lundi 22 septembre 2008

la nation française de Seignobos, jugée par Lucien Febvre

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l'histoire sincère de la nation française

de Seignobos

jugée par Lucien Febvre (1933)


Lucien Febvre a sévèrement jugé le livre de Charles Seignobos, (1854-1942), Histoire sincère de la nation française, paru en 1932. On croit souvent que la cause en serait une vision nationaliste et intégralement événementielle de la nation que l'historien fondateur des Annales aurait pourfendue sans ménagement dans son article publié par la Revue de synthèse en 1933. Il n'en est rien. C'est presque l'inverse qui est vrai.

L'ouvrage de Seignobos avait été annoncé comme "la Vérité contre la Tradition" d'où l'usage du terme "sincère" dans le titre. Lucien Febvre se gausse de cet adjectif et ne relève que "trois ou quatre boutades" en fait d'audace. Parmi lesquelles deux allusions à la Gaule et à Jeanne d'Arc qui évitent soigneusement de parler de "nation" et de "patriotisme".

Or, Lucien Febvre reproche à Seignobos son refus du terme de "nation" au sujet de la Gaule, contrairement au travail de Camille Jullian (1859-1933). Et moque l'auteur de réduire Jeanne d'Arc à un loyalisme partisan. Il lui oppose le projet de Vidal de la Blache (1902) de "rechercher comment et pourquoi des contrées hétérogènes, qu’aucun décret nominatif de la Providence ne désignait pour s’unir dans un certain ensemble, ont cependant fini par former cet ensemble", la nation.

Michel Renard

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Histoire «sincère», donc «intrépide» : la pente des vertus est glissante. Écoutons Charles Seignobos dans sa Seignobos_hist_sinc_rePréface : il parlera «sans réticence, sans aucun égard pour les opinions reçues, sans ménagement pour les convenances officielles, sans respect pour les personnages célèbres et les autorités établies». Le grand serment. Résultat de tant d’audace ? En 520 pages, trois ou quatre boutades.

Voici Vercingétorix sur son Mont-Auxois. Toujours alerte, Charles Seignobos, grimpant sur le morne piédestal du vaincu d’Alésia, s’en va gentiment lui tirer les moustaches (p.-30). Un héros national ! À d’autres ! Et que nous veut cette invention de «patriotes rétrospectifs» ? Il n’y avait pas de «nation» en Gaule au temps de Vercingétorix : affirmation péremptoire qui suffit évidemment, en bonne méthode, à jeter par terre les conclusions contraires d’une Histoire insincère de la Gaule à quoi, comme chacun sait, Camille Jullian a consacré sa vie ? — Les Gaulois n’ayant «jamais formé une nation», Vercingétorix ne peut avoir été le héros «national» des Gaulois. C. Q. F. D.

Ne notons pas qu’ici Seignobos semble avoir une idée précise de ce qu’il faut entendre par «nation» ; il aurait bien dû, nous l’allons voir, tirer parti de cette précision lorsqu’il formait le dessein de son livre. Ne demandons pas non plus ce que fut, «en vérité», Vercingétorix. «Un chef arverne ayant servi dans l’armée romaine», répondrait Seignobos (p. 30) et qui, «un soulèvement général» ayant éclaté en Gaule (général, non pas national, vous l’entendez assez), fut prié de prendre la tête d’une «ligue de guerre contre les envahisseurs étrangers». — En somme, un commandant en chef de forces interalliées ? Alors, qualifions Vercingétorix de «héros polynational des Gaules» et n’en parlons plus. Les «patriotes rétrospectifs» y pourront voir une promotion, et la sincérité de Seignobos s’épanouira d’aise.

Il y a Jeanne d’Arc aussi... C’était prévu. Incarnation du patriotisme ? Allons donc ! fadaises à la Michelet, ce Michelet qui n’avait pas la Méthode. (Ce qui n’empêche pas que la seule Jeanne d’Arc intelligible que nous ayons, jusqu’à présent, ce ne soit toujours la Jeanne d’Arc de Michelet ... ) — Jeanne d’Arc ? Une partisane, sans plus (p.-201). «Son loyalisme s’adressait au roi de son parti, plutôt qu’au roi de la nation française,» Ce n’est pas nouveau et c’est simple ; si simple que je comprends mal. D’abord, si l’un des deux partis, le bourguignon, était apparu comme l’allié de l’étranger, et que ce ne fût pas, précisément, celui de Jeanne ? Surtout, roi d’un parti, roi de la nation, je ne comprends pas. Mais je voudrais savoir ce qu’était le roi de France, à cette date, dans l’opinion commune des hommes. Toute la question gît là.



