mercredi 11 mai 2016

un article de Yvan Blot (2009) découvert tradivement

Faut-il avoir honte couv

 

 

Faut-il avoir honte de l'identité nationale ?

Un livre sans connotation idéologique

Yvan BLOT (2009)

 

 

Dans le numéro 72 de Politique Magazine (mois de mars), Yvan Blot propose la note de lecture suivante à propos de l'ouvrage de Daniel Lefeuvre et Michel Renard (1) :

____________

 

Ce petit livre courageux de deux enseignants remet bien des idées en place. Avec d'abord cette citation de la philosophe Simone Weil dans l'introduction : "...Nous ne possédons d'autre vie, d'autre sève, que les trésors hérités du passé et digérés, assimilés, recréés, par nous... L'amour du passé n'a rien à voir avec une orientation politique réactionnaire."

Les auteurs ne sont pas conservateurs, ils aiment la France, son patrimoine et son histoire, des croisades aux guerres révolutionnaires. L'identité nationale est la conscience de l'appartenance à une communauté, mais aussi un substrat historique, dont ils font remonter les origines à Jeanne d'Arc et même plus loin, au partage de Verdun en 843, lorsque l'héritage de Charlemagne fut divisé entre Charles le Chauve, dont les terres constituèrent la future France, et Louis le Germanique, dont la Francia Orientalis donna naissance à l'Allemagne.

 

Ni de droite ni de gauche

Aussi le sentiment national n'est-il ni de droite ni de gauche mais devrait être commun à tous les français.

Pour Lefeuvre et Renard, la langue française est le socle de notre identité, surtout depuis la fin de la monarchie. Très logiquement, ils abordent ensuite la question de l'immigration, démontrant l'impasse à laquelle aboutit le multiculturalisme tant vanté dans nos sociétés occidentales, qui n'aiment rien tant que de scier la branche sur laquelle elles sont assises. Or, même un Claude Lévi-Strauss pense qu'il faut défendre les particularismes culturels.....

Et comment évoquer ce sujet sans s'interroger sur la place de l'Islam face à notre identité nationale ? Pour les auteurs, le rôle de la nation est d'assimiler les éléments nouveaux, sous peine de s'autodétruire. Mais cela ne doit pas être au prix du renoncement à notre être historique propre, car, comme le rappelait déjà Rousseau, il est facile d'aimer "les tartares pour être dispensé d'aimer ses voisins". La sagesse ecclésiale l'avait affirmé bien avant lui : "charité bien ordonnée commence par soi-même" et permet après d'aider les autres...

Appliquant ce principe à leur domaine, celui de l'Éducation nationale, nos deux professeurs estiment que les élèves doivent obéir aux lois existantes, qui ne sont pas négociables, et que les enseignants sont là pour les encadrer et les protéger, et non pour se soumettre à leur diktat.

Un livre sans connotation idéologique d'auteurs qui aiment leur pays et ont les pieds sur terre !

Yvan Blot

Yvan Blot photo

 

(1) Faut-il avoir honte de l'identité nationale ? de Daniel Lefeuvre et Michel Renard. Larousse, Collection À dire vrai, 190 pages, 9,90 euros.

source

 

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lundi 9 novembre 2009

émission "Toutes les France" sur France 0

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l'identité nationale en débat

sur "France 0"


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Michel Giraud (sociologue, université des Antilles et de la Guyane),
Vincent Cespedes (professeur de philosophie), Michel Renard (professeur d'histoire,
co-auteur de "Faut-il avoir honte de l'identité nationale ?", Larousse, 2008),
Yvan Rioufol (journaliste au "Figaro" et auteur de plusieurs livres, dont "La fracture identitaire")



À gauche, ceux qui vont dire que le débat sur l'identité nationale est une manoeuvre politique qui fait le jeu du Front national (...!) ; à droite, ceux qui pensent que débattre de l'identité nationale est une nécessité face aux menaces du communautarisme, aux dangers de l'européanisation, à la régression scolaire, à la ghettoïsation des banlieues, aux pressions de l'islamisme et du fondamentalisme qui récusent la laïcité...

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L'émission a été enregistrée le 9 novembre mais n'a pas encore été diffusée... La date de diffusion sera prochainement annoncée (un jour du lundi au jeudi, à 22 h 30 avec rediff le lendemain à midi) ; ensuite elle sera en vidéo intégrale sur le site internet de "France O"... : http://toutes-les-france.rfo.fr/index-fr.php?page=accueil


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photos : Pierre Renard

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jeudi 5 novembre 2009

l'identité nationale sur FR3

Diapositive1




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jeudi 28 mai 2009

Faut-il jeter la nation aux orties ?

