samedi 28 novembre 2009

Martine Aubry et l'identité nationale

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Martine Aubry ne comprend rien

à l'identité

par Jean-François Copé


Le Parti Socialiste n'a pas compris le rôle majeur de cette question dans le débat politique.
28 novembre 2009

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J'étais invité jeudi 27 novembre sur le plateau de «À vous de juger», sur France 2, pour débattre avec Martine Aubry d'un sujet qui me tient à cœur: l'identité nationale.

Dans le cadre de notre échange, j'ai voulu montrer le rôle majeur de cette question dans le débat politique et je me suis même livré en confiant que cette réflexion était à l'origine de mon engagement politique. Mais en face de moi, je me suis rendu compte que la patronne du PS, premier parti de l'opposition, n'avait manifestement pas pris la mesure de l'importance de ces sujets. Je ne m'étonne pas de nos désaccords - cela est bien normal et le ton de notre entretien était d'ailleurs apaisé - mais plutôt de ses esquives permanentes, de ses reculs et de ses imprécisions qui rendaient difficiles l'échange de vues. Dans son discours, j'ai relevé notamment trois ambiguïtés inquiétantes.

Premièrement : sur l'identité nationale, Martine Aubry vit dans le déni et dans le paradoxe. Elle a asséné que «c'est un faux débat qui fait honte à la France». Pour elle, tout se réduit à la question sociale. Je n'élude pas ce point mais je m'étonne qu'elle soit complètement aveugle aux autres fissures qui fragilisent notre communauté nationale, entre la France rurale et la France urbaine, entre les jeunes et les moins jeunes, entre ceux qui sont attachés à l'égalité des hommes et des femmes et ceux qui ne s'en préoccupent pas, entre les Français de diverses origines ou confessions...

Lorsque j'ai évoqué mon expérience de maire et les difficultés de nos concitoyens qui ne se parlent plus, qui ne respectent plus, parce qu'ils ne connaissent plus et qu'ils ont peur les uns des autres, elle a répliqué en expliquant qu'à Lille, il n'y avait aucun problème. Là-bas, c'est bien connu, tout le monde s'aime et se respecte. Il n'y a aucune tension entre les habitants... Ce déni d'un des échecs majeurs des politiques publiques depuis 30 ans - celui de l'intégration - est d'autant plus paradoxal que c'est Martine Aubry qui, à chaque fois, a voulu replacer le débat sur le terrain de l'immigration quand j'essayais de montrer qu'il concerne tous les Français.


que la République se taise plutôt que d'affirmer ses valeurs ?

Deuxièmement, Martine Aubry a fait preuve de légèreté sur le danger du communautarisme et a multiplié des amalgames étonnants entre l'immigration et l'islam. Quand nous avons parlé du port de la burqa, Martine Aubry a jugé qu'une loi d'interdiction serait dangereuse car elle pousserait certaines musulmanes à la porter par provocation... C'est une remarque que j'ai déjà intégrée dans ma réflexion et c'est pour cela que je suis attaché à une phase de dialogue et d'explication avant l'interdiction. Mais que propose-t-elle alors ? Que la République se taise plutôt que d'affirmer ses valeurs ? Pour ma part, je suis très clair sur ce point : une minorité d'extrémistes teste la République, il est de notre devoir de répondre par la fermeté en interdisant le port de la burqa.lille_piscine

À vrai dire, cette légèreté sur la burqa m'étonne peu, Martine Aubry avait déjà eu une position plus qu'ambiguë vis-à-vis de demandes communautaristes à Lille. J'avais été choqué d'apprendre, que, pendant au moins 6 ans, la maire de Lille avait accepté que des horaires d'une piscine municipale de Lille soient réservés à des femmes musulmanes qui ne voulaient pas côtoyer des hommes. Ces femmes avaient exigé et obtenu que le personnel de la piscine soit exclusivement féminin. Un reportage d'Arte dans le magazine «Théma» du 9 décembre 2008 intitulé «quand la République se voile la face», montrait même qu'une piscine avait été fermée pendant la durée du Ramadan.

Dans le Parisien du 17 septembre 2009, Martine Aubry avait d'ailleurs à ce sujet reconnu : «J'ai fait un détour par rapport à mes principes, ceux de la République, pour permettre à ces femmes de faire du sport, de sortir de chez elles et tout simplement d'exister». Pourtant, hier, elle était encore dans le déni en expliquant que ces créneaux horaires avaient été ouverts à toutes les femmes, notamment aux femmes obèses qui souffraient du regard des hommes, et pas uniquement à la demande de musulmanes. Toutes les enquêtes de journalistes sur place montraient le contraire...

