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Henri Martin, historien républicain

(1810-1883)

 

Si nous avons évoqué Henri Martin dans notre livre, ce n'est pas comme référence scientifique encore valide aujourd'hui, mais pour montrer que le procès intenté à l'histoire républicaine du XIXe siècle est exagéré.

Son Histoire de France n'a pas ce mépris pour la diversité des composantes "ethniques" et culturelles de la France, que dénoncent des auteurs comme Suzanne Citron (Le mythe national, l'histoire de France revisitée).

Évidemment, il est facile d'accuser l'historiographie du XIXe quand des auteurs comme Henri Martin ne sont plus édités et qu'il faut aller à la BnF ou acheter leurs ouvrages chez les vendeurs de livres anciens pour les lire soi-même.

Par ailleurs, c'est Henri Martin qui fut à l'origine du projet de loi pour instaurer le 14 juillet en fête nationale. On devrait à ces ancêtres républicains un peu plus de considération et plus de scrupule méthodologique.

Michel Renard

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la République triomphante préside à la grande fête nationale du 14 juillet 1880



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biographie

Henri Martin (20 février 1810 à Saint-Quentin - 14 décembre 1883 à Paris dans le quartier de Passy) est un historien et homme politique français.
En 1848, Carnot, ministre temporaire de l'Instruction Publique, charge Henri Martin d'enseigner l'histoire moderne à la Sorbonne. Compte tenu des évènements de l'époque, il ne remplit cette fonction que pendant six mois.
Il est maire du XVIe arrondissement de Paris en 1870 et de 1880 à 1883. Il est élu député de Paris en 1871 puis sénateur de l'Aisne en 1876. Il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1871 et de l'Académie française en 1878.
Il est à l'origine du projet de loi pour instaurer le 14 juillet en fête nationale, et proclame devant l'Assemblée un discours dans ce sens le 29 juin 1880 ; marquant le 14 juillet 1789 comme un symbole militaire, mineur, mais pas moins important, de la Révolution Française, et le 14 juillet 1790 comme le premier jour de gloire de la Nation Française, célébré sur le Champ de Mars comme à travers toute la France.

 

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biographie (1932)

 

Henri Martin est né à St.-Quentin le 20 février 1810 et passe son enfance rue des Canonniers avec ses parents et sa sœur Sophie. Il fait ses études au collège et, son père qui est juge au tribunal civil, veut en faire un notaire. Mais son professeur lui prédit déjà une carrière d’historien et il rafle tous les premiers prix. Il part en 1830 rejoindre son ami Félix Davin. Un bibliophile, Jacob, chez qui se réunissent Hugo, Gauthier, Nerval, Sainte Beuve, Rhodier, l’engage pour fabriquer une Histoire de France, en mettant bout à bout des textes choisis chez les Historiens.
Républicain, ami de Carnot, Pelletan, Anatole de la Forge, Henri Martin lutte pour la IIe République et se mêle aux étudiants de 1830.

De 1837 à 1854, fait paraître les 19 volumes de sa grande Histoire de France devenant ainsi le grand historien national de France. Il fait la connaissance d’Arago et il est désigné par Carnot pour remplacer Guizot à la Sorbonne. Il publie d’autres ouvrages, obtient des prix (1er et 2e prix) à l’Académie Française.
De 1855 à 1860, il publie une nouvelle Histoire de France en 16 volumes.

En février 1871, Paris et l’Aisne le nomment député ; il choisit l’Aisne et s’inscrit au groupe de la gauche républicaine qu’il préside. Elu sénateur de l’Aisne en 1876, membre d’une phalange de sénateurs républicains, résiste aux usurpations et repousse la dissolution de la Chambre. Il prononce de nombreux discours, dont celui de 1882 qui sera commenté dans toute la presse française.
Gambetta le prévit pour remplacer le 3e Président de la République (Jules Grévy) mais Gambetta meurt en 1882.
Henri Martin publia de nombreux ouvrages, voyagea partout, fit conserver, classer les manuscrits et pièces diplomatiques.
Formateur de l’opinion publique, il fut un phare de la jeune IIIe république et achève son histoire jusqu’à la guerre de 1870.
Membre de l’Académie Française en 1878, en remplacement de Thiers, il demeura l’historien aux manières simples, avec l’esprit cordial, la parole simple et ardente, qui resta toute sa vie picard et saint-quentinois, aima sa ville natale et sut défendre ses intérêts comme député et sénateur.
Il meurt le 14 décembre 1833 emporté par une congestion pulmonaire. La France lui fit des obsèques nationales.

source : Conférence de la Société Académique -  Article du Grand Echo 1932. Madame Séverin, Société Académique


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œuvres

romans
- Wolfthurm (1830)
- La Vieille Fronde (1832)
- Minuit et midi (1832) (republié en 1855 sous le titre Tancrède de Rohan, Librairie de L. Hachette et Cie, in-12, 207 pages)
- Le Libelliste (1833)

histoires
- Histoire de France (avec Paul Lacroix, le Bibliophile Jacob) (1833-1836)
- Histoire de la ville de Soissons (1837)
- De la France, de son génie et de ses destinées (1847)
- La monarchie au XVIIe siècle (1848)
- Daniel Manin (1859)
- L'Unité italienne et la France (1861)
- Jean Reynaud. Pologne et Moscovie (1863)
- Le 24 février (1864)
- Vercingétorix (1865)
- La Séparation de l'Église et de l'État (1865)
- La Russie et l'Europe (1866)
- Dieu dans l'histoire (1867)
- Histoire de France populaire (1867-1875)
- Études d'archéologie celtique (1871)
- Les Napoléon et les frontières de France (1874)
- Histoire de France depuis 1789 jusqu'à nos jours (1878-1885)

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oeuvre de Scheffer Ary (1795-1858)

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Henri Martin en 1881 (deux ans avant sa mort)

- lien : portrait d'Henri Martin, dans le journal Le Siècle, par Taxile Delord, 1864.

- lien : "Critique historique de quelques erreurs de l'Histoire de France de M. Henri-Martin", par Philippe Tamizey de Laroque (Annales de philosophie chrétienne, n° 37, 1863).

 

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Monet, la rue Montorgueil, 1878

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