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  • "Faut-il avoir honte de l'identité nationale", Daniel Lefeuvre, Michel Renard, nation, nationalisme, La Marseillaise, la France, De Gaulle, Jeanne d'Arc, Mitterrand, indigènes, immigration, islam, Ernest Renan, Lavisse, Seignobos, Aragon, Résistance
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8 décembre 2008

protéger le souvenir des combattants inhumés à Notre-Dame-de-Lorette

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une part de la fraternité française

à nouveau profanée

le souvenir des combattants
inhumés dans la nécropole

de Notre-Dame-de-Lorette doit être protégé

Nuit du dimanche 7 au lundi 8 décembre. Des centaines de stèles de combattants musulmans de l'armée française ont à nouveau été vandalisées, dégradées par des tags. Est-il donc si compliqué d'installer un système de surveillance dans cette nécropole nationale du Pas-de-Calais ? Dans la nuit du 18 au 19 avril 2007, 52 sépultures musulmanes avaient déjà été profanées. Un an plus tard, le forfait fut réédité  avec le saccage de 148 tombes musulmanes dans la nuit du 5 au 6 avril 2008. Deux individus mis en cause, deux individus responsables...! Et l'opinion d'un pays que l'on blesse, des tensions imbéciles que l'on avive.

"Une nation est une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu'on a faits et de ceux qu'on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé (...)" écrivait Ernest Renan. Il faut sanctuariser les vestiges de ce passé. Non par pathologie muséographique mais parce qu'ils donnent un sens à notre existence. Si les discours sur l'identité nationale ont quelque vérité, il faudrait mettre un terme à ces profanations inexcusables, à cette désolation inacceptable.

Michel Renard

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la profanation de décembre 2008

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les gendarmes venus enquêter, décembre 2008

arras
désolation...

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la profanation de 2007


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5 décembre 2008

un islam radical antifrançais et antisémite

Ces groupes radicaux séduisent d'autant plus facilement les jeunes qu'ils sont en rupture avec la société française mais également avec l'islam traditionnel des parents. Ap/Cosgrove



De plus en plus de femmes islamistes

radicales en France


À Auxerre, une trentaine d'entre elles multiplient les propos

antifrançais et antisémites

De loin, leur groupe est impressionnant. Une trentaine de femmes perdues sous leur niqab noir. Des silhouettes qui ne sont pas passées inaperçues à Auxerre, où ce groupe, qui se revendique du tabligh, une mouvance piétiste et fondamentaliste, a attiré l'attention de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). La mouvance radicale se féminise, à en croire les policiers. À Auxerre, ce groupe est particulièrement prosélyte, suivant la doctrine des tablighs, ces croyants qui entendent reproduire le mode de vie du prophète et vont au-devant des publics, notamment marginalisés, pour porter cet islam du pied de la lettre.

À la sortie des écoles, ces femmes entièrement voilées abordent les mères de famille, proposent une éducation musulmane, engagent à rejoindre un groupe de lecture du Coran. Elles forment un groupe soudé et tourné contre l'Occident, décrit la DCRI. Ces femmes se réunissent pour vouer aux gémonies la France, les juifs, qu'il  «faut anéantir» et parler de djihad. À leur tête, deux femmes, l'une marocaine, l'autre convertie, mèneraient ces actions, dans la mouvance d'un imam surveillé, el-Mouloudi Moutaa.

«On observe une montée en puissance du féminisme islamique, avec son versant radical», confirme Bernard Godard, auteur des Musulmans de France (Robert Laffont). Les mouvements tablighs, mais aussi salafistes, tout aussi fondamentalistes, mais plus politiques, connaissent un succès croissant, avec la recrudescence des prêches enflammés, selon la DCRI. Notamment parmi les femmes, du Maghreb et d'Afrique noire, «ce qui est nouveau».

Ni intégration ni émancipation

Ces groupes séduisent d'autant plus facilement les jeunes qu'ils sont en rupture autant avec la société française qu'avec l'islam traditionnel des parents. «Ce n'est plus la génération des filles voilées qui avaient manifesté contre la loi sur les signes religieux à l'école, en agitant des drapeaux français», poursuit-il. Ces recrues gardent de leur jeunesse française les outils de la modernité, la revendication d'une place au même titre que les hommes. Elles s'investissent sur les forums Internet radicaux, organisent leurs propres manifestations.

«Mais se fichent de l'intégration». La plupart étaient «oppressées dans leur famille, marginalisées dans la société. Elles transforment leurs frustrations dans cet islam sectaire où l'on obtient facilement des bons points», analyse Antoine Sfeir, qui vient de publier une Lettre ouverte aux islamistes (avec Ghaleb Bencheikh, chez Bayard).

«La religion leur permet de s'affirmer». Certaines de ces femmes radicalisées ont servi de boîtes aux lettres dans des réseaux terroristes démantelés. Mais leur extrême visibilité les écarte de l'action clandestine et vise la propagande, estime encore Sfeir. Car ces femmes s'attaquent à l'idée que l'émancipation occidentale serait un bienfait.

Le Figaro, Cécilia Gabizon, 5 décembre 2008

auxerre
Auxerre

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20 novembre 2008

composantes identité nationale (en 1500 signes...!)