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Claude Monet, Rue Mon­tor­gueil, 1878.


faut-il jeter la nation aux orties ?

Anton WAGNER

Cette pein­ture impres­sion­niste de Monet con­vient par­fai­te­ment au sujet de ce billet qui, vous l’aurez com­pris à la lec­ture du titre, par­lera de la nation et de l’iden­tité natio­nale. Il sied bien plus que le tableau par­fai­te­ment con­tem­po­rain d’Édouard Manet, La Rue Mos­nier aux dra­peaux, qui porte sur le même évè­ne­ment : la clô­ture de l’expo­si­tion universelle orga­ni­sée par la France en 1878. On verra aisé­ment que ce tableau plus dépouillé et mélan­co­li­que que celui de Monet, n’est pas à même d’illus­trer l’idée centrale de ce billet.

L’idée natio­nale, aujourd’hui, est une ban­nière en berne. À tel point que dans de nombreux milieux intel­lec­tuels et asso­cia­tifs, il est devenu sus­pect de par­ler d’iden­tité natio­nale ; oser affir­mer l’exis­tence d’une pareille identité serait mar­cher sur les pavés escarpés du natio­na­lisme, de la xéno­pho­bie et du racisme vers l’enfer de la haine et de la guerre ; la nation serait l’anti-cham­bre iné­vi­ta­ble du natio­na­lisme mala­dif que l’on voit promu par tous les Le Pen de France…

C’est le cons­tat que dres­sent Daniel Lefeu­vre et Michel Renard dans un petit livre bien docu­menté, Faut-il avoir honte de l’iden­tité natio­nale ?, publié dans la col­lec­tion «À dire vrai» diri­gée par Jac­ques Mar­seille chez Larousse. Les deux auteurs scru­tent cette aversion pour la nation et la démon­tent point par point, mon­trant avec éclat que la fierté d’être Fran­çais n’est en rien un replie­ment sur soi, ni un mépris affi­ché des identités natio­na­les étran­gè­res.

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Prise de la Bastille, tableau de Jean-Pierre Houël (1735-1813)

Les deux auteurs refon­dent dans le temps l’iden­tité natio­nale. Loin d’être une inven­tion récente de la fin du XVIIIe s., du moins en France, l’iden­tité natio­nale plonge ses raci­nes dans le Moyen Âge. Un évè­ne­ment en particulier, la guerre de Cent Ans, mar­que clai­re­ment l’émer­gence d’une iden­tité fran­çaise qui se veut dis­tincte de l’Angle­terre et qui s’oppose au seul prin­cipe d’obéis­sance dynas­ti­que, qui aurait exigé la sou­mis­sion aux Anglais. Or, les éli­tes poli­ti­ques et socia­les du royaume, comme le peu­ple lui-même, rejet­tent très lar­ge­ment la domi­na­tion anglaise au motif d’une iden­tité com­mune bafouée par l’enva­his­seur.

Si, au moment de l’extinc­tion des Capé­tiens directs, les barons fran­çais écar­tè­rent la can­di­da­ture du roi d’Angle­terre, c’est parce qu’il était étran­ger ; durant l’occu­pa­tion anglaise, nom­breux les pay­sans qui pri­rent les armes pour lui résis­ter, si bien que 90% des exé­cu­tés par les Anglais furent des pay­sans de toute con­di­tion ; ceux qui collaboraient avec les Anglais furent dénon­cés comme des Fran­çais reniés, par oppo­si­tion aux bons Fran­çais qui, eux, leur résis­taient. La guerre de Cent Ans est donc l'avènement, dès les XIVe-XVe s., d’une cons­cience natio­nale en France que l’on aurait tort de croire vivante uni­que­ment dans les hau­tes sphè­res édu­quées et poli­ti­sées de la société.

Chose ancienne, l’iden­tité natio­nale n’est pas chose hon­teuse. Les auteurs relè­vent le piquant para­doxe que, sou­vent, ceux qui en France con­tes­tent l’iden­tité natio­nale le font au nom d’iden­ti­tés natio­na­les étran­gè­res. Ces iden­ti­tés natio­na­les-là cho­quent bien moins leur cons­cience, pour­quoi ce qui sem­ble natu­rel dans d’autres pays, en par­ti­cu­lier les ancien­nes colo­nies, serait-il inad­mis­si­ble en France ? C’est bien une cri­ti­que de la repen­tance qu’il faut faire ici, et qu’a déjà faite Daniel Lefeu­vre dans un autre ouvrage, Pour en finir avec la repen­tance colo­niale.

