jeudi 6 novembre 2008

identité nationale et politique de l'immigration (Rama Yade)

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L’identité nationale

ne veut pas dire la pureté raciale


Rama YADE


France Info - Cela ne vous choque pas qu'on ait instauré un ministère de l'Identité nationale ?
Rama YADE
: L’identité nationale ne veut pas dire la pureté raciale, sinon je ne ferais pas partie de ce gouvernement. Dans l’idéal, il faudrait que même les personnes issues de l’immigration se sentent partie prenante de cette identité. L’identité nationale est une expression dans laquelle, je pense, tout le monde, quelle que soit son origine, devrait pouvoir se retrouver.

La Marseillaise, le drapeau français, ces attributs de la nation appartiennent également à des gens comme moi, tout comme aux jeunes issus de l’immigration…

Alors il y a la question de savoir ce que fait ce ministère, à savoir la gestion de l’immigration, ce qui suppose des expulsions de temps en temps. Mais c’est une chose ce que l’on peut ressentir personnellement, et c’en est une autre la gestion d’un État et d’un pays. Cela suppose de ne pas être emporté seulement par un idéal ou par des principes, mais aussi par la responsabilité. Est-ce que s’occuper des droits de l’homme signifie ouvrir les frontières et laisser rentrer tout le monde ? Je ne suis pas sûr que ce serait responsable.

Je pense même que les droits de l’homme seraient sérieusement remis en cause parce que tous ces gens qui rentreraient n’auraient pas d’emplois, pas de logements, et à ce moment-là on dirait «mais que fait la secrétaire d’État aux droits de l’homme ?» La gestion de l’immigration a un aspect quelque peu désagréable pour ceux qui en ont la charge, mais en même temps le principe de responsabilité veut qu’il faille poser une limite à l’immigration dans le nombre.

extraits d'une interview recueillie par Philippe Triay pour France 2,
4 novembre 2008, 15 h 02 (texte complet)

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Rama Yade, secrétaire d'État
aux droits de l'homme, représentant la France
à la tribune de l'ONU le 20 mai 2008

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mardi 4 novembre 2008

"Vichy" - Vichy et la politique migratoire

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"Vichy" / Vichy

ou la malheureuse métonymie

Michel RENARD


"Soyez maudits jusqu'à la septième génération" aurait lancé à ses tourmenteurs Jacques de Molay, le maître de l'Ordre du Temple, le 19 mars 1314 au moment de monter sur le bûcher. En irait-il de même pour la ville de Vichy ? Maudite jusqu'à la septième génération, ou plus encore ?

Le régime pétainiste de l'État français a pourtant été jugé, son idéologie dénoncée, son racisme et son antisémitisme flétris, ses responsables condamnés après 1944. Pourquoi la sous-préfecture, et deuxième ville de l'Allier par sa population, qui n'a pas choisi d'abriter la capitale de l'État français en 1940, porterait-elle l'opprobre aujourd'hui encore ?

Tout le monde sait les raisons qui ont conduit le gouvernement du maréchal Pétain à s'installer dans la ville thermale : l'importance de l'infrastructure hôtelière, la relative proximité de Paris, l'existence du central téléphonique moderne de l'hôtel des Postes... Les habitants n'ont pas accueilli le régime du maréchal plus favorablement qu'une quelconque autre ville française. Après guerre, ils ne se sont pas montrés attachés à la "Révolution nationale" que la Libération venait de renverser.

La facilité langagière qui consiste à nommer Vichy le régime pétainiste, toute sa politique et toute la période de la Collaboration entre 1940 et 1944, a ses limites. On ne devrait souffrir de cette métonymie soixante après. Ou alors faudrait-il en aller de même avec Bordeaux, capitale de toutes les défaites (1870, 1914, 1940), avec Lyon où officia Barbie, avec Paris qui vit la rafle du Vel d'Hiv et dont les bâtiments administratifs et les hôtels furent occupés en grand nombre par les autorités nazies...

La ville de Vichy devrait donc pouvoir accueillir une réunion politique ministérielle, européenne ou autre, sans que celle-ci soit "plombée" par le souvenir de "Vichy, 1940-1944". C'est le sentiment qu'a exprimé la secrétaire d'État à la Ville.

