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L’identité nationale

ne veut pas dire la pureté raciale


Rama YADE


France Info - Cela ne vous choque pas qu'on ait instauré un ministère de l'Identité nationale ?
Rama YADE
: L’identité nationale ne veut pas dire la pureté raciale, sinon je ne ferais pas partie de ce gouvernement. Dans l’idéal, il faudrait que même les personnes issues de l’immigration se sentent partie prenante de cette identité. L’identité nationale est une expression dans laquelle, je pense, tout le monde, quelle que soit son origine, devrait pouvoir se retrouver.

La Marseillaise, le drapeau français, ces attributs de la nation appartiennent également à des gens comme moi, tout comme aux jeunes issus de l’immigration…

Alors il y a la question de savoir ce que fait ce ministère, à savoir la gestion de l’immigration, ce qui suppose des expulsions de temps en temps. Mais c’est une chose ce que l’on peut ressentir personnellement, et c’en est une autre la gestion d’un État et d’un pays. Cela suppose de ne pas être emporté seulement par un idéal ou par des principes, mais aussi par la responsabilité. Est-ce que s’occuper des droits de l’homme signifie ouvrir les frontières et laisser rentrer tout le monde ? Je ne suis pas sûr que ce serait responsable.

Je pense même que les droits de l’homme seraient sérieusement remis en cause parce que tous ces gens qui rentreraient n’auraient pas d’emplois, pas de logements, et à ce moment-là on dirait «mais que fait la secrétaire d’État aux droits de l’homme ?» La gestion de l’immigration a un aspect quelque peu désagréable pour ceux qui en ont la charge, mais en même temps le principe de responsabilité veut qu’il faille poser une limite à l’immigration dans le nombre.

extraits d'une interview recueillie par Philippe Triay pour France 2,
4 novembre 2008, 15 h 02 (texte complet)

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Rama Yade, secrétaire d'État
aux droits de l'homme, représentant la France
à la tribune de l'ONU le 20 mai 2008

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