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Quelles sont
les composantes

de l'identité nationale ?

Michel RENARD, pour Le Nouvel Économiste


Le mot "nation" n'appartient plus à la langue commune. Pour certains, il n'est qu'un théâtre "citoyen" privé de généalogie ou l'enclos de "diversités" rivalisantes. Pour d'autres, la France est une réalité antérieure à notre naissance ou à notre arrivée dans le pays. Une langue et une littérature prolifiques, des édifices et des trésors artistiques, une topographie rurale, une armature étatique, une tradition culinaire… Il n'y a aucun racisme là-dedans. Le souvenir d'une histoire longue : Verdun en 843, Bouvines en 1214, Jeanne d'Arc, le Grand Siècle, la Révolution française.

Et plus près de nous la conquête républicaine de la démocratie et de la laïcité, l'aventure coloniale, Verdun en 1916, les sacrifices de la Résistance, l'égalité homme-femme. Cette identité "a mon cœur dès mon enfance" disait Montaigne. La "mémoire" aussi a changé. Elle n'est plus l'héritage de cette positivité, mais le lessivage d'un passé condamné : l'esclavage, la Terreur, la colonisation, Vichy, la guerre d'Algérie. Faut-il oublier la courtoisie puis l'humanisme, le rationalisme de Descartes, la résistance au fanatisme chez Voltaire, le souffle de Hugo ? Ou encore la charité de Vincent de Paul et le rayonnement du curé d'Ars ?

Aucune nomenclature n'épuise l'identité nationale. Elle est une alchimie mystérieuse. Un "principe spirituel résultant des complications profondes de l'histoire" (Renan) mais capable d'accueillir des apports culturels et religieux venant l'enrichir sans prétendre le supplanter.

Michel Renard
Le Nouvel Économiste, n° 1454
du 20 au 26 novembre 2008

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cliquer sur l'image pour l'agrandir

- Le Nouvel Économiste

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19 novembre 2008

Pour savoir s’ils sont sous-représentés, il faut donc connaître le nombre de Noirs en France, ce qui n’est pas le cas

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Statistiques :

la question des minorités en France

Michèle TRIBALAT

 

Alors que le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) revendique une plus grande place des candidats issus des minorités aux prochaines élections, l’auteur, démographe à l’Institut national d’études démographiques (Ined), prend part au débat.

En France, l’élection de Barack Obama a conduit à des réactions préoccupantes. Alors qu’elle dénote un dépassement de la question noire aux États-Unis, comme y avait invité le candidat, elle est trop souvent interprétée en France comme une simple affaire de couleur.

Le Cran a profité de l’aubaine pour mettre en avant ses revendications. Il avance un nombre de personnes dites noires hautement improbable, sans soulever l’once d’un désaccord. On a déjà connu cela du temps de Calixthe Beyala, qui chiffrait le peuple noir à 7 millions en 2000 ! La seule référence disponible est une enquête réalisée pour le Cran en 2007, qui évalue leur pourcentage dans l’Hexagone à 2,5 %. Aujourd’hui, le président du Cran, Patrick Lozès, nous assure qu’il y aurait 5 millions de Noirs en France, y compris ceux des DOM, et que ce nombre égale celui des personnes d’origine maghrébine. D’après mes estimations, le nombre de ces derniers vivant en métropole, sur trois générations, serait de 3,5 millions en 2005, soit près de 6 % de la population, ce qui rend le chiffre du Cran tout à fait irréaliste.

L’incapacité à mettre en cause un chiffre avancé par un Noir sur le nombre de Noirs en France en dit long sur notre société et constitue un traitement discriminatoire à part entière. Mais elle tient aussi au parisianisme de la presse nationale. Cette dernière extrapole la situation française d’après ce qu’elle a sous les yeux. 60 % de l’immigration subsaharienne arrive en Ile-de-France. La migration des DOM a été elle aussi très francilienne.

Le CSA vient de réaliser une enquête sur les émissions télévisées et la présence, sur nos écrans, des Noirs et des non-Blancs, mais oui des non-Blancs ! Un Arabe est ainsi classé parmi les non-Blancs par le CSA et parmi les Blancs aux États-Unis ! Les non-Blancs en général, et les Noirs en particulier, seraient sous-représentés à la télévision : 8 % de Noirs dans l’ensemble des programmes, ce n’est pas assez. Il faut revenir au b.a.-ba statistique : on ne peut établir une sous-représentation d’une catégorie particulière sans disposer d’une référence nationale. Pour savoir s’ils sont sous-représentés, il faut donc connaître le nombre de Noirs en France, ce qui n’est pas le cas, enquête du Cran en 2007 mise à part. Tout le reste n’est que divagations.

Le plus drôle c’est que, même d’après les hypothèses les plus fantaisistes du Cran, les Noirs ne seraient pas sous-représentés à la télévision. Le CSA nous dit que les non-Blancs ne constituent que 11 % des personnages recensés dans la fiction française contre 19 % dans la fiction américaine. Faut-il préciser que le cinéma américain n’est pas destiné en priorité au public français ? En 2007, aux États-Unis, où l’on élabore des statistiques raciales, 14 % des Américains sont noirs.


l’abstention de la statistique publique n’a pas empêché
le ressassement des questions ethnoraciales

En France, on ne devrait pas pouvoir à la fois se vanter d’avoir réussi à faire barrage aux statistiques ethnoraciales et espérer connaître la situation des Noirs. Pourtant, manifestement, dans ce pays, on sait sans avoir besoin de compter. Or le Conseil constitutionnel a interdit les statistiques fondées sur une appréciation subjective. Mais c’est pour la bonne cause. Non ?