En effet, selon l'AFP (4 novembre), Fadela Amara "trouve dégueulasse" de continuer à traiter la ville de Vichy, où se tient lundi et mardi la conférence ministérielle européenne sur l'intégration, en "pestiférée". "Je trouve dégueulasse", a affirmé mardi sur I Télé Fadela Amara qui était hier à Vichy, "de vouloir rendre la ville de Vichy comme pestiférée de notre histoire".

Par ailleurs, qualifier toute tentative de politique migratoire de "raciste", de "ségrégationniste", venir manifester en habits rayés évoquant les déportés concentrationnaires, tout cela relève du même mésusage des références historiques. Cela ne vaut pas mieux que le slogan "CRS = SS" de 1968.

On récolte le fruit d'un affaissement de l'enseignement de l'histoire, d'une réduction du choix politique à un binôme simpliste (gentil/méchant), de la légèreté avec laquelle on a adjectivé le terme citoyen pour l'étendre à n'importe quelle activité ou situation ("école citoyenne" et autres désinvoltures), de la mécompréhension des épisodes vraiment tragiques de l'histoire du XXe siècle dont on annonce la réédition à chaque campagne propagandiste sans aucun souci de responsabilité politique.

Détecter dans toute politique de droite (sans parler de l'extrême-droite) un syndrome fascisant ou pétainisant est non seulement une paresse de l'esprit devant l'exigence d'avoir à penser le nouveau, mais aussi une insouciance coupable devant les vrais devoirs de mémoire. Cette dernière formule commence à m'indisposer tellement elle sert et contre-sert, car si elle était réellement réfléchie, on ne divaguerait pas ainsi. On ne dirait pas  que la conférence de Vichy est vichyste. Le passé ne serait plus ce réservoir d'incriminations dans lequel on puise sans aucun respect de l'intelligibilité historique.

Michel Renard

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iconographie des mésusages du passé historique


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les parallèles pseudo-historiques d'une mauvaise propagande


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la lepénisation puis l'hitlérisation de Nicolas Sarkozy sont des hyperboles imbéciles
qui finissent par méjuger les références historiques qu'elles utilisent en les rendant 
indéchiffrables

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manifestants contre la politique migratoire européenne :
le fait politique n'est plus analysé mais seulement stigmatisé à l'excès


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mardi 28 octobre 2008

"faire exploser l'identité française"...

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"faire exploser l'identité française"...

le projet politique des "Indigènes de la République"


Né en janvier 2005, le mouvement dit des "Indigènes de la République" intervient en politique en mobilisant les catégories du passé colonial de la France et en affirmant que les "discriminations" qui affectent différentes couches de la population sont la redondance de l'injustice et des inégalités coloniales.
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nationalité française et identité française

Plus encore, il porte un discours d'hostilité à l'égard de l'identité française qui dépasse de loin les reproches relatifs aux "discriminations". Jérémy Robine, un doctorant en géopolitique (université Paris VIII) a recueilli les propos de l'animatrice des "Indigènes", Houria Bouteldja [photo ci-contre] pour son article, "les «indigènes de la République» : nation et question post-coloniale", paru dans Hérodote (n° 120, premier trimestre 2006, "la question coloniale" - lire l'article en entier).

On y lit l'imprécation généralisée contre l'identité française, la revendication d'un ailleurs radicalement autre ("on n’est pas sur la même planète, et on ne parle pas avec leurs mots"). Sur ce point, elle a tort, puisque son langage porte l'estampille du vocabulaire et des postures de l'extrême ou de l'ultra-gauche tels qu'on les connaît depuis les années 1960 auxquels se mêlent les références d'un anticolonialisme recyclé sans vergogne malgré son anachronisme évident.


je ne revendique pas d’être française

Sur le site des "Indigènes de la République", on peut lire le texte d'une interview de Houria Bouteldja par Chiara Bonfiglioli (Contretemps n° 16, 11 mai 2006), dans laquelle est formulée la distinction entre la nationalité française et l'identité française : "nous Indigènes, on ne veut pas être français. Ce n’est pas notre problème d’être français. Pour moi être française, c’est un hasard. On est français comme on est chinois comme on est italien, ce que tu veux... moi je m’en fous complètement, je ne revendique pas d’être française. Moi je revendique d’être l’égale des autres. Tout en pouvant, pourquoi pas, rester algérienne. Il se trouve que moi je suis française de nationalité" (source).