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Fête de la Fédération, 14 juillet 1790

En sui­vant pas à pas la cons­truc­tion de l’iden­tité natio­nale fran­çaise, en pas­sant par sa cris­tal­li­sa­tion durant la Révo­lu­tion de 1789, et jusqu’à la défi­ni­tion lumi­neuse don­née par Ernest Renan dans sa con­fé­rence à la Sorbonne en 1882, le livre mon­tre que cette cons­truc­tion n’a rien d’anti-huma­niste. Au con­traire même, l'identité natio­nale fran­çaise se cons­truit sur des valeurs uni­ver­sa­lis­tes, si bien que Mau­rice Agul­hon a pu écrire que la France est ce pays qui eut l’uni­ver­sel en son par­ti­cu­lier. En d’autres ter­mes, défen­dre cette iden­tité nationale, c’est défen­dre les valeurs huma­nis­tes et libé­ra­les de 1789 ; de quoi pour­rait-on avoir honte, en effet ? Les auteurs ont bien rai­son de rap­pe­ler que le patrio­tisme fut tout autant de gau­che que de droite, des gens si peu sus­pects d’extrémisme comme Vic­tor Hugo et Jean Jau­rès n’avaient pas honte de se dire Français.

Même un Paul Dérou­lède se défiait du mot «natio­na­lisme» et reje­tait, au sein de la Ligue des Patrio­tes qu’il avait fondé avec d’autres en 1882, et à laquelle avaient adhéré des per­son­na­li­tés d’hori­zons dif­fé­rents, toute réfé­rence à l’anti­sé­mi­tisme. Comme le mon­tre le livre, que ce soit en 1848 ou dans les années 1880, les patrio­tes répu­bli­cains ont tou­jours eu claire cons­cience de la limite à ne pas faire fran­chir au natio­na­lisme, le tem­pé­rant tou­jours par un uni­ver­sa­lisme qu’ils con­ce­vaient plus comme une con­ti­nuité de l’appar­te­nance natio­nale que comme une force anta­go­niste. Ils firent donc la démons­tra­tion que l’on peut faire l’expé­rience d’un patriotisme ouvert.

quand on réécrit Jaurès...

À pro­pos de Jean Jau­rès, Lefeu­vre et Renard relè­vent une erreur pour le moins cocasse d’un con­temp­teur de l’idée natio­nale. Blaise Wil­fert-Por­tal, dans un livre dénon­çant Sarkozy, Com­ment Nico­las Sar­kozy écrit l’his­toire de France, cite Jau­rès en ces ter­mes : «la nation porte la guerre en son sein comme la nuée porte l’orage.» Or, la cita­tion prêtée à l’illus­tre socia­liste est : «le capi­ta­lisme porte la guerre en son sein comme la nuée porte l’orage» ; la véri­ta­ble phrase, pro­non­cée en 1907 à l’Assem­blée natio­nale, étant, comme sou­vent avec les mots d’his­toire, un peu dif­fé­rente et plus lon­gue : «Tou­jours votre société vio­lente et chao­ti­que, même quand elle veut la paix, même quand elle est à l’état d’appa­rent repos, porte en elle la guerre comme la nuée dor­mante porte l’orage.» Cette erreur en dit long sur l’état de con­fu­sion intel­lec­tuelle de ceux qui, contre toute évi­dence his­to­ri­que, ins­trui­sent un pro­cès à charge con­tre l’iden­tité nationale – la dénon­cia­tion de La Mar­seillaise comme chant raciste en est un autre exem­ple.

On objec­tera le natio­na­lisme de Bar­rès et de Maur­ras, ainsi que l’écla­te­ment de la Grande Guerre. Mais le livre fait litière de ces accu­sa­tions. La pous­sée natio­na­liste de la fin du XIXe s. se nour­rit plus des imper­fec­tions insti­tu­tion­nel­les de la IIIe Répu­bli­que que de l’iden­tité natio­nale.