on demande à l'historien d'expliquer

Car, un historien, on ne lui demande pas de dire (sauf dans les journaux, quand on l’interviewe ; mais alors, il ne s’agit plus d’histoire) — si, oui ou non, Vercingétorix et Jeanne d’Arc méritent le titre de «héros nationaux». On lui demande d’ «expliquer» l’un et l’autre de ces personnages historiques. «Résistance à l’étranger», j’y reviens et ce n’est pas ma faute si le professeur d’histoire m’y incite après le «métaphysicien» : je voudrais savoir ce que, dans l’esprit des Gaulois soulevés «généralement» contre Rome, cette formule pouvait représenter d’idées et de sentiments, sans doute radicalement différents de nos idées et de nos sentiments à nous ? Donc, ce qu’incarnait réellement le chef commun de cette résistance, Vercingétorix ? Ou encore, ce que les «Armagnacs» du temps de Charles VII pouvaient mettre derrière leur lutte «contre les bandes au service du roi d’Angleterre» ?

En d’autres termes, m’apprendre ce qui animait à la lutte Jeanne et ses compagnons, ce qu’étaient pour eux le roi qu’ils combattaient et le roi qu’ils soutenaient, voilà ce que je demande à l’historien. Et, s’il ne peut satisfaire mes curiosités, qu’il dise du moins : «J’ai cherché. Les questions que je me suis posées, les voici. Je n’ai rien trouvé. Demain, peut-être, un autre, plus heureux...»

La porte ouverte, toujours. Des mises en place, non des déboulonnements. Des programmes d’enquête et non des boutades pour ennuyer X... ou dire son fait à Y... De la sincérité ? affaire à vous. Mais du sens historique, oui. Je veux dire : un effort constant, tenace, désespéré pour entrer, et faire entrer le lecteur dans la peau même des hommes d’autrefois.


quelle est la "nation" de Seignobos ?

Cela dit, quel a été, exactement, le dessein de Ch. Seignobos ? Qu’a-t-il voulu nous donner ? Histoire de la nation française, répond le titre : c’est précisément ce que réclamait Benda, — Julien Benda dont la thèse s’oppose si catégoriquement à la thèse de Ch. Seignobos, et qui, sur ce qu’il entend par Nation, ne laisse planer aucune sorte de doute. Mais Seignobos : «J’ai voulu faire une esquisse de l’histoire de l’évolution du peuple français». Donc, peuple français égale nation française ? Est-ce bien sûr ? — «Montrer en quel temps, continue Seignobos, en quel lieu et par quels motifs se sont créés les usages, les institutions, les conditions de vie qui me paraissent former le fondement de la nation française...»

Nous voici loin de la Nation au sens de Benda, en pleine «histoire de la société», ou des sociétés qu’aux époques diverses les Français de toutes les conditions, de tous les états, de toutes les cultures ont constituées, le fort portant le faible, comme disaient les fiscaux ? — Est-ce bien sûr encore ? En cent passages, Seignobos témoigne d’une conception toute majoritaire de sa «nation française».

La masse, voilà ce qui le préoccupe. En vertu d’un raisonnement singulier et qui révèle la plus étrange conception qui soit du rôle des idées et de la façon dont elles se propagent, il lui sacrifie les Arts, les Sciences, les Lettres. Il lui dédie, par contre, les faits de la vie quotidienne : n’ont-ils pas toujours formé «l’intérêt principal de la vie de l’énorme majorité des individus ?» — Alors quoi ? On s’y perd. Histoire de la nation, ou du peuple français, ou du peuple de France, ou des masses populaires ? Une sarabande, et dans un livre d’éducation publique, faut-il dire, dès le début, un bon exemple ? (…)



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Lucien Febvre (1878-1956)


comment des contrées hétérogènes ont-elles fini

par former un ensemble ?

Car nous pouvons maintenant aller droit au fait. Seignobos n’a point écrit son livre pour le vain plaisir de noircir du papier. Ou je me méprends totalement sur son compte, ou il s’est proposé de créer un livre d’éducation populaire, susceptible d’une large diffusion. Livre d’éducation et, en même temps, il faut le supposer, livre d’initiation à l’histoire, à ses méthodes, à son esprit, à son objet ? Jugée de ce double point de vue, que dire de l’Histoire sincère ? Qu’elle est, en vérité, déconcertante. Et d’abord par son conformisme. Car ce livre est, d’un bout à l’autre, traditionnel.

La conception de son sujet ? Seignobos l’a prise dans le domaine public. Tout au long de son livre, il fait de la France un «donné tout fait», un lit prédestiné qui, dès la première page de l’Histoire sincère, attend, toutes couvertures providentiellement faites, que l’Élu s’y couche ? Et cependant l’ai-je rêvé, que Vidal de la Blache dans son Tableau, il y a trente ans, a magistralement posé le vrai problème : rechercher comment et pourquoi des contrées hétérogènes, qu’aucun décret nominatif de la Providence ne désignait pour s’unir dans un certain ensemble, ont cependant fini par former cet ensemble : celui, en l’espèce, que pour la première fois nous saisissons dans les textes de César dessinant par ses «limites naturelles» une Gaule, préfiguration approximative de notre France ?