Et si sa décision est anodine, pourquoi a-t-elle fait marche arrière en mettant fin à ce dispositif? La ficelle est un peu grosse. Ce flirt avec le communautarisme est pour moi inacceptable : j'avais été confronté à Meaux à la même demande de la part de femmes musulmanes et j'avais alors refusé de leur accorder des créneaux spécifiques. Cela prouve en tout cas qu'un débat n'est pas inutile sur ces questions auxquelles sont confrontées tous les élus locaux.

Martine Aubry a surtout fait des amalgames étonnants hier. Quand elle a été interrogée sur le port du voile, elle a systématiquement parlé d'immigration. Comme si l'on devait réduire l'immigration à l'islam et l'islam au voile. A ma connaissance pourtant, on peut être Français d'origine maghrébine sans être musulman, on peut être d'origine arabe et être juif ou chrétien, on peut être breton depuis des générations et se convertir à l'Islam, on peut bien sûr être musulmane sans porter le voile. Il faut en finir avec les clichés qui entravent la construction saine de notre vivre ensemble : notre immigration n'est pas exclusivement maghrébine, tous les maghrébins ne sont pas musulmans et tous les musulmans ne sont pas maghrébins.

Au passage, je vous laisse méditer cette perle. Quand je l'ai interrogée sur la politique espagnole à l'égard des clandestins, elle a répondu «heureusement nous ne sommes pas dans la situation de l'Espagne, aux portes du Maghreb...» Je n'ose pas imaginer le scandale que cette phrase aurait provoqué dans la bouche d'un homme de droite.

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Arc de Triomphe, Paris

Troisièmement, pour Martine Aubry l'identité se résume à la République du guichet, celle des droits, mais pas des devoirs. Quand je parlais d'égalité, de fraternité, de liberté, de laïcité, de sécurité, Martine Aubry répondait droits sociaux, services publics, statut de la Poste... Pour résumer sa pensée, elle a eu cette formule lapidaire «L'identité de la France, c'est d'abord la CMU».

À croire que Martine Aubry, à l'origine de cette mesure, pense que c'est elle qui a donné naissance à la France. Avant elle, nous étions sans valeur... Bien sûr, les citoyens ont des droits par rapport à l'État qui a le devoir de les protéger, mais on ne peut construire une communauté nationale sur la simple revendication de droits. Être français, c'est aussi se demander comment l'on peut rendre à son pays tout ce qu'il nous a donné.

Une fois de plus, le PS est dans un déni de la réalité sur les fissures qui menacent notre communauté nationale. C'est ce déni qui paralyse la réflexion de Martine Aubry. C'est ce déni qui avait coûté à Lionel Jospin son échec en 2002. Martine Aubry faisait alors partie de son équipe, elle n'en a manifestement pas tiré les leçons. Elle ne semble toujours voir la France qu'à travers les miroirs déformants de la rue de Solferino.

Jean-François Copé
source

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Plutôt d'accord


Plutôt d'accord avec Copé. Réduire la question politique au social est un terrible aveuglement, une trahison - en tout cas - de l'héritage de la gauche.

Marx écrivait dans Le Manifeste du parti communiste, en 1848 : «Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut leur ôter ce qu’ils n’ont pas. Sans doute le prolétariat doit tout d’abord conquérir le pouvoir politique, s’ériger en classe nationale souveraine, et se constituer lui-même en nation ; et, en ce sens, il est encore attaché à une nationalité. Mais il ne l’est plus au sens de la bourgeoisie.»

On peut, évidemment, discuter cet énoncé et notamment la première phrase si on entendait par là qu'il n'existait aucun attachement national chez les ouvriers au XIXe siècle... Mais on ne peut affirmer être de gauche et oublier la légitimité du sentiment national...

Michel Renard

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Libération de Paris, av. des Champs-Élysées. Photographie André Zucca, août 1944.
Bibliothèque historique de la Ville de Paris

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lundi 23 novembre 2009

suppression de l'Histoire-Géo en Terminale "S"...!!!

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il y a combien de gouvernements

au gouvernement...?

la suppression de l'Histoire-Géo en Terminale "S" est inadmissible !


Luc Chatel appartient-il au même gouvernement que le ministre Éric Besson...? On ne peut se préoccuper d'identité nationale en excluant la moitié (52% exactement) des lycéens de Terminale de l'enseignement de l'histoire. Politique de gribouille.9782218930669

Tous les gouvernements, de droite ou de gauche, s'en sont pris, d'une manière ou d'une autre à ces disciplines. Et l'on viendra se plaindre de l'abaissement du sens civique, de la crise de la représentation politique... Arrêtez ! À qui peut-on se fier désormais ? N'y a-t-il donc plus aucune volonté républicaine un peu ferme en France ?

