mardi 19 mai 2009

"à toutes les gloires de la nation" (Michel Renard)

4_20090319180327
guerre_sans_dentelle
exposition "La guerre sans dentelles"




quelle relecture ?

à propos de l'exposition "La guerre sans dentelles"

Michel RENARD

L'idée de cette exposition est le principe du "pendant photographique". On interroge le tableau par l'apposition d'une image qui entretient avec lui un rapport de similarité. Exemple, l'entrée d'Henri IV à Paris en 1594 et celle de De Gaulle dans cette même ville en août 1944.

Ou un rapport d'analogie comme celui qui existe entre la prise de Valenciennes par Louis XIV et la sortie des tranchées au cours de la Première Guerre mondiale : la poussée des mousquetaires dans un cas, la charge des fantassins dans l'autre.

Ou encore un rapport thématique (?) comme le parallèle entre la bataille de Friedland (1807) où l'on présente à Napoléon des prisonniers russes, un canon pris à l'adversaire et le cadavre d'un officier ennemi, et cette célèbre photo d'enfants vietnamiens courant devant des soldats américains ou sud-vietnamiens après un bombardement au napalm (8 juin 1972) : dans les eux cas, on voit une espèce d'indifférence face à la douleur Napoléon regarde ailleurs et les Gi's ne se préoccupent absolument pas des enfants.

Parvient-on, pour autant, à "interroger notre histoire et ses représentations et à se poser la question du rapport entre l’événement et l’image médiatique", comme l'ambitionnent les concepteurs de cette exposition...?

Au risque de paraître simpliste, je rappellerai ceci. L'image médiatique, tableau ou photo, doit d'abord être interrogée au regard du double événement constitué par le fait de référence (moment et circonstances historiques du sujet représenté) et le(s) fait(s) de contexte (moment de la réalisation de l'oeuvre, et moment de son usage politico-muséographique). Trois focales chronologiques en quelque sorte. Ce questionnement est la première source de "lecture" des images.

une intelligibilité encore possible ?

C'est un travail de ce genre que Joël Cornette propose aux lecteurs de son ouvrage Le roi de guerre (1993), particulièrement dans ses chapitres "Versailles, temple du roi de guerre" et "la guerre-spectacle de Louis le Grand". Le programme iconographique de la galerie des Glaces devait représenter les campagnes militaires des guerres de Dévolution et de Hollande, écrit Joël Cornette. Et Colbert recommanda de "n'y rien faire entrer qui ne fust conforme à la vérité" (p. 241)

Sous Louis-Philippe, qui fut le créateur politique de la galerie des Batailles, la relation entre l'oeuvre imaginée par l'artiste et la réalité factuelle peut être assumée explicitement par l'auteur du tableau. On sait, par exemple, que le peintre Horace Vernet refusa d'exécuter un épisode dont la réalité historique n'était pas prouvée (la présence physique du Roi lors de l'entrée dans la place-forte de Valenciennes en 1677). La charge artistique échut à Jean Alaux qui accepta de peindre la Prise de Valenciennes.

"Porter un regard plus attentif" sur les tableaux de la galerie des Batailles exigerait que le factuel auquel ils renvoient soit un minimum connu. Mais la dévaluation de l'histoire positiviste, l'anathème lancé contre le continuum chronologique, l'opprobre jetée sur l'identité nationale interdisent toute intelligibilité de ces toiles. On ne les regarde (?) plus que comme les témoins d'un imaginaire national - ce qu'elles sont aussi - en négligeant la part de réalité historique qu'elles évoquent.

Michel Renard

_________________________________________________________


relire la "galerie des Batailles"

de Versailles

au Château de Versailles
Galerie des Batailles
du 12 mai au 6 septembre 2009

Versailles_galerie_bataillesDans le cadre d’une remise en perspective du Musée de l’Histoire de France et de sa réouverture au public, l’exposition La guerre sans dentelles, présentée dans la galerie des Batailles du 12 mai au 7 septembre 2009, confronte peintures et photographies sur le thème de l’image de guerre. Des clichés emblématiques de la photographie de guerre et du photojournalisme prises dans le monde entier seront confrontés aux 33 scènes de batailles de la galerie. Cette confrontation invitera le visiteur à mener une véritable réflexion sur la force et le statut de l’image. Existe-t-il une «vérité» photographique ? Comment l’image devient-elle symbole et icône ? Les reconstitutions filmiques de la peinture sont-elles plus trompeuses que nos reportages actuels ? Ceux-ci sont-ils plus objectifs ?