Mais former un tel ensemble, c’est beaucoup et ce n’est rien. Car il ne vaut que s’il s’est maintenu. Cent ensembles différents auraient pu se constituer, et se sont constitués temporairement, qui n’ont pas duré et que nous négligeons parce que l’histoire n’enregistre que les réussites. Comment, pourquoi, malgré tant «d’offres», comme aurait dit Lavisse, tant d’essais ratés de nations franco-anglaises, ou franco-ibériques, ou franco-lombardes, ou franco-rhénanes, entrevues comme possibles ou, parfois, temporairement réalisées dans les faits   — comment, pourquoi la formation Gallia, après maintes tourmentes, a-t-elle toujours réussi à reparaître et à rattrouper autour d’un germe (dont nulle part la notion féconde n’apparaît dans le livre de Ch. Seignobos) les membra disjecta que des événements, par nous qualifiés de «hasards», avaient temporairement dissociés de l’ensemble ?

N’y eut-il là, en effet, que «contrainte mécanique d’événements extérieurs», ou bien faut-il faire place à d’autres facteurs, ceux que J. Benda voudrait mettre en lumière ? — Et encore, quand nous parlons de Français dès le seuil d’une histoire dite «de France» et que nous continuons à en parler tout au long de cette histoire, avons-nous raison ? Ces Français, ne devrions-nous pas, à toutes les époques, nous soucier de dire qui ils étaient — de préciser ce que nous nommons Français à une certaine date, et ce que nous excluons de la France, et quels étaient, sur les points importants qui nous retiennent, les sentiments des exclus, des Français séparés ?

Il est commode d’escamoter une question. Le problème demeure, qu’il faut énoncer si l’on veut donner au public une réelle leçon d’indépendance d’esprit. — Ce problème que Vidal posait en grand géographe, Benda, en métaphysicien pressant. Et que Seignobos a refusé de poser en historien. Parce que la notion même de problème lui demeure étrangère, comme «répugnante» celle d’hypothèse. Nouvelle fidélité à des idées de toujours.

Lucien Fevre, "Ni histoire à thèse ni histoire-manuel.
Entre Benda et Seignobos", Revue de Synthèse, V, 1933



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Febvre en haut à droite, Seignobos en bas à gauche

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samedi 20 septembre 2008

Le départ des volontaires en 1792 (François Rude, 1833-1836)

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Le départ des volontaires en 1792

François Rude (1833-1836)



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La Marseillaise
ou Le départ des volontaires en 1792
François Rude, haut-relief, pierre de Chérence (hauteur 12,70 m)
Arc de triomphe de l'Étoile à Paris (1833-36)



François Rude et "le départ des volontaires de 1792"

Célèbre grâce à l’«icône» républicaine qu’il créa pour l’Arc de Triomphe de l’Étoile, Rude eut une carrière atypique due aux événements politiques et à ses engagements personnels. Formé à la fameuse école de dessin de François Devosges à Dijon, Rude monta à Paris en 1807 avec une recommandation pour Denon, directeur des musées et presque ministre des Beaux-Arts et une petite figure en bronze qu’il conserva jusqu’à la fin de ses jours : Thésée ramassant les armes de son père (musée du Louvre) qui montre déjà son goût particulier pour l’efficacité du geste.

Il travailla à la colonne Vendôme tout en s’inscrivant à l’École des Beaux-Arts en 1809. Il concourut pour le prix de Rome et obtint le premier grand prix en 1812 mais ne put partir. Avec le retour des Bourbons, Rude dut s’exiler ; il épousa Sophie Frémiet, la fille de son protecteur, une élève du peintre David qu’ils retrouvèrent à Bruxelles. Il y obtint quelques commandes officielles pour les décors du Théâtre royal et du palais de Tervueren. Il y fit un magnifique portrait de Louis David (musée du Louvre). Il rentra à Paris en 1827 et prit part aux expositions avec
Mercure attachant ses talonnières dont le bronze fut immédiatement comparé à celui de Jean  Bologne.

C’est au Salon de 1831 que Rude fut remarqué par la presse : son Jeune pêcheur napolitain (marbre 1833, musée du Louvre) frappa la critique par sa pose  naturelle et par la jeunesse et la liberté du thème. Dès lors, Rude fut considéré comme l’un des chefs de file de cette nouvelle école de sculpture que l’on n’appelait pas encore «romantique».