Ces positions constituent une rupture avec l'héritage de la lutte des immigrés qui, depuis les années 1970, bataillaient pour l'égalité en France et non contre la France - quelle que soit, par ailleurs, la complexité du rapport intime avec l'éventail des éléments constitutifs de l'identité française.

Quant au hasard de la naissance, je suis bien d'accord. Mais la Classe_de_CP__1974_1975____492_Kovie suit la naissance, et qu'elle se déroule dans tel pays ou tel autre n'est pas sans conséquences sur la formation de l'identité d'un individu, sur les cadres culturels et sensibles avec lesquels il appréhende le monde. La vie ne se réduit pas au statut juridique ("l'égalité") des habitants d'un pays. On ne peut donc se foutre de la culture qui vous a institué comme sujet pensant et ressentant.


il n’y a rien à faire dans ce pays

Voici donc le raisonnement de la fondatrice des "Indigènes de la République", recueilli par Jérémy Robine :
"Pourquoi on organise cette première réunion ? Parce qu’on se dit qu’il n’y a rien à faire dans ce pays, c’est-à-dire qu’on n’y croit plus, on ne croit pas à la possibilité même du débat, on ne croit pas à la possibilité d’une alternative politique. On voit une espèce de rouleau compresseur qui va nous passer dessus et dont on sera les premières victimes, on voit un contexte international qui ne va pas arranger les choses, on voit la mise en œuvre de politiques répressives de plus en plus intenses... Et des médias à la botte des politiques d’État, les émissions de télé avec de faux débats, des faux subversifs de la télé française qui sont en fait des propagandistes de la pensée dominante, des débats où sont mis en scène des caricatures, des gens qui sont censés représenter ce que le Français moyen pense que doit être un Arabe, ou un Noir, donc l’imam est une caricature, la fille soumise est une caricature, la fille voilée, la racaille de banlieue... donc on est encastrés dans des identités figées".

J'aimerais savoir ce qu'est une "alternative politique" à une société définie comme "colonialiste"... La lutte anticoloniale a abouti dans les années 1960 à l'indépendance des États qui se sont séparés de la domination (et de la présence) des Européens. Comment cela se traduirait-il en France aujourd'hui ? Le mouvement des "Indigènes de la République" discute, ces derniers temps, de sa transformation en "Parti des indigènes".  Quel type de société, quel type d'identité ce parti "des indigènes" proposerait-il à la France, eux qui se foutent d'être français ?

L'euphémisation qui évoque un "contexte international qui ne va pas arranger les choses" est une dérobade trop simple pour ne pas évoquer les courants régressifs et agressifs de l'islam mondial. Que pensent les "Indigènes de la République" du fondamentalisme musulman ? de l'islam politique ? Les valeurs portées par ces courants constituent-elles des références positives d'un combat pour l'émancipation, pour la justice et la dignité ?


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la place politique des post-coloniaux

Houria Bouteldja : "En ce qui nous concerne, les postcoloniaux, il n’y a pas de place et il n’y en a jamais eu en réalité, pas d’existence politique pour nous. Donc le constat c’est que si on veut se faire une place dans le débat politique, il faut la conquérir, c’est-à-dire faire exactement le contraire de ce qu’a fait Tariq Ramadan, qui pensait qu’on pouvait discuter et débattre. Il pensait qu’on était dans un système qui offre cette possibilité, il pensait qu’on est dans un système démocratique par exemple... Nous, on n’y croit pas, donc on a décidé de promouvoir un projet de rupture politique, donc un projet qui n’est en aucun cas de discuter avec les dominants, de débattre avec eux : on s’adresse aux populations concernées par notre projet. [...] on n’a pas la prétention de faire la révolution. Un discours de rupture donc, qui fait état d’un continuum colonial. On n’est pas les seuls à le dire, nous, on le ressent dans notre intimité, mais il y a des travaux scientifiques. On fait donc une analyse qui est celle du postcolonialisme".

