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Le départ des volontaires en 1792

François Rude (1833-1836)



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La Marseillaise
ou Le départ des volontaires en 1792
François Rude, haut-relief, pierre de Chérence (hauteur 12,70 m)
Arc de triomphe de l'Étoile à Paris (1833-36)



François Rude et "le départ des volontaires de 1792"

Célèbre grâce à l’«icône» républicaine qu’il créa pour l’Arc de Triomphe de l’Étoile, Rude eut une carrière atypique due aux événements politiques et à ses engagements personnels. Formé à la fameuse école de dessin de François Devosges à Dijon, Rude monta à Paris en 1807 avec une recommandation pour Denon, directeur des musées et presque ministre des Beaux-Arts et une petite figure en bronze qu’il conserva jusqu’à la fin de ses jours : Thésée ramassant les armes de son père (musée du Louvre) qui montre déjà son goût particulier pour l’efficacité du geste.

Il travailla à la colonne Vendôme tout en s’inscrivant à l’École des Beaux-Arts en 1809. Il concourut pour le prix de Rome et obtint le premier grand prix en 1812 mais ne put partir. Avec le retour des Bourbons, Rude dut s’exiler ; il épousa Sophie Frémiet, la fille de son protecteur, une élève du peintre David qu’ils retrouvèrent à Bruxelles. Il y obtint quelques commandes officielles pour les décors du Théâtre royal et du palais de Tervueren. Il y fit un magnifique portrait de Louis David (musée du Louvre). Il rentra à Paris en 1827 et prit part aux expositions avec
Mercure attachant ses talonnières dont le bronze fut immédiatement comparé à celui de Jean  Bologne.

C’est au Salon de 1831 que Rude fut remarqué par la presse : son Jeune pêcheur napolitain (marbre 1833, musée du Louvre) frappa la critique par sa pose  naturelle et par la jeunesse et la liberté du thème. Dès lors, Rude fut considéré comme l’un des chefs de file de cette nouvelle école de sculpture que l’on n’appelait pas encore «romantique».

Thiers s’adressa à lui pour le décor de l’Arc de Triomphe de l’Étoile, commencé sous Napoléon mais dont le décor fut exécuté sous Louis-Philippe [roi des Français après la Révolution de Juillet 1830]. Le relief du
Départ des Volontaires en 1792 qui orne la pile nord de la face est, vers les Champs-Élysées, entre dans le programme voulu par Louis-Philippe : rassembler tous les Français, qu’ils soient révolutionnaires, bonapartistes ou royalistes. À l’étage inférieur sont représentés des soldats, jeunes et vieux qui partent au combat, entraînés par une Victoire reconnaissable à ses ailes, mais qui fut rapidement vue comme une allégorie de la Patrie.

Du point de vue stylistique, Rude y mêle très habilement les figures nues à l’antique et des détails plus  pittoresques comme le costume du vieux guerrier gaulois. Toutefois, malgré le vocabulaire antique de cette Victoire ailée, casquée et portant l’égide sur la poitrine, telle une Minerve, la violence du geste, le visage aux yeux exorbités, à la bouche déformée par le cri qu’elle hurle  à l’avant des troupes, font de cette figure un des chefs-d’œuvre de la sculpture romantique. Finalement cette allégorie de la Patrie a trouvé une telle résonance dans la sensibilité populaire que le relief est désormais connu sous le nom de «La Marseillaise» ; cette image a été utilisée par tous les partis politiques.

Isabelle Leroy-Jay Lemaistre, conservateur en chef
          département des sculptures, musée du Louvre (source)


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Rude, François
Le Départ des Volontaires de 1792, dit "La Marseillaise"

France, 1830 - 1835
Sculpture, Plâtre : Haut-relief
Hauteur : 216 ; Largeur : 134 ; Profondeur : 49
Musée des Beaux-Arts de Dijon
CA 1079 Don : Rondelet, 1868, CA 1079
Photo : François JAY © Musée des Beaux-Arts de Dijon

Le sculpteur dijonnais François Rude est associé au programme du décor sculpté de l'Arc de Triomphe de l'Etoile à Paris, de 1832 à 1836, rappelant les victoires de la République et de l'époque napoléonienne. C'est pour l'un des pieds-droits de ce monument, édifié d'après les plans d'Antoine Chalgrin, que Rude exécute ce haut-relief sur le thème du départ des Volontaires de 1792, plus communément intitulé "La Marseillaise".

Sur cette maquette originale en plâtre se lit la transposition à l'antique d'un événement de l'épopée révolutionnaire. Le Génie de la Liberté, les ailes déployées, entraîne de la voix et du geste les volontaires de tous âges appelés à la défense des frontières, dans une composition dynamique et équilibrée.

Les souvenirs classiques (le traitement de l'anatomie, les drapés, les cuirasses et les armes...) s'allient à un nouveau souffle romantique (gestes véhéments, expressions marquées des visages, mouvements...), plus accentué encore dans la réalisation finale de près de 13 m de haut où l'on note quelques variantes (remplacement des draperies et des peaux de bête par des pièces d'armures).

Après le "Petit Pêcheur napolitain", remarqué au Salon de 1831, "La Marseillaise" consacre enfin la renommée de cet ancien élève de l'École de dessin de Dijon, fixé définitivement à Paris en 1827, après plusieurs années d'exil sous le règne des Bourbon.

extrait de : Le musée des Beaux-Arts de Dijon, RMN, Musée des Beaux-Arts de Dijon,
Paris, 2002 (notice de Catherine Gras) (source)



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l'Arc de Triomphe et le décor sculpté des quatre piles

arc


volontaires
Le Départ des Volontaires de 1792
, communément appelé
la Marseillaise, par François Rude

triomphe
Le Triomphe de 1810, par Jean-Pierre Cortot, célébrant la paix
de Vienne. Le personnage central est Napoléon Ier



resistance
la Résistance, par Antoine Etex


paix
La Paix
, par Antoine Etex


 

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