Thiers s’adressa à lui pour le décor de l’Arc de Triomphe de l’Étoile, commencé sous Napoléon mais dont le décor fut exécuté sous Louis-Philippe [roi des Français après la Révolution de Juillet 1830]. Le relief du
Départ des Volontaires en 1792 qui orne la pile nord de la face est, vers les Champs-Élysées, entre dans le programme voulu par Louis-Philippe : rassembler tous les Français, qu’ils soient révolutionnaires, bonapartistes ou royalistes. À l’étage inférieur sont représentés des soldats, jeunes et vieux qui partent au combat, entraînés par une Victoire reconnaissable à ses ailes, mais qui fut rapidement vue comme une allégorie de la Patrie.

Du point de vue stylistique, Rude y mêle très habilement les figures nues à l’antique et des détails plus  pittoresques comme le costume du vieux guerrier gaulois. Toutefois, malgré le vocabulaire antique de cette Victoire ailée, casquée et portant l’égide sur la poitrine, telle une Minerve, la violence du geste, le visage aux yeux exorbités, à la bouche déformée par le cri qu’elle hurle  à l’avant des troupes, font de cette figure un des chefs-d’œuvre de la sculpture romantique. Finalement cette allégorie de la Patrie a trouvé une telle résonance dans la sensibilité populaire que le relief est désormais connu sous le nom de «La Marseillaise» ; cette image a été utilisée par tous les partis politiques.

Isabelle Leroy-Jay Lemaistre, conservateur en chef
          département des sculptures, musée du Louvre (source)


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Rude, François
Le Départ des Volontaires de 1792, dit "La Marseillaise"

France, 1830 - 1835
Sculpture, Plâtre : Haut-relief
Hauteur : 216 ; Largeur : 134 ; Profondeur : 49
Musée des Beaux-Arts de Dijon
CA 1079 Don : Rondelet, 1868, CA 1079
Photo : François JAY © Musée des Beaux-Arts de Dijon

Le sculpteur dijonnais François Rude est associé au programme du décor sculpté de l'Arc de Triomphe de l'Etoile à Paris, de 1832 à 1836, rappelant les victoires de la République et de l'époque napoléonienne. C'est pour l'un des pieds-droits de ce monument, édifié d'après les plans d'Antoine Chalgrin, que Rude exécute ce haut-relief sur le thème du départ des Volontaires de 1792, plus communément intitulé "La Marseillaise".

Sur cette maquette originale en plâtre se lit la transposition à l'antique d'un événement de l'épopée révolutionnaire. Le Génie de la Liberté, les ailes déployées, entraîne de la voix et du geste les volontaires de tous âges appelés à la défense des frontières, dans une composition dynamique et équilibrée.

Les souvenirs classiques (le traitement de l'anatomie, les drapés, les cuirasses et les armes...) s'allient à un nouveau souffle romantique (gestes véhéments, expressions marquées des visages, mouvements...), plus accentué encore dans la réalisation finale de près de 13 m de haut où l'on note quelques variantes (remplacement des draperies et des peaux de bête par des pièces d'armures).

Après le "Petit Pêcheur napolitain", remarqué au Salon de 1831, "La Marseillaise" consacre enfin la renommée de cet ancien élève de l'École de dessin de Dijon, fixé définitivement à Paris en 1827, après plusieurs années d'exil sous le règne des Bourbon.

extrait de : Le musée des Beaux-Arts de Dijon, RMN, Musée des Beaux-Arts de Dijon,
Paris, 2002 (notice de Catherine Gras) (source)



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l'Arc de Triomphe et le décor sculpté des quatre piles

arc


volontaires
Le Départ des Volontaires de 1792
, communément appelé
la Marseillaise, par François Rude

triomphe
Le Triomphe de 1810, par Jean-Pierre Cortot, célébrant la paix
de Vienne. Le personnage central est Napoléon Ier



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la Résistance, par Antoine Etex


paix
La Paix
, par Antoine Etex


 

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vendredi 19 septembre 2008

La rose et le réséda (Louis Aragon)

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          La rose et le réséda

 

                                                          À Gabriel Péri et d'Estienne d'Orves
                                                          comme à Guy Môquet et Gilbert Dru

 

                     
                             Celui qui croyait au ciel
                             Celui qui n'y croyait pas
                             Tous deux adoraient la belle
                             Prisonnière des soldats
                             Lequel montait à l'échelle
                             Et lequel guettait en bas

                             Celui qui croyait au ciel
                             Celui qui n'y croyait pas
                             Qu'importe comment s'appelle
                             Cette clarté sur leur pas
                             Que l'un fut de la chapelle
                             Et l'autre s'y dérobât

                             Celui qui croyait au ciel
                             Celui qui n'y croyait pas
                             Tous les deux étaient fidèles
                             Des lèvres du coeur des bras
                             Et tous les deux disaient qu'elle
                             Vive et qui vivra verra

                             Celui qui croyait au ciel
                             Celui qui n'y croyait pas
                             Quand les blés sont sous la grêle
                             Fou qui fait le délicat
                             Fou qui songe à ses querelles
                             Au coeur du commun combat