Le confusionnisme continue. D'abord, quels sont ces travaux "scientifiques" qui auraient établi la validité intellectuelle de la catégorie de "postcolonialisme"...? Ils n'existent pas. Le "postcolonialisme" est une référence qui permet à des courants comme l'Achac (Pascal Blanchard, Nicolas Bancel...), promoteur de la "fracture coloniale", de légitimer des revendications de postes à occuper dans l'université française ou des demandes de subventions pour leurs initiatives militantes et/ou commerciales en arguant du fait que les postcolonial studies auraient le vent en poupe dans les autres pays.

Aucun historien sérieux n'a produit de travaux s'appuyant sur l'idée de "postcolonialisme" ; ce sont des "spécialistes en sciences sociales" ou des politologues qui se gargarisent de la notion, c'est tout.

Je renouvelle ma question. Quelle place les "postcoloniaux", définis comme tels, peuvent-ils revendiquer dans le champ politique ? La politique se définit - en tout cas dans l'espace républicain - par l'affrontement de conceptions générales opposant des choix économiques, sociaux, symboliques et culturels... Les "Indigènes de la République" n'en sont pas le moins du monde porteurs. Leur intervention politique ne semble relayer que la tentative "communautariste" de faire éclater le liant national et historique de la France, du moins ce qu'il en reste.



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les frontières "emmerdaient" déjà l'armée allemande quand
elle envahit la Pologne en septembre 1939...

l'État-nation m’emmerde,

Houria Bouteldja : "Les frontières m’emmerdent, l’espace est à tout le monde, on est partout chez soi... L’État-nation m’emmerde, c’est ce qui produit le racisme, pour moi [...], ça crée des frontières, ça homogénéise les populations, sur des bases raciales, ethniques, ou religieuses, et donc, pour la France, ceux qui ne sont pas catholiques, blancs, ils ne sont pas vraiment français. Les juifs par exemple, ils ne sont pas vraiment français : ils sont plus français que les musulmans, mais ils sont dans la périphérie. [...] Nous, ce qu’on veut montrer, c’est qu’il faut que la France repense l’identité française.
L’identité française doit exploser, elle est étriquée aujourd’hui. Il faut repenser la question de la citoyenneté. Le problème c’est qu’en France la nation est ethnique, l’identité est très ethnique. Un Antillais, qui est français depuis quatre cents ans [au plan juridique], eh bien il n’est pas français [au plan de l’identité nationale], parce qu’il est noir. [...] C’est la communauté majoritaire qui donne le la. En périphérie elle est juive, [les juifs] qui ne sont pas tout à fait des Français comme tout le monde, ils auraient tort de le croire, ils ne sont pas réellement considérés comme des Français,
dans l’imaginaire dominant le juif est en périphérie, et ne 1709509700parlons pas des Arabes et des musulmans, ils sont carrément à l’autre bout, là-bas... Je pense qu’aujourd’hui le Français doit accepter sa part arabe, et musulmane... et sa part africaine, antillaise, berbère, et sa part chinoise s’il y a des Chinois... et nous-mêmes, on doit accepter tout ça, je dois accepter ma part chinoise [...] c’est prendre acte de toutes les composantes de la société, c’est la réactualisation de l’identité en fonction des gens qui sont là".

Houria Bouteldja disait, ci-dessus, son souhait de "rester algérienne". C'est son droit. Mais qu'est-ce que l'Algérie aujourd'hui sinon une nation pourvue de frontières au sein desquelles "tout le monde" n'est pas "chez soi" ? Une nation qui se définit, constitutionnellement, par le lien organique avec une religion, l'islam ? Pourquoi donc ce qui serait légitime pour l'Algérie ne le serait-il pas pour la France (à l'exception du lien avec une religion, bien sûr, car la France est laïque) ? Si tout État-nation produit du racisme, il faut appeler à la destruction de toutes les entités politiques de ce genre...