Veut-on donner raison à Tocqueville qui voyait dans l'horizon démocratique : «une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leurs âmes». C'est la fonction de la République que de forger des citoyens conscients et éclairés, l'enseignement de l'histoire en est l'un des ressorts.

Michel Renard


liens

- Jacques Sapir, économiste, professeur à l'EHESS, dans Marianne.fr


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vendredi 20 novembre 2009

Lévi-Strauss : l'identité nationale contre l'uniformisation


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L'ethnologue et la nation


Christian RIOUX (Québec)

Lorsqu'on l'interrogea un jour sur le port du voile islamique en France, Claude Lévi-Strauss se contenta de répondre en souriant : «Pour moi, il s'agit tout simplement d'une impolitesse.»

Avouons qu'il avait le sens de la formule, cet ethnologue qui haïssait tant les voyages et les explorateurs. C'était vrai à l'époque où il écrivit Triste tropique, mais c'était encore aussi vrai peu avant sa mort. Ces mots, qui auraient pu être mal interprétés, Claude Lévi-Strauss les avait confiés à l'éditorialiste du Nouvel Observateur, Jean Daniel, avec qui il avait eu plusieurs entretiens.

La formule peut paraître choquante dans nos sociétés gouvernées par une aristocratie d'avocats où tout se mesure à l'aune des droits individuels. N'importe quel ministre qui oserait une telle provocation se retrouverait aussitôt avec une plainte à la Commission des droits de la personne. Mais Claude Lévi-Strauss avait une vision de l'homme qui dépassait sa seule personnalité juridique.

Jusqu'à sa mort, il y a deux semaines, ce vieillard centenaire faisait encore partie de ces fous qui tentèrent tant bien que mal de saisir l'homme dans sa totalité. Pour lui, la réalité du droit ne pouvait pas effacer l'être culturel et social que l'homme est d'abord et avant tout. Mais, surtout, il estimait que les sociétés et les nations avaient le droit de préserver leur identité, leur culture et leur manière de vivre. Toutes choses qu'il respectait plus que tout.



le métissage menace les hommes d'uniformisation

Lorsqu'il avait vécu chez les Bororos et les Nambikwaras d'Amazonie, Claude Lévi-Strauss s'était plié de bonne grâce aux coutumes de ses hôtes. Coutumes dont il nous révéla justement toute la complexité et la richesse. Il n'en attendait donc pas moins de ceux qu'il accueillait chez lui.

Interrogé dans un documentaire sur les raisons qui l'avaient amené à accepter d'entrer à l'Académie française, il avait répondu quelque chose du genre : «Comment pourrais-je défendre les coutumes des tribus les plus reculées de la planète et ne pas communier à celles de ma propre société ?» Ce disciple de Rousseau et de Montaigne avait donc revêtu l'habit vert par respect pour tout ce qui fait la culture française, à laquelle il attachait autant d'importance qu'aux mythes et aux traditions des tribus primitives.

Les plus jeunes ne savent peut-être pas que cet homme fut celui qui formula la critique la plus radicale et la plus définitive du colonialisme. Après la Seconde Guerre mondiale, c'est à lui que l'UNESCO fit appel pour prononcer une série de conférences dans lesquelles, en 1952, il démonta les mécanismes fallacieux selon lesquels une culture pouvait prétendre à la supériorité sur une autre.

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Mais la réflexion de Lévi-Strauss ne devait pas s'arrêter là. En 1971, il revint à l'UNESCO prononcer un autre discours qui devait en choquer plusieurs. D'aucuns préférèrent oublier ce second Lévi-Strauss qui voyait d'un mauvais oeil un certain métissage qui menaçait les hommes d'uniformisation.

S'inquiétant de la mondialisation avant la lettre, il avait même défendu le droit des cultures de résister à ce que d'aucuns nomment le progrès. Il allait jusqu'à reconnaître le droit des peuples à une certaine «surdité» face à l'autre afin de préserver leur identité. Ce second Lévi-Strauss n'était pourtant que la suite du premier.

Dans les années qui suivirent, il comprit que la mondialisation ne menaçait pas que les Nambikwaras. C'est pourquoi, comme le rappelait Jean Daniel récemment, il n'hésita pas à soutenir les propos de l'ancien président François Mitterrand, qui avait affirmé que toutes les populations avaient un certain «seuil de tolérance» à l'égard de l'immigration. Ce seuil lui importait non pas parce qu'il rejetait l'autre, mais au contraire parce qu'il souhaitait l'accueillir avec tous les égards nécessaires.

Lévi-Strauss croyait dans l'identité nationale comme rempart à l'uniformisation. Il ne communiait pas le moins du monde à ce cosmopolitisme prétentieux que pratique une certaine gauche déracinée pas plus qu'à l'idéologie néolibérale d'une droite pour qui le monde est un marché.