                             Celui qui croyait au ciel
                             Celui qui n'y croyait pas
                             Du haut de la citadelle
                             La sentinelle tira
                             Par deux fois et l'un chancelle
                             L'autre tombe qui mourra

                             Celui qui croyait au ciel
                             Celui qui n'y croyait pas
                             Ils sont en prison lequel
                             A le plus triste grabat
                             Lequel plus que l'autre gèle
                             Lequel préfère les rats

                             Celui qui croyait au ciel
                             Celui qui n'y croyait pas
                             Un rebelle est un rebelle
                             Deux sanglots font un seul glas
                             Et quand vient l'aube cruelle
                             Passent de vie à trépas

                             Celui qui croyait au ciel
                             Celui qui n'y croyait pas
                             Répétant le nom de celle
                             Qu'aucun des deux ne trompa
                             Et leur sang rouge ruisselle
                             Même couleur même éclat

                             Celui qui croyait au ciel
                             Celui qui n'y croyait pas
                             Il coule, il coule, il se mêle
                             À la terre qu'il aima
                             Pour qu'à la saison nouvelle
                             Mûrisse un raisin muscat

                             Celui qui croyait au ciel
                             Celui qui n'y croyait pas
                             L'un court et l'autre a des ailes
                             de Bretagne ou du Jura
                             Et framboise ou mirabelle
                             Le grillon rechantera
                             Dites flûte ou violoncelle
                             Le double amour qui brûla
                             L'alouette et l'hirondelle
                             La rose et le réséda

Louis Aragon

 

framboiseMirabelle01
framboise (haie) et mirabelle (arbre) ; le réséda pousse sur les haies
et la rose est un symbole de pureté associé à Marie ;
l'alouette vole dans les slllons et l'hirondelle haut dans le ciel

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les dédicataires de "la rose et le réséda"

Poème paru le 11 mars 1943, "la rose et le réséda" est le dernier poème que publia Louis Aragon avant de rentrer dans la clandestinité. Il fut édité sous forme de tracts anonymes jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale et dédié, en 1944, à quatre résistants de droite et de gauche, deux communistes et deux chrétiens, fusillés par les Allemands :
- Gabriel Péri, homme politique et journaliste français, membre du Parti communiste, fusillé le 15 décembre 1941 ;
- Honoré d'Estienne d'Orves, officier de Marine français, rallié au Général de Gaulle en 1940, fusillé le 29 août 1941.
- Guy Moquet, fils d'un député communiste, fusillé comme otage le 22 octobre 1941, à l'âge de 17 ans ;
- Gilbert Dru, qui organisa la Résistance dans les milieux de la Jeunesse chrétienne, fusillé à Lyon le 17 juillet 1944, à l'âge de 24 ans.

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liens

- film de François Hans sur l'exécution de Guy Môquet

- la rose et le réséda, une chanson sur dailymotion ("Les Choses de Rien", premier album du groupe "La Tordue", 1995)

- la rose et le réséda, autre chanson sur dailymotion (J.-M. Grossi)

- la rose et le réséda, récité par Jean Chevrier, sur Deezer.com

- une lecture-chantée de Michel Carey accompagné par Marcelle Dedieu-Vidal dans un disque également consacré à Honegger et Poulenc

- la rose et le réséda, poème récité par Jean Chevrier (et non par Aragon lui-même comme annoncé sur la vidéo)

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mur des fusillés à la caserne Tirlet de Châlons-sur-Marne

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Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle
La rose et le réséda

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mercredi 17 septembre 2008

Je meurs et France demeure (Aragon, "La Diane française")

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Ballade de celui qui chanta

dans les supplices


Je meurs et France demeure
Mon amour et mon refus
Ô mes amis si je meurs
Vous saurez pour quoi ce futbl__coquelicot

Ils sont venus pour le prendre
Ils parlent en Allemand
L'un traduit Veux-tu te rendre
Il répète calmement

Et si c'était à refaire
Je referais ce chemin
Sous vos coups chargés de fers
Que chantent les lendemains

Il chantait lui sous les balles
Des mots sanglants est levé
D'une seconde rafale
Il fallu l'achever

Une autre chanson française
À ses lèvres est montée
Finissant La Marseillaise
Pour toute l'humanité

Aragon
Ballade de celui qui chanta dans les supplices
in La Diane française (extrait), 1943-1944

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Aragon dans la Drôme en 1944

La "diane" est un roulement de tambour ou une sonnerie de clairon pour réveiller les soldats.