La nation n'est pas "ethnique" en France. Mais elle n'est pas non plus la seule expression d'une appartenance juridique (posséder la nationalité). La France est une nationalité et une identité, en fait des identités liées par une histoire commune. La "réactualisation" est légitime mais à partir de ce qui constitue l'être historique de la France, sinon elle disparaîtrait, libanisée, balkanisée, "explosée"...

Michel Renard

- "faire exploser l'identité française" : vidéo

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la France est une nationalité et une identité

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mercredi 15 octobre 2008

La Marseillaise sifflée au Stade de France

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La Marseillaise encore sifflée

dans un stade

après avoir été admirablement chantée par Lââm


Une Marseillaise magnifiquement chantée par Lââm qui ne s'est pas laissée intimider par les milliers de sifflets décidés à salir l'hymne national de la France. C'était le mardi 14 octobre 2008 lors du match de football amical entre la France et la Tunisie.

Comme cela avait été le cas lors du match, également amical entre la France et l'Algérie, le 6 octobre 2001, et lors du match entre la France et le Maroc le 16 novembre 2007 (sans oublier le match Bastia-Lorient, en finale de la Coupe de France, le 11 mai 2002).

Face à ces récurrences symptomatiques, certains continuent à faire la politique de l'autruche. Un ancien membre de "l'équipe du pacte présidentiel" de Ségolène Royal en 2007, Claude Bartolone, propose de supprimer les hymnes lors des rencontres de football... Alors que l'année dernière, il approuvait une candidate qui proposait que tous les Français détiennent chez eux, et affichent, le drapeau national, il suggère aujourd'hui de faire disparaître ce même drapeau...


faillite de la politique de transmission
de notre Histoire collective

François Copé, par contre, a exprimé son "incompréhension" devant l'attitude de "certains jeunes Français qui ne se reconnaissent pas dans la France, dans ses valeurs et qui finissent par siffler l'hymne de leur pays. C'est le symptôme d'une certaine faillite de notre politique d'intégration, de la politique de transmission de notre Histoire collective". D'accord. Mais pourquoi, dans ce cas, envisager de se débarrasser de l'histoire-géographie dans les classes de Première et de Terminale au lycée...?

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Lââm chantant La Marseillaise au Stade de France, le 14 octobre 2008

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Lââm chantant La Marseillaise au Stade de France, le 14 octobre 2008

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Lââm chantant La Marseillaise au Stade de France, le 14 octobre 2008

Il faut remarquer que ne sont en cause ni "les" Algériens, ni "les" Marocains, ni "les" Tunisiens en général mais des individus issus de ces pays, habitant en France et, probablement Français pour le plus grand nombre. Parmi ces derniers, un tel comportement est loin d'être partagé ; il engendre même de la honte. Pas de généralisation, donc.

On dira cependant notre désaccord avec le propos tenu par Lââm, interviewée au lendemain des incidents et disant, en substance, qu'il faut aller voir en banlieue ces jeunes qui n'ont rien et qui ne sont pas intégrés. Ce n'est pas vrai qu'on n'ait rien en banlieue. Il y a toujours l'école, les installations sportives, les services sociaux, le professionnalisme de leurs agents et le dévouement de nombreuses bonnes volontés...

Désaccord aussi avec Pierre Haski du site Rue89, qui croit lire dans ces événements un effet du "débat faussé sur l'identité nationale" (...!). Abusant de la thématique victimaire, il écrit : "On ne peut pas stigmatiser et mépriser en permanence et ne pas en récolter les fruits de temps en temps. Sous la forme extrême d'émeutes, ou celle, soft, de sifflets symboliques". Mais où donc s'expriment cette "stigmatisation" et ce "mépris" permanents ? Parler d'identité nationale, est-ce du mépris dans l'esprit de Pierre Haski ?

Deux questions restent posées : 1) une partie de cette jeunesse issue d'immigrations principalement maghrébines a-t-elle le désir de s'intégrer à la culture et aux valeurs françaises ? (certains de ses porte-parole "communautaro-religieux" disent non, explicitement non) 2) l'État et ses institutions veulent-ils toujours, comme c'est la tradition française, "assimiler" les immigrés ? veulent-ils assumer l'héritage historique de notre pays et sa mise en valeur ?