La galerie des Batailles, installée sur toute la longueur du premier étage de l’aile du Midi, est aménagée par Louis-Philippe en 1837 lorsqu’il crée à Versailles un musée consacré «à toutes les gloires de la France». Véritable construction d’une identité nationale en images, les 33 tableaux qui couvrent ses murs, commandés aux artistes les plus célèbres de l’époque, parmi lesquels saint Louis à la Bataille de Taillebourg par Eugène Delacroix, l’Entrée d’Henri IV à Paris par François Gérard, la Bataille de Fontenoy par Horace Vernet, retracent les épisodes les plus significatifs de l’histoire militaire française, de ses victoires.

1528083323_117e7a0998
Bataille de Bouvines, 27 juillet 1214

De Tolbiac (496) à Wagram (1809), ce parcours en images illustre les plus grands noms du passé français mais aussi européen : Clovis, Charlemagne, Saint-Louis, François Ier, Henri IV, Louis XIV, Napoléon, et au milieu de tous ces personnages, l’aide apportée à l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique.

La galerie des Batailles montre comment une série de sacrifices et de faits de gloire ont resserré le lien national. Les murs sont d’ailleurs ornés des listes de chefs morts au combat. La guerre était un moyen à l’époque de souder l’ensemble de la société dans un projet politique commun.

Cette histoire de France est très datée et on peut se demander comment elle est perçue par un public du XXIe siècle, de surcroît largement international. Mais, ces collections demeurent un élément important de notre imaginaire collectif. On retrouve cette vision irréaliste dans de nombreuses imageries populaires, les illustrations des livres de classe, les bandes dessinées ou encore les films.

Chaque peinture reçoit, durant l’exposition, son pendant photographique, complémentaire ou en opposition. Le but est d’inciter le visiteur à s’interroger et à porter un regard beaucoup plus attentif, à enquêter (en famille, en classe, en couple…) visuellement sur l’image. Le regard croisé entre les clichés et les toiles donne lieu à une lecture dynamique et inédite de l’un et l’autre des supports et de l’histoire elle-même. L’exposition tisse un dialogue original autour d’axes thématiques, de points de rencontres, et ainsi amène le public à une prise de conscience nouvelle de ce qu’il regarde.

3ad5a3ea_444c_11de_ba72_9a434db1a8c2


Les clichés présentés en regard des toiles marquent à la fois des temps forts de l’histoire mondiale depuis le XIXe siècle et de l’histoire de la photographie de guerre. Faisant se côtoyer des vues célèbres et d’autres inconnues, à chaque fois un agrandissement «fait image» face à la peinture géante et, en vitrine, est présentée un des premiers modes de perception de cette photographie, tirage d’époque, parution dans un journal, carte postale, circulation sur le Net…

Les photographies retenues balaient les XIXe, XXe et XXIe siècles, du cliché le plus ancien (une Vue de la Bataille de Gettysburg par Timothy O’Sullivan datée de 1863 pendant la guerre de Sécession américaine, venue spécialement du musée George Eastman à Rochester aux Etats-Unis), au plus récent, pris en République Centrafricaine par Frédéric Sautereau et publié dans Le Monde 2 le 10 mars 2007.

À la diversité des époques, des lieux et des supports (Vu, Life, Paris-Match…mais aussi la bande dessinée avec Le Photographe sur l’Afghanistan) s’ajoutent la diversité des signatures – anonymes, artistes ou grands noms du photojournalisme comme Robert Capa, Marc Riboud, Henri Cartier-Bresson, Don Mc Cullin, etc.