Définition (source) - La Diane (du latin diem, «le jour») est une sonnerie réglementaire de clairon ou de trompette, et une batterie de tambour, annonçant le réveil des soldats en campagne. Elle se substitue alors à la sonnerie habituelle Le réveil. Charles Baudelaire la cite dans l'un de ses vers : "La diane chantait dans les cours des casernes" - autre définition dans : patrimoine-de-france

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lundi 15 septembre 2008

histoire agraire : les origines reculées d'une armature (Marc Bloch)

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histoire agraire de la France :

les origines reculées d'une armature

Marc BLOCH (1941)



t_bloch5L’homme passe son temps à monter des mécanismes, dont il demeure ensuite le prisonnier plus ou moins volontaire.

Quel observateur parcourant nos campagnes du Nord n’y a été frappé par l’étrange dessin des champs ? En dépit des atténuations que les vicissitudes de la propriété ont, au cours des âges, apporté au schéma primitif, le spectacle de ces lanières qui, démesurément étroites et allongées, découpent le sol arable en un nombre prodigieux de parcelles, garde encore aujourd’hui de quoi confondre l’agronome.

Le gaspillage d’efforts qu’entraîne une pareille disposition, les gênes qu’elle impose aux exploitants ne sont guère contestables. Comment l’expliquer ?

Par le Code Civil et ses inévitables effets, ont répondu des publicistes trop pressés. Modifiez donc, ajoutaient ils, nos lois sur l’héritage ; et vous supprimerez tout le mal. S’ils avaient mieux su l’histoire, s’ils avaient aussi mieux interrogé une mentalité paysanne formée par des siècles d’empirisme, ils auraient jugé le remède moins facile.

les défricheurs de l'âge des dolmens
En fait, cette armature remonte à des origines si reculées que pas un savant, jusqu’ici, n’est parvenu à en rendre un compte satisfaisant ; les défricheurs de l’âge des dolmens y sont probablement pour davantage que les légistes du Premier Empire.

L’erreur sur la cause se prolongeant donc ici, comme il arrive presque nécessairement, en faute de thérapeutique, l’ignorance du passé ne se borne pas à nuire à la connaissance du présent ; elle compromet, dans le présent, l’action même.

Marc Bloch, Apologie pour l'histoire, 1941


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- photo de champs dans le département
du Nord, Cédric Lahaeye
: site

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dimanche 14 septembre 2008

Henri Martin, Histoire de France

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Henri Martin, historien républicain

(1810-1883)

 

Si nous avons évoqué Henri Martin dans notre livre, ce n'est pas comme référence scientifique encore valide aujourd'hui, mais pour montrer que le procès intenté à l'histoire républicaine du XIXe siècle est exagéré.

Son Histoire de France n'a pas ce mépris pour la diversité des composantes "ethniques" et culturelles de la France, que dénoncent des auteurs comme Suzanne Citron (Le mythe national, l'histoire de France revisitée).

Évidemment, il est facile d'accuser l'historiographie du XIXe quand des auteurs comme Henri Martin ne sont plus édités et qu'il faut aller à la BnF ou acheter leurs ouvrages chez les vendeurs de livres anciens pour les lire soi-même.

Par ailleurs, c'est Henri Martin qui fut à l'origine du projet de loi pour instaurer le 14 juillet en fête nationale. On devrait à ces ancêtres républicains un peu plus de considération et plus de scrupule méthodologique.

Michel Renard

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la République triomphante préside à la grande fête nationale du 14 juillet 1880



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biographie

Henri Martin (20 février 1810 à Saint-Quentin - 14 décembre 1883 à Paris dans le quartier de Passy) est un historien et homme politique français.
En 1848, Carnot, ministre temporaire de l'Instruction Publique, charge Henri Martin d'enseigner l'histoire moderne à la Sorbonne. Compte tenu des évènements de l'époque, il ne remplit cette fonction que pendant six mois.
Il est maire du XVIe arrondissement de Paris en 1870 et de 1880 à 1883. Il est élu député de Paris en 1871 puis sénateur de l'Aisne en 1876. Il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1871 et de l'Académie française en 1878.
Il est à l'origine du projet de loi pour instaurer le 14 juillet en fête nationale, et proclame devant l'Assemblée un discours dans ce sens le 29 juin 1880 ; marquant le 14 juillet 1789 comme un symbole militaire, mineur, mais pas moins important, de la Révolution Française, et le 14 juillet 1790 comme le premier jour de gloire de la Nation Française, célébré sur le Champ de Mars comme à travers toute la France.

 

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biographie (1932)

 

Henri Martin est né à St.-Quentin le 20 février 1810 et passe son enfance rue des Canonniers avec ses parents et sa sœur Sophie. Il fait ses études au collège et, son père qui est juge au tribunal civil, veut en faire un notaire. Mais son professeur lui prédit déjà une carrière d’historien et il rafle tous les premiers prix. Il part en 1830 rejoindre son ami Félix Davin. Un bibliophile, Jacob, chez qui se réunissent Hugo, Gauthier, Nerval, Sainte Beuve, Rhodier, l’engage pour fabriquer une Histoire de France, en mettant bout à bout des textes choisis chez les Historiens.
Républicain, ami de Carnot, Pelletan, Anatole de la Forge, Henri Martin lutte pour la IIe République et se mêle aux étudiants de 1830.