Mau­rice Bar­rès fait pas­ser une foule de préoc­cu­pa­tions socia­les avant de s’inté­res­ser à la nation et de lui donner sa fameuse défi­ni­tion : la terre et les morts. Maur­ras, quant à lui, s’atta­que bien en pre­mier lieu à la Républi­que, pour lui pré­fé­rer la monar­chie ; c’est la haine de la Répu­bli­que qui nour­rit son natio­na­lisme xéno­phobe et anti­sé­mite, non pas la sim­ple iden­tité natio­nale fran­çaise – les auteurs auraient pu ajou­ter que tous les mem­bres de l’Action fran­çaise n’étaient pas anti­sé­mi­tes, comme Jac­ques Bain­ville.

Enfin, con­cer­nant l’écla­te­ment de la Grande Guerre, les auteurs rap­por­tent que les peuples, en 1914, ne désiraient pas la guerre. Sans doute la cons­cience natio­nale explique-t-elle l’accep­ta­tion déter­mi­née du con­flit, mais tout autant que l’impres­sion d’être injustement agressé par l’ennemi, sen­ti­ment assez extra­or­di­nai­rement res­senti par tous les peu­ples bel­li­gé­rants. Les auteurs sug­gè­rent aussi que si la France tint sur la Marne en 1914, alors qu’elle s’effon­drait en juin 1940, c’est grâce à une solide foi natio­nale qui fut per­due par la suite.

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14 juillet 1945, place de la Bastille

J’arrête ici le recen­sion de l’ouvrage, bien qu’il y ait beau­coup à dire encore. Je me pose beau­coup la ques­tion de la con­ci­lia­tion de mon libé­ra­lisme avec l’iden­tité natio­nale de mon pays.

J’acquiesce au livre de Lefeu­vre et Renard car il me sem­ble plus juste intel­lec­tuel­le­ment que les sour­des menées décons­truc­tri­ces des repen­tants. Je fré­mis aussi au modèle de société qu’ils veu­lent voir triom­pher : le mul­ti­cul­tu­ra­lisme ne m’ins­pire rien de bon. J’ai bien cons­cience, éga­le­ment, de l’impor­tance de l’idée natio­nale pour l’assi­mi­la­tion la plus par­faite des immi­grés. Mais faut-il aller plus loin ?

Être fier de son iden­tité fran­çaise ne fait pas d’une per­sonne un affreux xéno­phobe rempli de haine.

C’est sans ris­que exces­sif que l’appar­te­nance natio­nale peut être célé­brée comme une fête, c’est une lubie de l’esprit que de croire le con­traire. Pour ce qui me con­cerne toutefois, à titre stric­te­ment per­son­nel, je ne sais si je peux, en toute cohé­rence et dans quelle mesure, faire coha­bi­ter cette fierté natio­nale avec un libé­ra­lisme qui tend à confi­ner à l’anar­chisme.

Anton Wagner
25 avril 2009
source : carnetsliberaux.fr


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Claude Monet, Effets d'automne à Argenteuil, 1873

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dimanche 30 novembre 2008

comptes rendus de presse

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revue de presse écrite,

audio-visuelle et en ligne



l’héritage historique
dont nous sommes tous les légataires


source : http://luette.free.fr/spip/spip.php?article241
19 mars 2009

En janvier dernier, le président Nicolas Sarkozy annonçait la création prochaine d’un "musée de l’Histoire de France". Cette annonce suscita quelques interrogations chez les historiens. Les uns jugèrent le projet inutile, les autres y virent un bon moyen pour renforcer " l’identité nationale". Le débat était lancé.

Mais, il ne fallut pas attendre longtemps pour que les clairons de l’indignation retentissent. En quelques jours, la causerie fut transformée en controverse stérile.

Et c’est ainsi à chaque fois que la question de l’identité nationale se pose.

Pourtant, la nation, le patriotisme, la culture et les traditions d’un pays sont des valeurs adulées quand il s’agit de promouvoir ou de défendre l’indépendance d’un peuple en lutte. Aujourd’hui encore, ce sont ces arguments fondateurs de l’anticolonialisme, qui reviennent dans les discours de ceux qui défendent la cause palestinienne, tibétaine, kurde....

Dans certains cas, le recours à l’identité nationale peut même devenir branché. N’a-t-on pas vu à l’occasion de la dernière élection américaine, les média et la classe politique française s’enthousiasmer devant le patriotisme de Barack Hussein Obama.

Et que dire de ceux qui manifestent pour préserver le modèle social français mis à mal par la mondialisation libérale ? N’y-a-t-il pas dans leur "résistance" une once de fierté nationale ?