La question étant sur la table, il vaudrait mieux avoir des statistiques bien faites plutôt que des évaluations approximatives élaborées par des groupes de pression, fort légitimes, mais directement intéressés par les résultats. L’abstention de la statistique publique n’a pas empêché le ressassement des questions ethnoraciales.

Michèle Tribala
mercredi 19 novembre 2008
Le Figaro

9782707124494FS     9782070762477FS

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12 novembre 2008

plus de défilé du 11 novembre à Montreuil (Seine-Saint-Denis)

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Dominique Voynet, maire de Montreuil

ne veut plus de défilé

pour commémorer le 11 novembre

mais les anciens combattants défilent quand même


- extrait d'un article du journal Le Parisien, 12 novembre 2008

La décision de la maire (Verts) Dominique Voynet de réduire la commémoration de l’Armistice au seul rassemblement officiel devant le monument aux morts et de supprimer, sans concertation avec les associations d’anciens combattants, le traditionnel cortège de civils et d’anciens militaires, d’élus et d’anonymes, n’est pas passée. 
Depuis qu’ils ont reçu le carton d’invitation-programme de la cérémonie, les anciens combattants n’en décoléraient pas.

Les élus seuls à l'entrée du cimetière

La mairie a eu beau justifier la «modification de forme» des commémorations par sa volonté d’y attirer plus de jeunes, notamment à travers des lectures de lettres de poilus par des collégiens, l’argument reste irrecevable pour tous ceux qui ont ainsi décidé de laver l’affront en défilant quand même. Résultat, le cortège de ce 90e anniversaire de l’Armistice a attiré des habitants qui jusqu’alors se contentaient du recueillement final. Et les élus en écharpe tricolore, Madame le maire au centre, attendaient seuls à l’entrée du cimetière.

leparisien.fr

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échange de courriels
entre Dominique Voynet et Thierry Berkover

- sur un blog plutôt favorable à Dominique Voynet, échange de correspondance entre le maire et Thierry Berkover, président de l’Association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation en Seine-Saint-Denis (AFMD 93), secrétaire adjoint de la section de Montreuil de la FNDIRP, fils et petit-fils de déportés à Auschwitz, opposé à la décision de Dominique Voynet : cliquer ici


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source

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7 novembre 2008

Patria (Victor Hugo, 1853)

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Là-haut, qui sourit ? Est-ce un esprit ? Est-ce une femme ? (Hugo)
The Firmament, pastel, Jennifer Hoffman (source)


Patria (les Châtiments)

Victor HUGO

                                                             
                                                Là-haut, qui sourit ?
                                                Est-ce un esprit ?
                                                Est-ce une femme ?
                                                Quel front sombre et doux !
                                                Peuple, à genoux !
                                                Est-ce notre âme
                                                Qui vient à nous ?

                                                Cette figure en deuil
                                                Paraît sur notre seuil,
                                                Et notre antique orgueil
                                                Sort du cercueil.
                                                Ses fiers regards vainqueurs
                                                Réveillent tous les cœurs,
                                                Les nids dans les buissons,
                                                Et les chansons.

                                                C'est l'ange du jour ;
                                                L'espoir, l'amour
                                                Du cœur qui pense ;
                                                Du monde enchanté
                                                C'est la clarté.
                                                Son nom est France
                                                Ou Vérité.

                                                Bel ange, à ton miroir
                                                Quand s'offre un vil pouvoir,
                                                Tu viens, terrible à voir,
                                                Sous le ciel noir.
                                                Tu dis au monde : Allons !
                                                Formez vos bataillons !
                                                Et le monde ébloui
                                                Te répond : Oui !

                                                C'est l'ange de la nuit.
                                                Rois, il vous suit
                                                Marquant d'avance
                                                Le fatal moment
                                                Au firmament.
                                                Son nom est France
                                                Ou Châtiment.

                                                Ainsi que nous voyons
                                                En mai les aleyons,
                                                Voguez, ô nations,
                                                Dans ses rayons !
                                                Son bras aux cieux dressé
                                                Ferme le noir passé
                                                Et les portes de fer
                                                Du sombre enfer.

                                                C'est l'ange de Dieu.
                                                Dans le ciel bleu
                                                Son aile immense
                                                Couvre avec fierté
                                                L'Humanité.
                                                Son nom est France
                                                Ou Liberté !

Victor Hugo
Jersey, septembre 1853

aleyon : espèce de cygne



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l'identité nationale et l'émancipation du monde

Ode à la nation. Victor Hugo voit la patrie comme un esprit (Renan le dit à son tour trente ans plus tard), comme une femme (ce fut une grande idée de Michelet), comme un composé historique qui se réveille au moment du danger ("notre antique orgueil sort du cercueil"). La France est une allégorie de la Vérité (celle des grands sentiments et de la raison : "l'espoir, l'amour, le coeur qui pense..."), une allégorie du Châtiment (celui qui frappera un "vil pouvoir" ou bien les rois), une allégorie de la Liberté (celle des nations, celle de l'humanité). L'identité nationale n'est pas, ici, une fermeture au monde. C'est exactement l'inverse. Elle contient l'émancipation de tous : "Tu dis au monde : Formez vos bataillons ! Et le monde ébloui te répond : oui !".

