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Quelles sont
les composantes

de l'identité nationale ?

Michel RENARD, pour Le Nouvel Économiste


Le mot "nation" n'appartient plus à la langue commune. Pour certains, il n'est qu'un théâtre "citoyen" privé de généalogie ou l'enclos de "diversités" rivalisantes. Pour d'autres, la France est une réalité antérieure à notre naissance ou à notre arrivée dans le pays. Une langue et une littérature prolifiques, des édifices et des trésors artistiques, une topographie rurale, une armature étatique, une tradition culinaire… Il n'y a aucun racisme là-dedans. Le souvenir d'une histoire longue : Verdun en 843, Bouvines en 1214, Jeanne d'Arc, le Grand Siècle, la Révolution française.

Et plus près de nous la conquête républicaine de la démocratie et de la laïcité, l'aventure coloniale, Verdun en 1916, les sacrifices de la Résistance, l'égalité homme-femme. Cette identité "a mon cœur dès mon enfance" disait Montaigne. La "mémoire" aussi a changé. Elle n'est plus l'héritage de cette positivité, mais le lessivage d'un passé condamné : l'esclavage, la Terreur, la colonisation, Vichy, la guerre d'Algérie. Faut-il oublier la courtoisie puis l'humanisme, le rationalisme de Descartes, la résistance au fanatisme chez Voltaire, le souffle de Hugo ? Ou encore la charité de Vincent de Paul et le rayonnement du curé d'Ars ?

Aucune nomenclature n'épuise l'identité nationale. Elle est une alchimie mystérieuse. Un "principe spirituel résultant des complications profondes de l'histoire" (Renan) mais capable d'accueillir des apports culturels et religieux venant l'enrichir sans prétendre le supplanter.

Michel Renard
Le Nouvel Économiste, n° 1454
du 20 au 26 novembre 2008

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