Or en France, la Nation et l’identité nationale n’ont plus la côte. C’est Sympa... mais chez les autres.

Le relativisme à tous crins, la sociologie sermonneuse, l’antiracisme dévoyé, le multi-culturalisme souriant, auront permis, à toute une partie de la gauche française, de rompre avec l’idée nationale. Pour la gauche moderne, et l’armada d’historiens militants qui lui serve de caution, l’identité française est réductible à une mythologie vichyssoise, racialiste et xénophobe. À en croire leurs lamentations, il serait presque honteux de trouver dans l’Histoire de France des raisons d’être fier et même pire, d’en tirer une quelconque identité.

Pour Daniel Lefeuvre et Michel Renard, auteurs du livre " Faut il avoir honte de l’identité nationale ? " ce rejet idéologique qu’exprime la gauche depuis de nombreuses années, est caricatural et ridicule. Réduire l’identité française à une identité fantasmée, ou à de la xénophobie d’Etat, c’est faire peu de cas de l’héritage historique dont nous sommes tous les légataires. Les deux auteurs refusent "la mise en accusation, quelque peu paranoïaque, d’une prétendue machine républicaine qui ferait violence à la "France plurielle et métissée", en lui inculquant une "identité" qui ne serait pas la sienne."

À l’heure où se chante à l’unisson les louanges hypocrites de la riche et merveilleuse diversité, le temps n’est-il pas venu de se réappropier l’Histoire d’une nation assimilatrice, fraternelle, égalitaire et libre ?

Ecouter l’entretien avec Michel Renard



remet bien des idées en place

Dans le numéro 72 de Politique Magazine (mois de mars), Yvan Blot propose la note de lecture suivante à propos de l'ouvrage de Daniel Lefeuvre et Michel Renard :


Identit__nationale_couv_d_fCe petit livre courageux de deux enseignants remet bien des idées en place. Avec d'abord cette citation de la philosophe Simone Weil dans l'introduction : "...Nous ne possédons d'autre vie, d'autre sève, que les trésors hérités du passé et digérés, assimilés, recréés, par nous... L'amour du passé n'a rien à voir avec une orientation politique réactionnaire."

Les auteurs ne sont pas conservateurs, ils aiment la France, son patrimoine et son histoire, des croisades aux guerres révolutionnaires. L'identité nationale est la conscience de l'appartenance à une communauté, mais aussi un substrat historique, dont ils font remonter les origines à Jeanne d'Arc et même plus loin, au partage de Verdun en 843, lorsque l'héritage de Charlemagne fut divisé entre Charles le Chauve, dont les terres constituèrent la future France, et Louis le Germanique, dont la Francia Orientalis donna naissance à l'Allemagne.

Aussi le sentiment national n'est-il ni de droite ni de gauche mais devrait être commun à tous les Français.

Pour Lefeuvre et Renard, la langue française est le socle de notre identité, surtout depuis la fin de la monarchie. Très logiquement, ils abordent ensuite la question de l'immigration, démontrant l'impasse à laquelle aboutit le multiculturalisme tant vanté dans nos sociétés occidentales, qui n'aiment rien tant que de scier la branche sur laquelle elles sont assises. Or, même un Claude Lévi-Strauss pense qu'il faut défendre les particularismes culturels.....

Et comment évoquer ce sujet sans s'interroger sur la place de l'Islam face à notre identité nationale ? Pour les auteurs, le rôle de la nation est d'assimiler les éléments nouveaux, sous peine de s'autodétruire. Mais cela ne doit pas être au prix du renoncement à notre être historique propre, car, comme le rappelait déjà Rousseau, il est facile d'aimer "les tartares pour être dispensé d'aimer ses voisins". La sagesse ecclésiale l'avait affirmé bien avant lui : "charité bien ordonnée commence par soi-même" et permet après d'aider les autres...

Appliquant ce principe à leur domaine, celui de l'Éducation nationale, nos deux professeurs estiment que les élèves doivent obéir aux lois existantes, qui ne sont pas négociables, et que les enseignants sont là pour les encadrer et les protéger, et non pour se soumettre à leur diktat.

Un livre sans connotation idéologique d'auteurs qui aiment leur pays et ont les pieds sur terre !