Michel Renard


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voguez, ô nations dans ses rayons !

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"C'est l'ange de Dieu - Dans le ciel bleu -
Son aile immense - Couvre avec fierté - L'Humanité"



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notre antique orgueil

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"Et notre antique orgueil sort du cercueil" :
Bouvines, 27 juillet 1214, victoire du roi de France,
Philippe Auguste, contre l'empereur d'Allemagne, les comtes
de Flandre et de Boulogne alliés des Anglais


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Hugo, le proscrit


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Victor Hugo à Guernesey, en 1851


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Victor Hugo sur le rocher des proscrits à Jersey, en 1853


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Son nom est France - Ou Liberté


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6 novembre 2008

identité nationale et politique de l'immigration (Rama Yade)

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L’identité nationale

ne veut pas dire la pureté raciale


Rama YADE


France Info - Cela ne vous choque pas qu'on ait instauré un ministère de l'Identité nationale ?
Rama YADE
: L’identité nationale ne veut pas dire la pureté raciale, sinon je ne ferais pas partie de ce gouvernement. Dans l’idéal, il faudrait que même les personnes issues de l’immigration se sentent partie prenante de cette identité. L’identité nationale est une expression dans laquelle, je pense, tout le monde, quelle que soit son origine, devrait pouvoir se retrouver.

La Marseillaise, le drapeau français, ces attributs de la nation appartiennent également à des gens comme moi, tout comme aux jeunes issus de l’immigration…

Alors il y a la question de savoir ce que fait ce ministère, à savoir la gestion de l’immigration, ce qui suppose des expulsions de temps en temps. Mais c’est une chose ce que l’on peut ressentir personnellement, et c’en est une autre la gestion d’un État et d’un pays. Cela suppose de ne pas être emporté seulement par un idéal ou par des principes, mais aussi par la responsabilité. Est-ce que s’occuper des droits de l’homme signifie ouvrir les frontières et laisser rentrer tout le monde ? Je ne suis pas sûr que ce serait responsable.

Je pense même que les droits de l’homme seraient sérieusement remis en cause parce que tous ces gens qui rentreraient n’auraient pas d’emplois, pas de logements, et à ce moment-là on dirait «mais que fait la secrétaire d’État aux droits de l’homme ?» La gestion de l’immigration a un aspect quelque peu désagréable pour ceux qui en ont la charge, mais en même temps le principe de responsabilité veut qu’il faille poser une limite à l’immigration dans le nombre.

extraits d'une interview recueillie par Philippe Triay pour France 2,
4 novembre 2008, 15 h 02 (texte complet)

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Rama Yade, secrétaire d'État
aux droits de l'homme, représentant la France
à la tribune de l'ONU le 20 mai 2008

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5 novembre 2008

poursuivre la longue marche de ceux qui sont venus avant nous (Barack Obama)

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poursuivre la longue la marche

de ceux qui sont venus avant nous

discours sur la question raciale (extraits)

Barack OBAMA

 

Discours prononcé le mardi 18 mars 2008 à Philadelphie. Traduit par Vincent Jauvert, journaliste au Nouvel Obs (source).

Pour nous, Français, la teneur de ce texte est tout à fait renanienne. Ernest Renan définit la nation comme une âme, un principe spirituel unissant deux choses : "L'une est dans le passé, l'autre dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis. L'homme, Messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissant d'un long passé d'efforts, de sacrifices et de dévouements".

Barack Obama ne dit pas autre chose. Il est à cent lieues de certains discours communautaristes qui, en France, jouent sur la couleur de la peau ou sur la religion pour vilipender l'identité française et l'héritage national. Mobiliser l'exemple d'Obama, en France, au profit d'un combat anti-républicain cherchant à imposer une "diversité", c'est n'avoir rien compris à la campagne du candidat démocrate américain. Obama n'a pas mené une campagne ethnique, ni raciale, ni communautariste, ni "vengeresse", ni repentante... il a mené la campagne d'un grand parti national américain.

Michel Renard

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h_9_ill_1024786_440511Discours de Barack Obama

«Nous, le peuple, dans le but de former une union plus parfaite».

Il y a deux cent vingt ans, dans une salle qui est toujours là, de l’autre côté de la rue, un groupe d’hommes s’est réuni et, avec ces mots simples, a lancé l’Amérique dans l’improbable expérience de la démocratie. Des fermiers et des intellectuels ; des hommes d’État et des patriotes, qui avaient traversé un océan pour échapper à la tyrannie et à la persécution, ont finalement donné vie à leur déclaration de l’Indépendance faite à la convention de Philadelphie qui a duré tout le printemps de 1787.