Ce serait beaucoup dire qu'il connaissait le Québec. Mais il y était venu pendant la guerre alors qu'il était réfugié à New York. Il avait alors été invité par le directeur du Jardin botanique de Montréal, Jacques Rousseau, un spécialiste des Montagnais. Certains de ses anciens disciples se sont d'ailleurs installés chez nous, où ils ont fait de brillantes carrières.


chaque peuple a un capital de croyances

Lors d'un bref entretien qu'il avait eu la gentillesse de m'accorder il y a une dizaine d'années, il avait affirmé : «Je trouverais navrant que le Québec se fonde dans une sorte de culture moyenne nord-américaine. Une langue, c'est un monument qui est aussi, sinon plus, respectable qu'un monument de pierre. Chaque culture représente un capital de richesse humaine considérable. Chaque peuple a un capital de croyances et d'institutions qui représente dans l'ensemble de l'humanité une expérience irremplaçable.»

Si les Québécois ont quelque chose à retenir de Claude Lévi-Strauss, c'est qu'ils n'ont nullement à avoir honte de ce qu'ils sont et que tout ce qu'ils font pour préserver leur identité dans le respect des autres est un apport à l'humanité tout entière.

Christian Rioux
Le Devoir, journal québecois
20 novembre 2009



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jeudi 19 novembre 2009

ignorance de l'histoire

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quand un politologue fait l'impasse

sur l'histoire

Michel RENARD

Jean-François Bayart (photo ci-dessus), qui est tout de même directeur de recherche au CNRS, a été interviewé dans Le Monde daté du 6 novembre dernier, à propos de l'identité nationale. Ses propos sont consternants . Quelques critiques

- Jean-François Bayart : "Il est dangereux de voir le pouvoir politique s'emparer ex cathedra de la définition de l'appartenance, de l'identité nationale".
- critique : …?? ce n'est pas le cas. Le ministère d'Éric Besson n'a imposé aucune définition, il a lancé un débat. C'est tout. Il y a de l'abus à toujours jouer de cette vision policière du politique, de la suspicion adossée au fantasme d'un État totalitaire manipulant les esprits. Bayart nous prend pour qui ? Nous ne sommes pas dans l'Allemagne de 1938 ni dans la Russie stalinienne.

- Jean-François Bayart : "Les identités n'existent pas. Il n'y a pas d'identité française mais des processus d'identification contradictoires qui définissent la géométrie variable de l'appartenance nationale et citoyenne".
- critique : Phrase creuse. Il n'y a pas d'identités mais des processus d'identification… on joue sur les mots…! Bayart s'invente un épouvantail – que personne ne brandit – pour le combattre facilement : l'identité naturelle, à laquelle il oppose, évidemment, les constructions historiques d'identité. Qu'on me cite un seul auteur parlant d'identité "naturelle"…

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village néolithique du Jura : "pour l'essentiel, les jeux biologiques sont déjà
conclus à la fin du Néolithique" (Braudel, "Lidentité de la France")

- Jean-François Bayart : "La France s'est constituée de cette manière par vagues successives de mouvements humains".
- critique : Il ne faut pas exagérer… On a l'impression du hall de la gare Saint-Lazare aux heures de pointe…! La France n'a jamais été "envahie" par des "vagues" massives recouvrant le substrat antérieur. Tous les historiens sérieux le savent mais nombre de politologues, d'anthropologues et de sociologues ignorent proprement les données historiques les plus élémentaires…!

Par exemple la Gaule qui comptait probablement de 8 à 10 millions d'habitants, n'a pas été submergée par les Romains au terme d'une rupture de civilisation et de population. Christian Goudineau, professeur au Collège de France, s'insurge contre cette vision : "je me bats pour montrer que ce n'est pas du tout comme ça que les choses se sont passées ! Je conteste l'idée de rupture. Si la romanisation a marché, c'est parce que le monde gaulois y était prêt. Il s'était déjà rapproché du monde méditerranéen, contrairement à ce qu'on nous raconte la plupart du temps. L'idée d'une Gaule farouche, résistante, sans lien avec les Romains qui surgiraient tout d'un coup avec à leur tête le vilain César, est totalement fausse." (source)
Rappelons que le total de l'armée romaine, pour garder toutes les frontières, est de 350-000 soldats, pas plus… Rome a organisé sa conquête avec quelques centaines de fonctionnaires civils.

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De même les "grandes invasions du Ve siècle n'ont pas mis en mouvements des millions d'individus. Les Germains n'ont été que quelques dizaines de milliers, les Wisigoths qui s'installent entre Bordeaux et Narbonne par le traité de 416, sont 100 000 au maximum.

