représentation politique... Arrêtez ! À qui peut-on se fier désormais ? N'y a-t-il donc plus aucune volonté républicaine un peu ferme en France ?
Veut-on donner raison à Tocqueville qui voyait dans l'horizon démocratique : «une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leurs âmes». C'est la fonction de la République que de forger des citoyens conscients et éclairés, l'enseignement de l'histoire en est l'un des ressorts.
Michel Renard
liens
- Jacques Sapir, économiste, professeur à l'EHESS, dans Marianne.fr







