Le document a fini par être signé mais est demeuré inachevé. Il a été entaché par le péché originel de cette nation, l’esclavage, une question qui a divisé les colonies et a conduit la convention à une impasse jusqu’à ce que les pères fondateurs choisissent d’autoriser la poursuite du commerce des esclaves pendant vingt ans de plus, et laissent la résolution finale de la question aux générations futures. Bien entendu, la réponse à la question de l’esclavage était déjà inscrite dans notre Constitution – une Constitution dont le cœur était l’idéal de l'égalité de tous les citoyens devant la loi ; une Constitution qui a promis à son peuple la liberté et la justice et une union qui pourrait et devrait être perfectionnée au fil du temps. 

Et pourtant les mots sur un parchemin ne seront pas suffisants pour délivrer les esclaves de leur asservissement ni pour assurer aux hommes et aux femmes de toute couleur et de toute croyance leurs pleins droits et leurs pleines obligations en tant que citoyens des États-Unis. Il faudra des générations successives d’Américains qui seront prêts à s’engager – par la protestation et la lutte, dans la rue et devant les tribunaux, par une guerre civile et la désobéissance civique et toujours en prenant de grands risques – pour réduire le fossé entre la promesse portée par nos idéaux et la réalité de leur temps.

Ce fut l’une des tâches que nous nous sommes assignée au début de cette campagne – de poursuivre la longue marche de ceux qui sont venus avant nous, une marche pour une Amérique plus juste, plus égale, plus libre, plus attentive et plus prospère. J’ai choisi de me présenter à l’élection présidentielle à ce moment précis de l’histoire parce que je crois profondément que nous ne pouvons pas affronter les défis de notre temps à moins de le faire ensemble  - à moins que nous n’améliorions notre union en comprenant que nous pouvons avoir des histoires différentes, mais que nous portons les espoirs communs ; que nous pouvons ne pas avoir la même apparence et ne pas venir des mêmes endroits, mais que nous voulons tous aller dans la même direction – vers un avenir meilleur pour nos enfants et nos petits-enfants.


Je suis le fils d’un Noir du Kenya et d’une Blanche du Kansas.


Cette croyance vient de ma foi inébranlable dans la décence et la générosité du peuple américain. Mais elle vient aussi de ma propre histoire américaine.

Je suis le fils d’un Noir du Kenya et d’une Blanche du Kansas. J’ai été élevé par un grand-père blanc qui a survécu à la grande Dépression puis a servi dans l’armée de Patton pendant la Seconde Guerre Mondiale et par une grand-mère blanche qui a travaillé dans une usine de bombardiers à Fort Leavenworth pendant que lui était de l'autre côté de l'océan. Je suis allé dans des écoles parmi les meilleures d’Amérique et vécu dans l’un des pays les plus pauvres du monde. Je suis marié à une Noire américaine qui porte en elle le sang d’esclaves et de propriétaires d’esclaves – un héritage que nous avons transmis à nos deux filles bien-aimées. J’ai des frères, des sœurs, des nièces, des neveux, des oncles et des cousins, de toutes les races et de toutes les couleurs, répartis sur trois continents et, jusqu’à la fin de mes jours, je n’oublierai jamais que, dans aucun autre pays sur Terre, mon histoire ne serait même possible.

C’est une histoire qui n’a pas fait de moi le candidat le plus conventionnel. Mais c’est une histoire qui a inscrit jusque dans mes gènes l’idée que cette nation est plus que la somme de ses composantes – qu'à partir de beaucoup nous formons vraiment un tout unique.

Pendant toute la première année de cette campagne, et cela en dépit de toutes les prédictions contraires, nous avons vu à quel point le peuple américain soutenait ce message d’unité. Malgré la tentation de voir ma candidature à travers un prisme purement racial, nous avons remporté d’impressionnantes victoires dans des états dont la population était parmi les plus blanches du pays. En Caroline du Sud, où le drapeau confédéré flotte encore, nous avons bâti une puissante coalition entre des Afro-américains et des Américains blancs.

Cela ne le veut pas dire que la question raciale n’a pas émergé dans la campagne. À plusieurs stades de la campagne, des commentateurs m’ont jugé soit «trop noir» soit «pas assez noir». Nous avons vu des tensions raciales remonter à la surface durant la semaine précédant la primaire en Caroline du sud. La presse a épluché chaque sondage de sortie des urnes pour trouver des preuves d’une polarisation raciale, qui opposerait non seulement les Blancs aux Noirs, mais aussi les Noirs aux basanés. Et, pourtant, ce n’est que ces dernières semaines que, dans cette campagne, le débat racial a pris un tour particulièrement polarisant.

À un bout du spectre, nous avons entendu dire implicitement que ma candidature était d’une certaine manière un exercice de discrimination positive ; qu’elle était fondée seulement sur le désir de libéraux naïfs de s’acheter une réconciliation raciale pour pas cher. À l’autre bout, nous avons entendu mon ancien pasteur, le révérend Jeremiah Wright, utiliser un langage incendiaire pour exprimer des opinions qui peuvent non seulement accroître le fossé racial, mais aussi des opinions qui dénigrent à la fois la grandeur et la bonté de notre nation ; qui offensent tout aussi bien les Blancs que les Noirs. J’ai déjà condamné en des termes non équivoques les déclarations du révérend Wright qui ont causé tant de controverses.