Dans l'empire de Charlemagne et de ses successeurs, avec ses 15 à 18 millions d'habitants, les Normands, Sarrasins et Magyars infligèrent des destructions, imposèrent des rançons mais ne modifièrent en aucun cas les composantes démographiques massives de la population.
"Les contemporains ont surestimé l'importance numérique des armées scandinaves ; leurs évaluations n'ont aucune valeur statistique ; elles ne témoignent pas d'un ordre de grandeur véritable mais d'un véritable choc mental, qui, lui, était réel" (Albert d'Haenens, Les invasions normandes, une catastrophe ?, Flammarion, 1970, p. 103).
Quant au mobile des raids : "La grande affaire des agresseurs n'était donc pas la guerre ou l'occupation du sol, mais bien la quête de numéraire et de butin aux dépens d'un continent riche, mal défendu et facile à exploiter. Ils débarquaient pour faire fortune et s'en retournaient fortune faite. Voilà la seule grille qui se dégage avec constance de leurs comportements" (ibid. p. 31). Finalement, lorsque certains des Normands se sédentarisèrent, après la défaite de leur chef Rollon en 911, reconnu pourtant duc de Neustrie, ils furent rapidement christianisés et romanisés.

Les "envahisseurs ont surtout fait sentir des ondes de choc sur la Gaule : ils n'ont pas réellement investi son territoire pour le transformer en un manteau d'Arlequin comme l'Italie, ou en un double bloc orienté nord-sud comme en Espagne. À défaut de continuité politique, il y a une certaine stabilité globale de l'espace géographique franc" (Michel Banniard, Le haut Moyen-Âge occidental, 1980, p. 25).


il n'y a jamais eu de "vagues successives de mouvements
humains"... ni en Gaule ni en France


Ensuite, il n'y a plus d'«invasions»… Il faut cesser de mythifier sur le brassage de populations de la Gaule romaine, franque puis capétienne. Les "vagues successives de mouvements humains", dont parle Jean-François Bayart, n'ont jamais existé… Sans parler de "pureté" ethnique qui ne veut rien dire, c'est plutôt la stabilité du fonds de population qui caractérise la France.

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C'est d'ailleurs le constat que dresse Fernand Braudel dans L'identité de la France (1986) : "pour l'essentiel, les jeux biologiques sont déjà conclus à la fin du Néolithique. Les invasions qui suivront, et notamment celle des Celtes – si nombreuse et violente qu'on l'imagine et si puissant qu'ait été son impact culturel -, se perdront peu à peu dans la masse des populations déjà installées, soumises, rejetées parfois de leurs terres, mais qui resurgiront, s'étaleront, prospéreront à nouveau. Le nombre conserve sans doute. N'en sera-t-il pas de même vis-à-vis des Romains ? Et non moins face aux invasions barbares du Ve siècle, ou aux immigrés trop nombreux qui inquiètent la France actuelle ? Ce qui compte c'est la masse, la majorité en place. Tout s'y perd à la longue" (p. 444-445, éd. Le Grand livre du mois).
Que répondre à cela ? Que Braudel, comme certains l'ont dit à propos de Lévi-Strauss, est raciste…?

- Jean-François Bayart : "Quand le politique cherche à s'emparer du social, et singulièrement de l'identitaire, le totalitarisme n'est jamais loin".
- critique : Si l'œuvre scientifique de Bayart est à l'aune de cette proposition, il y a de quoi s'alarmer…! Le politique ne cherche pas à s'emparer de l'identitaire, il fait en discuter des millions de Français. N'est-ce pas un débat "citoyen" comme on disait il y a quelque temps en se gargarisant du mot ?


un "imaginaire national" mais pas d'identité nationale...?

- Jean-François Bayart : "(…) la volonté de rupture de Nicolas Sarkozy. Celle-ci remet en cause des fondamentaux du pacte social français, comme le service public, élément constitutif de l'imaginaire national français".
- critique: Alors comme cela, il y a un "imaginaire national français" mais pas d'identité nationale française… C'est une affirmation cohérente ça ? De quoi relève l'imaginaire si ce n'est de l'identité ?

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identité française ? oui, sans conteste...

- Jean-François Bayart : "Le génie de la République française a effectivement été le droit du sol. Il était facile de devenir Français".
- critique : Le génie de la République française n'a pas été seulement le droit sol mais l'assimilation, c'est-à-dire la volonté délibérée de faire des arrivants des Français. Et il n'était pas "facile" de devenir Français. Mais l'objectif en était au moins affirmé, et mis en oeuvre. Aujourd'hui, cette politique d'assimilation est regardée de travers au prétexte d'un relativisme culturel outrancier qui ne voit de bon que dans la culture des autres et plus dans la sienne propre…

- Jean-François Bayart : "les identités, ce sont ce que nous en faisons socialement, politiquement et empiriquement, au jour le jour".
- critique : Quelle illusion… Les identités, ce sont d'abord des héritages, on s'arrange avec eux bien sûr… mais on ne les refait pas au jour le jour…! Pourquoi les politologues en arrivent à nier le passé, le poids de l'histoire…? à faire croire que la page est toujours blanche ?