Yvan Blot

Yvan_Blot






source internet de l'article

   
  impeccablement documenté

4.0 étoiles sur 5         actualité de Renan, 8 février 2009

Par  Edmond Legoutiere  - Voir tous mes commentaires

Très bon petit ouvrage, de lecture facile et impeccablement documenté, dans la même veine que Pour en finir avec la repentance coloniale, précédemment publié par l'auteur. Il donne envie de relire Renan qui définissait la nation comme "l'aboutissement d'un long passé d'efforts, de sacrifices et de dévouement" (Qu'est-ce qu'une nation, 1882). Très salutaire, à l'époque où l'on nous serine que la France est à réinventer chaque matin.

source : http://www.amazon.fr/Faut-il-avoir-honte-lidentit%C3%A9-nationale/dp/2035837065




une certaine idée de la France

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par David Saforcada le Mercredi 7 Jan - 16:41

Faut il avoir honte de l'identité nationale ?, édition Larousse - "à dire vrai", de Daniel Lefeuvre et Michel Renard

un livre à lire pour tous ceux qui croient encore en une certaine idée de la France, loin des clichés "patriote = facho" ...

Secrétaire Général de France Bonapartiste



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Une année de crise
Ivan RIOUFOL

(...) Pour 2009, une conjonction de malaises sociaux et éducatifs se profile, dont la jeunesse  pourrait être le porte-voix. À dire vrai, elle a des raisons de s'estimer bernée par une société qui s'endette sur son dos, la flatte pour mieux la tromper et l'abrutit de son matérialisme. Quand le chercheur Patrick Weil défend (dans Le Monde du 17 décembre) la suppression, pour les concours, des épreuves de culture générale et de langues vivantes parce qu'elles seraient "discriminantes", cette acceptation d'une déculturation, déjà décrite (Bloc-notes du 5 décembre), revient à encourager une régression.

(...) Laisser croire, comme le fait la pensée moutonnière, que seul le pouvoir d'achat serait au centre des préoccupations des gens revient à s'aveugler sur le reste. Or la tension dépasse de simples préoccupations terre à terre, auxquelles le gouvernement devra bien sûr répondre. L'inquiétude collective tient à l'avenir de la nation elle-même. Comme le note Jean-Pierre Chevènement (Sénat, 1er décembre), "l'effacement de la France" est devenu un risque, notamment si devaient triompher "les communautarismes et la perte du lien civique ; antichambre de la guerre civile". Les profanations de lieux de culte sont en cela de mauvais présages. Voilà le vrai défi à relever pour 2009.

Sursaut

S'il doit y avoir un sursaut, il doit apparaître notamment à travers une hiérarchie des réformes et une lucidité face aux menaces intérieures. L'école ne peut plus être cette priorité floue alors qu'elle est au centre de la cohésion sociale affaiblie. Les professeurs Daniel Lefeuvre et Michel Renard doivent être entendus quand ils écrivent : "Il faut admettre que l'islamisme est bien une idéologie de rupture avec la culture occidentale, avec  l'identit" nationale française " (in Faut-il avoir honte de l'identité nationale  ? Larousse). L'extrémisme de gauche partage d'ailleurs avec l'" islam révolutionnaire" de semblables ennemis qui les rapprochent. Quant à l'effet  Obama, qui aura monopolisé une partie de 2008, il ne peut être compris, comme il l'a été en France, comme une incitation à promouvoir des minorités parce qu'elles seraient noires ou arabes. Puisse 2009 donner davantage la parole à ceux et celles qui, comme Malek Boutih, Fadela Amara, Sihem Habchi, Bouchera Azzouz, Malik Benlarbi, etc., défendent la seule méritocratie républicaine et la fierté d'être français.

Ivan Rioufol
Le Figaro, 24 décembre 2008
voir aussi ici


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publié le 11 décembre 2008, Le Point, n°1891
      

La querelle de l'identité nationale

Alain Duhamel

La création d'un ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'identité nationale et du Codéveloppement confié à Brice Hortefeux avait déclenché l'année dernière une controverse théâtrale. Des intellectuels de renom, des associations et des mouvements de gauche avaient vu dans le terme d'«identité nationale» l'ombre du nationalisme et le spectre de la xénophobie. Les sifflets qui ont de nouveau accueilli La Marseillaise lors du match amical de football France-Tunisie ont ravivé les craintes, à droite cette fois-ci, face à ce qui était ressenti comme un refus du patriotisme tricolore et un rejet de l'identité nationale. L'éternelle querelle du sentiment national resurgit donc plus que jamais. L'essai vigoureux, bien informé mais délibérément polémique, que publient deux historiens sous le titre Faut-il avoir honte de l'identité nationale ? (1) paraît donc à point nommé.