Pour certains, des questions agaçantes demeurent. Est-ce que je savais qu’il avait été occasionnellement un critique virulent de la politique intérieure et étrangère de l’Amérique ? Bien sûr. L’ai-je déjà entendu faire des remarques qui peuvent être considérées comme sujettes à controverse alors que je me trouvais dans son église ? Oui. Étais-je en profond désaccord avec nombre de ses positions politiques ? Absolument – de la même façon que je suis sûr que beaucoup d’entre vous ont entendu des remarques de vos pasteurs, prêtres ou rabbins avec lesquelles vous étiez en profond désaccord.

Mais les remarques qui ont causé la récente levée de bouclier n’étaient pas simplement sujettes à controverse. Elles ne représentaient pas simplement l’effort d’un leader religieux pour s’élever contre ce qu’il percevait comme une injustice. Elles exprimaient une idée profondément fausse de notre pays – l'idée selon laquelle le racisme blanc serait endémique et qui met tout ce qu'il ya de mal en Amérique au dessus de tout ce que nous savons être bien en Amérique ; une idée selon laquelle les conflits au Moyen-Orient trouveraient leur origine principale dans les actions d’alliés solides comme Israël, et non dans des idéologies perverses et haineuses de l’Islam radical.

En tant que tels, les commentaires du révérend Wright n’étaient pas seulement faux : ils cherchaient à diviser, à un moment où nous avons tant besoin d’unité ; ils avaient une connotation raciale, à un moment où nous avons besoin de nous rassembler pour résoudre une série de problèmes monumentaux – deux guerres, une menace terroriste, une économie qui chute, une crise chronique du système de santé et un changement climatique potentiellement dévastateur ; des problèmes qui ne sont ni noirs, ni blancs, ni latinos, ni asiatiques, mais plutôt des problèmes qui nous concernent tous.

lire le discours en entier, en langue française

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4 novembre 2008

"Vichy" - Vichy et la politique migratoire

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"Vichy" / Vichy

ou la malheureuse métonymie

Michel RENARD


"Soyez maudits jusqu'à la septième génération" aurait lancé à ses tourmenteurs Jacques de Molay, le maître de l'Ordre du Temple, le 19 mars 1314 au moment de monter sur le bûcher. En irait-il de même pour la ville de Vichy ? Maudite jusqu'à la septième génération, ou plus encore ?

Le régime pétainiste de l'État français a pourtant été jugé, son idéologie dénoncée, son racisme et son antisémitisme flétris, ses responsables condamnés après 1944. Pourquoi la sous-préfecture, et deuxième ville de l'Allier par sa population, qui n'a pas choisi d'abriter la capitale de l'État français en 1940, porterait-elle l'opprobre aujourd'hui encore ?

Tout le monde sait les raisons qui ont conduit le gouvernement du maréchal Pétain à s'installer dans la ville thermale : l'importance de l'infrastructure hôtelière, la relative proximité de Paris, l'existence du central téléphonique moderne de l'hôtel des Postes... Les habitants n'ont pas accueilli le régime du maréchal plus favorablement qu'une quelconque autre ville française. Après guerre, ils ne se sont pas montrés attachés à la "Révolution nationale" que la Libération venait de renverser.

La facilité langagière qui consiste à nommer Vichy le régime pétainiste, toute sa politique et toute la période de la Collaboration entre 1940 et 1944, a ses limites. On ne devrait souffrir de cette métonymie soixante après. Ou alors faudrait-il en aller de même avec Bordeaux, capitale de toutes les défaites (1870, 1914, 1940), avec Lyon où officia Barbie, avec Paris qui vit la rafle du Vel d'Hiv et dont les bâtiments administratifs et les hôtels furent occupés en grand nombre par les autorités nazies...

La ville de Vichy devrait donc pouvoir accueillir une réunion politique ministérielle, européenne ou autre, sans que celle-ci soit "plombée" par le souvenir de "Vichy, 1940-1944". C'est le sentiment qu'a exprimé la secrétaire d'État à la Ville.

En effet, selon l'AFP (4 novembre), Fadela Amara "trouve dégueulasse" de continuer à traiter la ville de Vichy, où se tient lundi et mardi la conférence ministérielle européenne sur l'intégration, en "pestiférée". "Je trouve dégueulasse", a affirmé mardi sur I Télé Fadela Amara qui était hier à Vichy, "de vouloir rendre la ville de Vichy comme pestiférée de notre histoire".

Par ailleurs, qualifier toute tentative de politique migratoire de "raciste", de "ségrégationniste", venir manifester en habits rayés évoquant les déportés concentrationnaires, tout cela relève du même mésusage des références historiques. Cela ne vaut pas mieux que le slogan "CRS = SS" de 1968.

On récolte le fruit d'un affaissement de l'enseignement de l'histoire, d'une réduction du choix politique à un binôme simpliste (gentil/méchant), de la légèreté avec laquelle on a adjectivé le terme citoyen pour l'étendre à n'importe quelle activité ou situation ("école citoyenne" et autres désinvoltures), de la mécompréhension des épisodes vraiment tragiques de l'histoire du XXe siècle dont on annonce la réédition à chaque campagne propagandiste sans aucun souci de responsabilité politique.