De 1837 à 1854, fait paraître les 19 volumes de sa grande Histoire de France devenant ainsi le grand historien national de France. Il fait la connaissance d’Arago et il est désigné par Carnot pour remplacer Guizot à la Sorbonne. Il publie d’autres ouvrages, obtient des prix (1er et 2e prix) à l’Académie Française.
De 1855 à 1860, il publie une nouvelle Histoire de France en 16 volumes.

En février 1871, Paris et l’Aisne le nomment député ; il choisit l’Aisne et s’inscrit au groupe de la gauche républicaine qu’il préside. Elu sénateur de l’Aisne en 1876, membre d’une phalange de sénateurs républicains, résiste aux usurpations et repousse la dissolution de la Chambre. Il prononce de nombreux discours, dont celui de 1882 qui sera commenté dans toute la presse française.
Gambetta le prévit pour remplacer le 3e Président de la République (Jules Grévy) mais Gambetta meurt en 1882.
Henri Martin publia de nombreux ouvrages, voyagea partout, fit conserver, classer les manuscrits et pièces diplomatiques.
Formateur de l’opinion publique, il fut un phare de la jeune IIIe république et achève son histoire jusqu’à la guerre de 1870.
Membre de l’Académie Française en 1878, en remplacement de Thiers, il demeura l’historien aux manières simples, avec l’esprit cordial, la parole simple et ardente, qui resta toute sa vie picard et saint-quentinois, aima sa ville natale et sut défendre ses intérêts comme député et sénateur.
Il meurt le 14 décembre 1833 emporté par une congestion pulmonaire. La France lui fit des obsèques nationales.

source : Conférence de la Société Académique -  Article du Grand Echo 1932. Madame Séverin, Société Académique


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œuvres

romans
- Wolfthurm (1830)
- La Vieille Fronde (1832)
- Minuit et midi (1832) (republié en 1855 sous le titre Tancrède de Rohan, Librairie de L. Hachette et Cie, in-12, 207 pages)
- Le Libelliste (1833)

histoires
- Histoire de France (avec Paul Lacroix, le Bibliophile Jacob) (1833-1836)
- Histoire de la ville de Soissons (1837)
- De la France, de son génie et de ses destinées (1847)
- La monarchie au XVIIe siècle (1848)
- Daniel Manin (1859)
- L'Unité italienne et la France (1861)
- Jean Reynaud. Pologne et Moscovie (1863)
- Le 24 février (1864)
- Vercingétorix (1865)
- La Séparation de l'Église et de l'État (1865)
- La Russie et l'Europe (1866)
- Dieu dans l'histoire (1867)
- Histoire de France populaire (1867-1875)
- Études d'archéologie celtique (1871)
- Les Napoléon et les frontières de France (1874)
- Histoire de France depuis 1789 jusqu'à nos jours (1878-1885)

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oeuvre de Scheffer Ary (1795-1858)

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Henri Martin en 1881 (deux ans avant sa mort)

- lien : portrait d'Henri Martin, dans le journal Le Siècle, par Taxile Delord, 1864.

- lien : "Critique historique de quelques erreurs de l'Histoire de France de M. Henri-Martin", par Philippe Tamizey de Laroque (Annales de philosophie chrétienne, n° 37, 1863).

 

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Monet, la rue Montorgueil, 1878

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la France d'avant la France, l'obscure mémoire d'une nation

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la France d'avant la France

l'obscure mémoire d'une nation



- "La clef de notre identité est enterrée là sous nos pieds. La France est faite avant la Gaule, mot tardif inventé par les Romains" (Pierre Chaunu, L'obscure mémoire de la France. De la première pierre à l'an mille, 1988).


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fosses funéraires néolithiques (source)


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nécropole néolithique (source)

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L'Étoile (Somme), grande enceinte du Néolithique apparaissant tôt
le matin grâce à des taches d'humidité rémanente
(source)

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Angerville (Essonne , structure fossoyée avec fossés de
largeur  différente et présence de trous de poteaux et fosses.
De tels indices sont généralement attribués à l’âge du Fer
mais aucune datation précise ne peut être donnée faute
de sondages. A gauche, on note la trace de quelques   bâtiments

(source photos et légende)


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Ouzouer-le-Marché (Loir-et-Cher), établissement gallo-romain
© Henri Delétang, 2006
(source)


Villa
villa (Puy-de-Dôme) - Centre d'étude et de recherche
d'archéologie aérienne
(source)

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villa romaine de Trebillane à Cabriès (Bouches-du-Rhône) (source)