- Jean-François Bayart : "Je croyais avoir lu au lycée que le maréchal Pétain avait reçu les pleins pouvoirs par un vote de la représentation nationale…"
- critique : "Je croyais"… eh oui, quand on a pour bagage historique que de vagues souvenirs de lycée… on commet des erreurs. Ce n'est pas "la" représentation nationale qui a voté les pleins pouvoirs à Pétain mais une partie d'entre elle, même si elle a été majoritaire : 569 députés et sénateurs pour, 20 abstentions et 80 contre ; il manquait, de plus, les 26 députés (dont Jean, Mendès-France, Daladier, Georges Mandel, Delbos, Diouf...) et un sénateur partis vers l'Afrique du Nord sur le Massilia ainsi que les députés communistes exclus à la suite du pacte germano-soviétique.

Michel Renard
19 novembre 2009

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lundi 16 novembre 2009

Jean Zay et le patriotisme

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quand les militants socialistes de Sc. Po

se "moquent" de l'identité nationale

tout en se revendiquant du nom

de Jean Zay…


Sur le blog des militants socialistes de Sciences Po, section Jean Zay, une contribution affirme, avec un grand sens de la nuance, que "l'identité nationale, c'est la guerre". Réponse à cette militante socialiste.

"L’identité nationale, c’est affaire d’individus", dites-vous. Je ne le pense pas. L'appropriation de la francité est affaire individuelle, mais l'identité nationale est une réalité objective, celle dont parle toute l'école historique française (à part Noiriel, mais il ne pèse pas bien lourd face à Marc Bloch ou à Braudel…).

Vous dites vous moquer de la nation… Pourquoi pas ?
Mais alors lisez ces quelques lignes qui pourraient bien avoir valeur prophétique : "Les temps à venir noteront d'infamie le délire d'aujourd'hui. Se peut-il bien que ce soient des Français qui parlent, qui écrivent ainsi ? N'ont-ils donc ni cœur, ni entrailles pour la patrie ? Non, ils ne sont point français ; ils parlent notre langue peut-être ; ils sont nés sur le même sol que nous ; mais ils n'ont ni notre cœur, ni nos sentiments. Ils ne sont point français !".

C'est Napoléon qui s'exprime ainsi d'après le "Mémorial de Sainte-Hélène", et il est cité par… Jean Zay…! dont vous arborez le nom dans votre intitulé de section socialiste (cf. Souvenirs et solitude, éd. 2004, p. 223).

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Léon Blum levant son chapeau et, deuxième à droite, Jean Zay

Quand Jean Zay, de sa prison, apprend la mort de Léon Lagrange tué au combat en mai 1940, il évoque ce "socialiste patriote" et son action : "Les sports, c'était pour lui la grande cause de la vitalité française, le salut de la race ; l'organisation des loisirs sportifs ou intellectuels, c'était la joie de la vie rendue aux travailleurs, les heures de labeur devenant par là plus fécondes. Il mit son action au service des intérêts nationaux le p lus certains. Il avait créé ce Brevet sportif populaire, dont le succès fut si éclatant que les gouvernants d'aujourd'hui l'ont repris, généralisé. Mais le mot «populaire» étant frappé d'interdit, ils l'ont remplacé par le mot «national», un des termes, hélas ! auxquels on a ôté depuis huit mois toute signification" (écrit en date du 18 février 1941, id. p. 61).

Critiquant les agents diplomatiques français à l'étranger des années précédant la guerre, Jean Zay note : "Il en est qui ne demeuraient en contact qu'avec les éléments les moins favorables à la France, parce qu'ils choisissaient leurs amitiés dans les salons du fascisme local, alors que seuls aimaient la France les disciples de sa tradition révolutionnaire, les amis de la liberté" (8 avril 1941, id. p. 79).
Qui, à gauche assume encore ce Jean Zay ? cette gauche qui n'aime pas la France et qui, bien sûr, a renoncé à l'éloge de la tradition révolutionnaire française.

Aujourd'hui, les opposants de toute référence à l'identité nationale prétendent qu'elle renvoie à Vichy, à Pétain, etc. Mais ceux qui combattaient Vichy à l'époque ne voyaient du tout les choses ainsi. Quand Jean Zay rappelle que le nouveau pouvoir, au lendemain de l'armistice" chercha à "purifier l'écran", il parle de la "rage de dénigrement antifrançais" contre le cinéma des Renoir, Duvivier et Jouvet (3 février 1942, id. p. 180). L'anti-France, c'était le régime de Pétain et de Laval.