Détecter dans toute politique de droite (sans parler de l'extrême-droite) un syndrome fascisant ou pétainisant est non seulement une paresse de l'esprit devant l'exigence d'avoir à penser le nouveau, mais aussi une insouciance coupable devant les vrais devoirs de mémoire. Cette dernière formule commence à m'indisposer tellement elle sert et contre-sert, car si elle était réellement réfléchie, on ne divaguerait pas ainsi. On ne dirait pas  que la conférence de Vichy est vichyste. Le passé ne serait plus ce réservoir d'incriminations dans lequel on puise sans aucun respect de l'intelligibilité historique.

Michel Renard

_______________________________________________________



iconographie des mésusages du passé historique


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les parallèles pseudo-historiques d'une mauvaise propagande


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la lepénisation puis l'hitlérisation de Nicolas Sarkozy sont des hyperboles imbéciles
qui finissent par méjuger les références historiques qu'elles utilisent en les rendant 
indéchiffrables

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manifestants contre la politique migratoire européenne :
le fait politique n'est plus analysé mais seulement stigmatisé à l'excès


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8 novembre 2008

la culture d’excuse est irrecevable

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la culture d’excuse est irrecevable

André GÉRIN, député


16 octobre 2008

Chère Marie-George,

À propos des sifflets contre La Marseillaise, lors du match France-Tunisie, la culture d’excuse est irrecevable. Dire : il faut comprendre leur colère, est encore pire car cela ne correspond en rien à la réalité de la gangrène communautariste, des mafias, de l’intégrisme, du combat anti France qui pourrit la vie de nos quartiers, de nos gamins, de nos stades.

Je le dis tout net, je suis en total désaccord avec cette approche, comme j’étais en désaccord avec ceux qui ont parlé de la «révolte» des banlieues, en 2005.

La dérive de la société française nourrit la barbarie, la sauvagerie, ce que j’appelle la société «Orange mécanique», où la violence devient la norme, une violence dont est victime la majorité des ados, des jeunes, des familles populaires.

L’appel au respect des valeurs de la République et de la laïcité dans les quartiers est vital alors que des pans entiers de territoires, de l’espace public sont sous contrôle du communautarisme, que la République, le droit des femmes y sont bafoués.

Le renforcement de la ségrégation urbaine, de la discrimination sociale, l’accroissement du chômage et de la pauvreté, l’usage endémique de la violence ont conduit à la constitution des Ghettos de la République ainsi que je l’ai décrit dans mon livre qui porte ce titre.

Les décisions de la droite et du gouvernement sont dangereuses. Ils se servent des sifflets pour masquer l’indigence de leur politique en direction des cités populaires. Ils savent trouver les milliards pour sauver les financiers mais pas pour restaurer la République dans nos quartiers.

Pour contrer les délires du président Sarkozy, nous devons parler vrai, faire des propositions, mener un combat sans faille contre les mafias, les trafiquants, les intégristes. On ne peut pas dénoncer les talibans en Afghanistan et les ignorer au bas de nos immeubles.

J’aimerais que le PCF et toi-même, ancienne ministre des sports, fassent des propositions aux fédérations, aux clubs, aux associations de supporters, que nous réfléchissions ensemble à la bonne façon de porter les valeurs de la République et de la laïcité, d’encourager la coresponsabilité à tous les étages de la société, de redonner du souffle à l’humanisme pour le «vivre ensemble».

Deux gamins de Vénissieux se sont retrouvés à Guantanamo, en 2002. Ayant été en première ligne, en 2004, pour combattre les propos violents de Bouziane contre les femmes et de demander son expulsion de France, je suis sûr d’une chose : nous devons parler clair, tendre la main aux jeunes de France issus de l’immigration car ils ne se reconnaissent pas dans l’attitude d’une minorité qui les salit et les discrédite.

C’est une question républicaine qui nous renvoie au mariage du drapeau tricolore et du drapeau rouge. J’espère que nous pourrons enfin ouvrir le débat dans le parti. Le Parti communiste français a tout à gagner à mener cette bataille.

Il regagnera ses lettres de noblesse dans les classes populaires tout en agissant de manière efficace pour que la jeunesse de France ait toute sa place dans le pays et soit reconnue comme une chance pour l’avenir. Cette question doit être au cœur de notre stratégie de renversement du capitalisme.

Reçois, Chère Marie-George, mes fraternelles salutations.

André GÉRIN
député, maire de Vénissieux (Rhône)

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à propos des sifflets contre La Marseillaise, lors du match France-Tunisie,
la culture d’excuse est irrecevable (André Gérin)

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25 septembre 2008

index des noms propres du livre

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index des noms propres

du livre Faut-il avoir honte de l'identité nationale ?

(individus : 280)


A

Agulhon (Maurice, historien, professeur au Collège de France) 31, 40, 81, 95, 98, 99, 100, 110, 111, 117, 126, 188.
Albanel (Christine, ministre de la Culture) 130.
Allemagne
, 6.
Amar (Marianne, historienne) 156.
Aounit (Mouloud, président du MRAP) 145.
Aragon (Louis, écrivain, poète) 26, 32, 125, 151, 186.
Aron (Jean-Paul, historien, anthropologue) 32.
Artois (comte, devenu roi sous le nom de Charles X) 97.
l'Astrée (roman du XVIIe s.) 59Identit__nationale_couv_d_f.
Attali (Jacques, économiste, écrivain) 32.
Audoin-Rouzeau (Stéphane, historien) 121.
Aulard (Alphonse, historien) 44, 46.