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Grivesnes (Somme), révélation du plan parfaitement géométrique
d'une villa gallo-romaine à deux cours, sur sol limoneux
(source photo et légende)


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archéologie des espaces ruraux du néolithique au Moyen Âge
évolution du site de Saclay (Essonne), aquarelle de Laurent Juhel, Inrap
(source)


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village de Tautavel (Pyrénées-Orientales) : la caune de l'Arago
où furent découverts les restes de l'homme de Tautavel (450 000 ans)

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samedi 13 septembre 2008

Van Gogh

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la France de Vincent Van Gogh



van Gogh, définitivement lié à "l'école française"

- "Né le 30 mars 1853 à Zundert dans le Brabant du Nord, Vincent van Gogh est néerlandais ; mais les années passées à peindre en France entre mars 1886 et le 29 juillet 1890, date de sa mort, à trente-sept ans, dans une auberge d’Auvers-sur-Oise, le petit village d’Île-de-France où il est enterré, l’ont définitivement lié à cette «école française» qui domine la scène artistique internationale à la fin du XIXe siècle".

Anne Distel, conservateur général du patrimoine musée d’Orsay
(source)


la patrie, thème de prédilection chez van Gogh

- "L’attachement de Van Gogh à sa terre natale est très grand, de nombreux auteurs l’ont déjà souligné. Et son œuvre seule suffit à montrer cette évidence : la terre est un élément omniprésent dans ses dessins et tableaux, de Nuenen à Auvers, sous forme de boue sur des chaussures usées, ou sous les lames de la charrue. Les sillons, les champs de pommes de terre, les vignes, les blés… des différents aspects de la vie agreste, c’est la terre qui le préoccupe le plus. Il faut toutefois remarquer que Van Gogh ne dissocie pas la terre du travail du paysan, ni de la notion de patrie.

Dans la lettre 154 [133], il reprend Souvestre :

Vous trouverez dans le philosophe sous les toits de Souvestre comment un homme du peuple, un simple ouvrier, très misérable si on veut, se représentait la patrie, «Tu n’as peut-être jamais pensé à ce que c’est que la patrie, reprit-il, en me posant une main sur l’épaule ; c’est tout ce qui t’entoure, tout ce qui t’a élevé et nourri, tout ce que tu as aimé. Cette campagne que tu vois, ces maisons, ces arbres, ces jeunes filles qui passent là en riant, c’est la patrie ! La petite chambre où tu as autrefois vu ta mère, les souvenirs qu’elle t’a laissés, la terre où elle repose, c’est la patrie ! tu la vois, tu la respires partout ! Figure toi, tes droits et tes devoirs, tes affections et tes besoins, tes souvenirs et ta reconnaissance, réunis tout ça sous un seul nom et ce nom sera la patrie».

Quelques mois plus tôt, il citait Fénelon :

Mentor dit : La terre n’est jamais ingrate, elle nourrit toujours de ses fruits ceux qui la cultivent soigneusement et avec amour, elle ne refuse ses biens qu’à ceux qui craignent de lui donner leurs peines.

Le travail, la terre et la patrie apparaissent ainsi comme un tout indissociable. Ces trois éléments sont des constituantes prédominantes de son identité. Le travail comme moteur, la terre comme sujet, la patrie comme référence. Pour devenir évangélisateur, pasteur, dessinateur ou peintre, il ne croit qu’au progrès par l’effort, l’abnégation et le dépassement de soi. Que ce travail puisse s’accompagner d’une grande souffrance ne pose aucun problème à Van Gogh. Fidèlement à la recommandation de Paul, il se réjouit de cette souffrance, qui seule mène au «dépassement de la vulgarité» cher à Renan".

W. V. van der Veen, historien de l'art,
Van Gogh, homme de Lettres. Littérature dans
la correspondance de Vincent van Gogh, 2007 





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les vignes rouges


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vue d'Arles avec iris et prairie, mai 1888


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oliviers, septembre (?) 1889

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Van Gogh, Champ de blé derrière l'hospice, 1889


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la sieste


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la maison jaune, Arles, 1889


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l'entrée du jardin public, Arles

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le jardin de l'asile, Arles


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le jardin de l'asile à notre époque


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Le pont Langlois


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pont basculant "Réginel" sur le canal d'Arles à Port-de-Bouc ; "Langlois"
était le nom du préposé chargé d'actionner le pont


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le pont Langlois


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l'église d'Auvers-sur-Oise, vue du chevet


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vendredi 12 septembre 2008

la France romane


la France romane




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à Fontevault, l'abbaye du XIIe siècle, de style roman



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jeudi 11 septembre 2008

Braudel, l'identité de la France

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Fernand Braudel

L'identité de la France, 1986




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Van Gogh, Champ de blé derrière l'hospice, 1889


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