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Pétain, ce fut l'anti-France

Ce qui n'empêche pas Jean Zay de mesurer la part d'étroitesse que peut aussi véhiculer un certain aveuglement national : "Le Français le moins patriote, le plus éloigné des vanités nationales, croit que tous les problèmes internationaux doivent se juger dans le monde par rapport à la France. La France est pour lui le centre du globe, comme le globe était pour Ptoléme le centre fixe du système planétaire. Ce n'est point là nationalisme chatouilleux, ni même naturel patriotisme. C'est besoin d'être aimé. (…) La réaction intime du Français, quand il s'agit des choses internationales, est devenue d'égotisme pur" (27 avril 1942, id. p. 227).

Ce défaut n'entame en rien l'exemplarité du modèle français : "Des niais s'indignent que le monde tourne le dos à la France de Vichy ; ils oublient que ce qu'admirent en nous les peuples libres, depuis un siècle et demi, ce n'est pas une entité géographique, mais la France de la liberté et de la Révolution" (27 avril 1942, id. p.228).

Il est ainsi des héritages revendiqués qui ignorent (presque) tout de leur présumé testateur.

Michel Renard, co-auteur de
Faut-il avoir honte de l'identité nationale ?

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jeudi 12 novembre 2009

ai-je encore des racines ?

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citoyen du monde ? je ne crois pas...

Reçu ce message sympathique qui appelle au dialogue. Voici le texte de Pierre Binon.

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bonjour monsieur,
j'aime beaucoup votre blog ; vous soulevez des questions intéressantes et y répondez de manière tout aussi intéressante.
Je voudrais discuter de votre article sur les "citoyens du monde" si vous le voulez bien. Que dites vous de cette identité là ?
"Je suis né dans une ville de province en France et j'ai fait mes études à Paris, puis dans une université aux états-unis. Je parle anglais couramment. Je travaille actuellement dans une mégalopole en Asie, dans une multinationale bien sûr. J'y ai rencontré ma femme, elle vient d'Amérique du sud.

Je ne compte pas particulièrement rentrer vivre en France un jour. Au contraire j'espère encore voyager, d'ailleurs je ne connais pas encore l'Afrique. J'ai gardé quelques amis en France, et j'en rencontre de nouveaux lors de chacune de mes escales. J'ai gardé beaucoup de valeurs françaises (sans doute héritées de la Grèce antique ou de la Bible) mais je m'accommode bien de celles des pays que je visite."

Qui est cette personne ? N'est-ce pas un vrai citoyen du monde? (du monde globalisé disons)
Peut-on considérer qu'elle ait encore quelques racines ?

Pierre Binon

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réponse

Merci de vote message. À mon sens, il faut distinguer trois choses :

1) l'identité nationale d'un pays ; cette configuration culturelle et historique est un donné, un héritage ; elle ne saurait disparaître sous prétexte que chaque individu s'en approprie tel ou tel segment avec plus ou moins d'intensité, de curiosité, d'intériorité...

2) l'identité personnelle d'un individu donné en rapport avec sa (ses) culture(s) d'origine ; les phénomènes de "double culture" sont en quasi totalité des résultats contraints par les migrations, jamais des choix ; il y a le plus souvent un fond identitaire constitué de la langue maternelle, des conditions de scolarisation, et d'accès à la culture, de l'environnement "naturel" et symbolique qui a vu grandir l'enfant... La citoyenneté est généralement liée à cette situation de départ... Si on peut en acquérir une autre, elle reste une citoyenneté nationale : il n'y a pas de citoyenneté mondiale.

3) l'identité personnelle en rapport avec son parcours de vie, les amours rencontrés et assumés, les résidences choisies... toutes données qui confrontent à d'autres cultures. D'accord avec vous, ces sollicitations vous enrichissent, vous déstabilisent... mais parvenez-vous pour autant à acquérir ces identités...? Je ne le crois pas. Elles font de vous un être plus sensible, plus complexe, peut-être plus "ouvert"... mais elles ne vous déracinent pas. Il y une corporéité, une historicité, un enracinement terrien de l'identité individuelle qui rendent totalement improbables ces êtres de science-fiction ou même de fiction narrative qui auraient échappé à ces imprégnations.
Et si vous, vous avez quitté le foyer de ce qui a constitué votre identité de départ, ce que vous rencontrez ailleurs ce n'est pas le "monde globalisé" mais d'autres identités : "Tous les globe-trotters du monde le savent, c'est dans les rues qu'ils se frottent à l'identité d'un pays, tant esthétique que politique, tant mystique qu'économique" (le chanteur Manu Chao).