Les deux auteurs ont en somme historiquement raison et politiquement tort. Daniel Lefeuvre et Michel Renard n'ont évidemment aucun mal à établir l'ancienneté et l'authenticité du sentiment national français. Qu'il soit apparu durant la guerre de Cent Ans contre les Anglais est un fait. Qu'il se soit caractérisé par le légitimisme monarchique, par la puissance de l'État (spécificité française), par la langue, par la culture, par les sentiments, point de doute non plus. Qu'il ait pris la forme du patriotisme populaire sous la Révolution, qu'il ait alors d'abord plongé ses racines à gauche, au moins jusqu'aux années 1900, certes.

Que le nationalisme se soit ensuite ancré à droite, c'est encore vrai. Nos auteurs, qui avancent bardés de citations incontestables des meilleurs historiens (Braudel, Le Goff, Le Roy Ladurie, Nora, etc.), peuvent revendiquer sans faiblir une identoté nationale légitime et démocratique. En revanche, leur extrême anxiété face à l'islam au sein de notre société si laïque et si sécularisée, leur crainte des langues régionales, leur peur de l'immigration (une constante française qui a toujours eu besoin de trois générations pour s'assimiler, ils le savent) paraissent tout à coup abusives et systématiques. Leur science cède alors le pas à leurs émotions et leur rigueur, à leurs préjugés.

Voilà un reproche que l'on ne peut pas faire à Blandine Kriegel, qui, sur un sujet tout proche, publie avec Querelles françaises (2) un livre original, savant et néanmoins vivant. Il s'agit de la biographie intellectuelle d'une universitaire renommée, spécialiste de philosophie politique, qui a également présidé le Haut Conseil à l'intégration et participé à des rapports retentissants sur la réforme de l'État ou de la justice. Pour la place spécifique de l'Etat dans l'identité française, pour le rôle fondateur du droit dans notre pays, pour les insuffisances criantes de la séparation des pouvoirs en France --notamment l'autonomie contestée du judiciaire -, elle fait preuve d'une belle vigueur, d'ailleurs célébrée avec éblouissement dans la préface ébouriffante et foisonnante d'Alexandre Adler, son mari à la ville

1. Faut-il avoir honte de l'identité nationale ?, de Daniel Lefeuvre et Michel Renard (Larousse, 188 pages, 9,90 €).
2. Querelles françaises. Entretiens avec Alexis Lacroix, de Blandine Kriegel (Grasset, 330 pages, 19,50 €).

Aain Duhamel
publié le 11 décembre 2008,
Le Point, n°1891
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- autre point de vue sur ce compte rendu : blog de la Droite libre


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- Le Figaro Magazine, 29 novembre 2008, article de Jean Sévilla : lire en Pdf

En 2007, la création du ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'identité nationale et du Codéveloppement suscitait la polémique en raison de son intitulé. "Identité nationale", accusaient les détracteurs, est une formule qui renvoie à une conception essentialiste de la nation, source d'intolérance et de fermeture. Daniel Lefeuvre, professeur d'histoire à l'université Paris VIII, et Michel Renard qui enseigne l'histoire au lycée de Saint-Chamond, reprennent la question sous l'angle de la généalogie de l'idée nationale en France. Montrant que la conscience du fait national est apparue dès le Moyen Âge, ils plaident pour son interprétation républicaine, soulignant que le mot "identité" n'exclut pas une invitation à partager un système de valeurs. Sur un sujet qui fâche, un petit livre clair, signé par deux auteurs qui n'ont pas peur de leur ombre.

Jean Sévilla

Faut-il avoir honte de l'identité nationale ? de Daniel Lefeuvre et Michel Renard, Larousse, 192 pages, 9,90€

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- sur le site de "Riposte laïque" :

- édito de Cyrano : "Sommes-nous d'affreux franchouillards si nous aimons notre pays, la France ?"

- compte rendu de lecture par Pierre Cassen, 11 novembre 2008

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Quelques réactions avant la parution de l'ouvrage :

- Gilles sur son blog, à la date du 19 septembre : exigeant.canalblog.com

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- Elisseievna sur son blog, à la date du 28 septembre : blog féministe anti-totalitaire

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Posté par michelrenard à 18:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]