Voilà l’occasion pour tous les publics de venir «relire» ces peintures de bataille, tout en découvrant des aspects de l’histoire mondiale du photoreportage. Voilà l’occasion d’inciter à regarder autrement, à interroger notre histoire et ses représentations et à se poser la question du rapport entre l’événement et l’image médiatique.

source

bataille_iena_napoleon
La Bataille d'Iéna, gagnée contre les Prussiens par l'empereur Napoléon
le 14 octobre 1806 ; elle lui ouvrit la route de Berlin

 

Commissaire de l'exposition
Laurent Gervereau,
historien et historien d’art, président de l’Institut des images

Catalogue de l'exposition
La Guerre sans dentelles
165 x 225 mm, broché à rabats, 128 pages, 81 illustrations
prix : 25 €
Coédition Éditions du château de Versailles/Skira-Flammarion

9782081227590FS

Informations pratiques
L’exposition sera ouverte tous les jours, sauf le lundi, de 9h à 18h30.
Tarifs : 15 € (visite du Château + exposition)
Tarif réduit : 13,50 €

galeriedesbataillesversaill

- retour à l'accueil

Posté par michelrenard à 06:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


samedi 20 septembre 2008

Le départ des volontaires en 1792 (François Rude, 1833-1836)

marseillaise_RUDE



Le départ des volontaires en 1792

François Rude (1833-1836)



marseillaise_RUDE
La Marseillaise
ou Le départ des volontaires en 1792
François Rude, haut-relief, pierre de Chérence (hauteur 12,70 m)
Arc de triomphe de l'Étoile à Paris (1833-36)



François Rude et "le départ des volontaires de 1792"

Célèbre grâce à l’«icône» républicaine qu’il créa pour l’Arc de Triomphe de l’Étoile, Rude eut une carrière atypique due aux événements politiques et à ses engagements personnels. Formé à la fameuse école de dessin de François Devosges à Dijon, Rude monta à Paris en 1807 avec une recommandation pour Denon, directeur des musées et presque ministre des Beaux-Arts et une petite figure en bronze qu’il conserva jusqu’à la fin de ses jours : Thésée ramassant les armes de son père (musée du Louvre) qui montre déjà son goût particulier pour l’efficacité du geste.

Il travailla à la colonne Vendôme tout en s’inscrivant à l’École des Beaux-Arts en 1809. Il concourut pour le prix de Rome et obtint le premier grand prix en 1812 mais ne put partir. Avec le retour des Bourbons, Rude dut s’exiler ; il épousa Sophie Frémiet, la fille de son protecteur, une élève du peintre David qu’ils retrouvèrent à Bruxelles. Il y obtint quelques commandes officielles pour les décors du Théâtre royal et du palais de Tervueren. Il y fit un magnifique portrait de Louis David (musée du Louvre). Il rentra à Paris en 1827 et prit part aux expositions avec
Mercure attachant ses talonnières dont le bronze fut immédiatement comparé à celui de Jean  Bologne.

C’est au Salon de 1831 que Rude fut remarqué par la presse : son Jeune pêcheur napolitain (marbre 1833, musée du Louvre) frappa la critique par sa pose  naturelle et par la jeunesse et la liberté du thème. Dès lors, Rude fut considéré comme l’un des chefs de file de cette nouvelle école de sculpture que l’on n’appelait pas encore «romantique».

Thiers s’adressa à lui pour le décor de l’Arc de Triomphe de l’Étoile, commencé sous Napoléon mais dont le décor fut exécuté sous Louis-Philippe [roi des Français après la Révolution de Juillet 1830]. Le relief du
Départ des Volontaires en 1792 qui orne la pile nord de la face est, vers les Champs-Élysées, entre dans le programme voulu par Louis-Philippe : rassembler tous les Français, qu’ils soient révolutionnaires, bonapartistes ou royalistes. À l’étage inférieur sont représentés des soldats, jeunes et vieux qui partent au combat, entraînés par une Victoire reconnaissable à ses ailes, mais qui fut rapidement vue comme une allégorie de la Patrie.