Michel Renard

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les enfants de l'école élémentaire de Molène visitent le monument
aux morts de la commune, en 2006 (source)


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lundi 9 novembre 2009

émission "Toutes les France" sur France 0

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l'identité nationale en débat

sur "France 0"


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Michel Giraud (sociologue, université des Antilles et de la Guyane),
Vincent Cespedes (professeur de philosophie), Michel Renard (professeur d'histoire,
co-auteur de "Faut-il avoir honte de l'identité nationale ?", Larousse, 2008),
Yvan Rioufol (journaliste au "Figaro" et auteur de plusieurs livres, dont "La fracture identitaire")



À gauche, ceux qui vont dire que le débat sur l'identité nationale est une manoeuvre politique qui fait le jeu du Front national (...!) ; à droite, ceux qui pensent que débattre de l'identité nationale est une nécessité face aux menaces du communautarisme, aux dangers de l'européanisation, à la régression scolaire, à la ghettoïsation des banlieues, aux pressions de l'islamisme et du fondamentalisme qui récusent la laïcité...

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L'émission a été enregistrée le 9 novembre mais n'a pas encore été diffusée... La date de diffusion sera prochainement annoncée (un jour du lundi au jeudi, à 22 h 30 avec rediff le lendemain à midi) ; ensuite elle sera en vidéo intégrale sur le site internet de "France O"... : http://toutes-les-france.rfo.fr/index-fr.php?page=accueil


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photos : Pierre Renard

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jeudi 5 novembre 2009

l'identité nationale sur FR3

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mercredi 4 novembre 2009

Lévi-Strauss contre le "mélange" des cultures

9782070361779FS


Les cultures doivent résister

à l'uniformisation et au métissage


Dans ses "carnets libres" - quelle prétention ces "carnets libres"...! pourquoi, les autres n'écrivent pas librement peut-être...? - Edwy Plenel cite ce matin Claude Lévi-Strauss :

"«J'ai connu une époque où l'identité nationale était le seul principe concevable des relations entre les États. On sait quels désastres en résultèrent.» Claude Lévi-Strauss a prononcé cette phrase à Paris, en 2005, quand commençait déjà à prendre forme la détestable régression nationale que signifie et personnifie le sarkozysme".

Magnifique anachronisme...! Quand Lévi-Strauss parle de l'identité nationale, dans ce contexte, il évoque les nationalismes expansionnistes de l'entre-deux guerres, tel celui de l'Allemagne hitlérienne. En aucun cas l'identité nationale comme vecteur d'une identité culturelle.

Engager Lévi-Strauss dans le combat contre la thématique de "l'identité nationale" au nom de son invitation "à vivre ensemble par le respect des ailleurs et du divers qui nous entourent" (Edwy Plenel), c'est faire totalement fausse route.

9782738110176FS


L'ethnologue, au contraire, a toujours pris ses distances avec une vision irénique du métissage et du contact des cultures. Le contact, oui. Le mélange, non :

"C'est la différence des cultures qui rend leur rencontre féconde. Or ce jeu en commun entraîne leur uniformisation progressive : les bénéfices que les cultures retirent de ces contacts proviennent largement de leurs écarts qualitatifs ; mais au cours de ces échanges, ces écarts diminuent jusqu'à s'abolir.
N'est-ce pas ce à quoi nous assistons aujourd'hui ? Soit dit en passant, cette idée que, dans leur évolution, les cultures tendent vers une entropie croissante qui résulte de leur mélange (...) vient en droite ligne de Gobineau, dénoncé par ailleurs comme un père du racisme. Ce qui montre bien le désordre qui règne actuellement dans les esprits. (...)
Que conclure de tout cela, sinon qu'il est souhaitable que les cultures se maintiennent diverses, ou qu'elles se renouvellent dans la diversité ?
Seulement il faut consentir à en payer le prix : à savoir, que des cultures attachées chacune à un style de vie, à un système de valeurs, veillent sur leurs particularismes ; et que cette disposition est saine, nullement - comme on voudrait nous le faire croire - pathologique.
Chaque culture se développe grâce à ses échanges avec d'autres cultures. Mais il faut que chacune y mette une certaine résistance, sinon, très vite, elle n'aurait plus rien qui lui appartienne en propre à échanger. L'absence et l'excès de communication ont l'un et l'autre leur danger."

Claude Lévi-Strauss, De près et de loin, éd. Odile Jacob, 1988, p. 206-207.


Pauvre Edwy Plenel...

Michel Renard

- texte (allégé) envoyé sur le forum du Figaro (blog d'Yves Thréard)

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