Lââm est une chanteuse française née à Paris, en 1971, dans une famille d'origine tunisienne. Son interprétation de La Marseillaise au milieu d'un stade massivement hostile fait honneur à un chant qui a su affronter l'adversité et susciter l'espérance. La Marseillaise se remettra de ces sifflets. Mais le sentiment de cohésion d'une nation autour de valeurs communes fait défaut. Le "consentement actuel, le désir de vivre ensemble" (Renan) semblent assez lâches. Il est temps de "réapprendre la France" (Jean Paulhan, 1939). De la réapprendre à tous (1).

Michel Renard

Identit__nationale_couv_d_f(1) De la réapprendre aux joueurs de l'équipe nationale, pour commencer..., eux qui remuent à peine les lèvres sans que n'en sorte aucune parole de l'hymne...



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         sifflets contre La Marseillaise
; il est temps de réapprendre la France à tous.


* plusieurs enregistrements de cette Marseillaise sont disponibles :

- http://www.leblogtvnews.com/article-23751393.html

- http://www.news-de-stars.com/l%E2%E2m/laam-interprete-la-marseillaise-sous-les-sifflets-lors-de-france-tunisie_art9162.html

- http://top-news.fr/video-la-marseillaise-de-laam-siffle-pour-france-tunisie/


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Faut-il avoir honte de l'identité nationale ?, un livre de Daniel Lefeuvre et Michel Renard, à paraître en librairie le 3 novembre 2008 (éditions Larousse, collection "à dire vrai" dirigée par Jacques Marseille)

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samedi 27 septembre 2008

à propos d'un livre de Vincent Duclert

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identité démocratique, identité nationale

à propos d'un livre de Vincent Duclert

Commentaire formulé à la lecture d'un compte rendu du livre de Vincent Duclert, La France, une identité démocratique. Les textes fondateurs (Seuil, mars 2008).

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place de la Nation, Paris

L’identité démocratique n’est que l’une des facettes

de l’identité nationale

26 septembre 23:17, par  Michel Renard

Je n’ai pas encore lu l’ouvrage de Vincent Duclert. Mais la phrase qui en ouvre le compte rendu : "si la France a une «identité», celle-ci est profondément démocratique, fondée sur des idéaux qui remontent aux Lumières et à l’Antiquité" montre que Vincent Duclert a choisi une identité française contre une (d’)autre(s).
En attendant de lire son livre, je fais l’hypothèse que "ma" France doit se rapprocher de la sienne. Mais l’identité nationale ne peut être que l’expression des deux France, des courants qui se sont opposés au cours de sa longue histoire et qui ont configuré une anthropologie, des types de sociabilité, des référents culturels et littéraires... et pas seulement des options politiques. L’identité démocratique ne peut être que l’une des facettes de l’identité nationale.

Michel Renard co-auteur avec Daniel Lefeuvre de
Faut-il avoir honte de l’identité nationale ?
(Larousse, 22 octobre 2008).

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présentation par l'éditeur du livre de Vincent Duclert

Depuis plusieurs mois, il se dit que l'identité française serait exclusivement nationale. Et depuis le 31 mai 2007, un ministère se consacre à l'Immigration, à l'Intégration, à l'Identité nationale et au Codéveloppement. Pourtant, c'est aussi une identité démocratique que la France s'est donnée au cours des siècles. Non pas exclusive de la nation, mais la nourrissant de ses valeurs politiques de liberté, de tolérance et de justice.
Voici une défense et illustration de la démocratie à la française, qui fait entendre la voix de ceux qui en ont été les inspirateurs ou les maîtres d'œuvre : de Michelet à de Gaulle, d'Olympe de Gouges à Simone Weil, de Victor Hugo à Aragon, de Zola à Éluard, de Péguy à Jean Moulin, de Rousseau à Clemenceau, de Mauriac à Mendès France.
Une plongée salutaire dans les textes fondateurs d'une identité aujourd'hui contestée.        

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l'identité démocratique n'est que l'une des facettes de l'identité nationale


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