Du point de vue stylistique, Rude y mêle très habilement les figures nues à l’antique et des détails plus  pittoresques comme le costume du vieux guerrier gaulois. Toutefois, malgré le vocabulaire antique de cette Victoire ailée, casquée et portant l’égide sur la poitrine, telle une Minerve, la violence du geste, le visage aux yeux exorbités, à la bouche déformée par le cri qu’elle hurle  à l’avant des troupes, font de cette figure un des chefs-d’œuvre de la sculpture romantique. Finalement cette allégorie de la Patrie a trouvé une telle résonance dans la sensibilité populaire que le relief est désormais connu sous le nom de «La Marseillaise» ; cette image a été utilisée par tous les partis politiques.

Isabelle Leroy-Jay Lemaistre, conservateur en chef
          département des sculptures, musée du Louvre (source)


______________________________________________________




 

img_1156500620225

Rude, François
Le Départ des Volontaires de 1792, dit "La Marseillaise"

France, 1830 - 1835
Sculpture, Plâtre : Haut-relief
Hauteur : 216 ; Largeur : 134 ; Profondeur : 49
Musée des Beaux-Arts de Dijon
CA 1079 Don : Rondelet, 1868, CA 1079
Photo : François JAY © Musée des Beaux-Arts de Dijon

Le sculpteur dijonnais François Rude est associé au programme du décor sculpté de l'Arc de Triomphe de l'Etoile à Paris, de 1832 à 1836, rappelant les victoires de la République et de l'époque napoléonienne. C'est pour l'un des pieds-droits de ce monument, édifié d'après les plans d'Antoine Chalgrin, que Rude exécute ce haut-relief sur le thème du départ des Volontaires de 1792, plus communément intitulé "La Marseillaise".

Sur cette maquette originale en plâtre se lit la transposition à l'antique d'un événement de l'épopée révolutionnaire. Le Génie de la Liberté, les ailes déployées, entraîne de la voix et du geste les volontaires de tous âges appelés à la défense des frontières, dans une composition dynamique et équilibrée.

Les souvenirs classiques (le traitement de l'anatomie, les drapés, les cuirasses et les armes...) s'allient à un nouveau souffle romantique (gestes véhéments, expressions marquées des visages, mouvements...), plus accentué encore dans la réalisation finale de près de 13 m de haut où l'on note quelques variantes (remplacement des draperies et des peaux de bête par des pièces d'armures).

Après le "Petit Pêcheur napolitain", remarqué au Salon de 1831, "La Marseillaise" consacre enfin la renommée de cet ancien élève de l'École de dessin de Dijon, fixé définitivement à Paris en 1827, après plusieurs années d'exil sous le règne des Bourbon.

extrait de : Le musée des Beaux-Arts de Dijon, RMN, Musée des Beaux-Arts de Dijon,
Paris, 2002 (notice de Catherine Gras) (source)



8


______________________________________________________



l'Arc de Triomphe et le décor sculpté des quatre piles

arc


volontaires
Le Départ des Volontaires de 1792
, communément appelé
la Marseillaise, par François Rude

triomphe
Le Triomphe de 1810, par Jean-Pierre Cortot, célébrant la paix
de Vienne. Le personnage central est Napoléon Ier



resistance
la Résistance, par Antoine Etex


paix
La Paix
, par Antoine Etex


 

- retour à l'accueil  

Posté par michelrenard à 06:31 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

samedi 6 septembre 2008

anciens manuels d'histoire de France

images de l'histoire de France

anciens manuels




00000005
cliquer sur l'image pour l'agrandir


bara
cliquer sur l'image pour l'agrandir


charlemagne1
cliquer sur l'image pour l'agrandir


charlemagne2
cliquer sur l'image pour l'agrandir


___________________________________________________



N_22___JEANNE_D_ARC_A_ORLEANS
Jeanne d'Arc


N_48___PRISE_DE_LA_BASTILLE
prise de la Bastille



N_68___JAURES
Jean Jaurès et les mineurs de Carmaux


N_69___VERDUN
Première Guerre mondiale






- retour à l'accueil

Posté par michelrenard à 01:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]