B

Babès (Leïla, sociologue des religions) 172, 173.
Bagge (Dominique, historien des idées) 168.
Bahloul (Ahmed, agrégé de physique) 151.
Balibar (Renée, linguiste) 42.
Barère (Bertrand, conventionnel, rapport sur les idiomes) 141, 142.
Barnavi (Élie, historien) 165.
Barral (Pierre, historien) 102.
Barrès (Maurice, écrivain, homme politique) 50, 94, 112, 113, 114, 115.
Bayrou (François, ministre de l'Éducation nationale) 129, 134.
Beaune (Colette, historienne, médiéviste) 43, 46, 47.
Becker (Jean-Jacques, historien) 120, 121, 122, 123.
Beckett (Samuel, écrivain) 149, 150.
Berque (Jaques, traducteur du Coran) 170.
Berstein
(Serge, historien) 88.
Bert (Paul, homme politique républicain) 111.
Bianciotti (Hector, écrivain, Académie française) 151.
Blais (Marie-Claude, historienne) 98.
Bloch (Marc, historien médiéviste, résistant) 62, 63, 64.
Boulanger (général, boulangisme) 94, 113.
Boutang (Pierre, penseur monachiste, maurrassien) 117.
Braudel (Fernand, historien) 8, 23, 32, 33, 34, 88, 89.
Buisson (Ferdinand, homme politique républicain) 122Identit__nationale_couv_d_f.
Burguière (André, historien) 20, 87, 89, 90.

C

Caillaux (madame, tue pour venger son mari calomnié) 123.
Canada, 6.
Carcassonne (Guy, constitutionnaliste) 136.
Caron (François, historien) 122.
Carpentier (Jean, inspecteur éducation nationale, historien) 36.
Cavanna (écrivain) 151.
Certeau (Michel de, historien, sémiologue) 146.
César (Jules, description de la Gaule) 62.
Chamoiseau (Patrick, écrivain) 15.
Charlemagne, 41, 44.
Charles VII (roi de France) 48.
Charles le Chauve (petit-fils de Charlemagne) 41, 42.
Charles Martel (chef franc, 732, Poitiers) 179.
Charpak (Georges, physicien, prix Nobel) 149, 150.
Chateaubriand (écrivain) 70.
Chaunu (Pierre, historien) 35, 85, 89.
Cheikh Kalid al-Madjid (université islamique, Arabie Saoudite) 168, 169.
Cheng (François, écrivain, Académie française) 151.
Chicago (université) 6.
Chirac (Jacques, président de la République) 136.
Chouquer (Gérard, archéogéographe) 37.
Citron (Suzanne, historienne) 15, 21, 22, 23, 74, 76, 77.
Cobb (Richard, historien britannique) 138.
Contamine (Henry, historien) 121.
Contamine (Philippe, historien, médiéviste) 37, 88Identit__nationale_couv_d_f.
Cornette (Joël, historien) 88, 139.
Curie (Marie, physicienne) 151.

D

Danton (Georges Jacques, conventionnel) 20.
Darcos (Xavier, ministre Éducation nationale) 132.
Darriulat (Philippe, historien) 97, 98.
Decaux (Alain, historien) 22.
De Gaulle (Charles, homme politique, Mémoires de guerre) 51, 68, 188.
Deixonne (Maurice, député) 129.
Delay (Jean, Académie française) 150.
Déroulède (Paul, poète militant nationaliste) 94, 111.
Descartes (René, philosophe français) 25.
Dialogue du Maheustre et du Manant (XVIe siècle) 58.
Dibb (Mohammed, écrivain algérien) 151.
Djavann (Chahdortt, écrivain d'origine iranienne) 151, 182.
Dreyfus (Alfred, capitaine, affaire) 27, 73, 94, 95, 103, 114.
Drumont (Édouard, publiciste antisémite) 94.
Du Bellay (Joachim, poète) 49, 57.
Dubois (Claude-Gilbert, historien de la littérature et de la mythologie) 60.
Duby (Georges, historien, médiéviste) 32, 43.
Du Guesclin (chevalier, connétable de France) 51.
Dumay (Jean-Baptiste, militant ouvrier du Creusot) 102.
Dupin (Éric, journaliste) 148.

E

Éboué (Félix, gouverneur du Tchad colonial) 151Identit__nationale_couv_d_f.
Édouard III (roi d'Angleterre) 45.
Elias (Norbert, sociologue) 54.
El Ouafi (Boughera, médaille d'or en 1928) 151.
Étienne Marcel (prévôt des marchands de Paris) 45.

F

Faure (Félix, homme politique républicain) 111.
Feraoun (Mouloud, écrivain algérien) 151.
Ferré (le Grand, paysan révolté) 51.
Ferry (Jules, homme politique républicain) 74, 118, 122.
Finkielkraut (Alain, philosophe) 37.
Fleurus (26 juin 1794) 97.
Forez (département de la Loire) 59.
Forni (Raymond, président de l'Assemblée nationale) 151.
Fortuyn (Pim, homme politique hollandais, assassiné) 164.
France (Anatole, écrivain, affaire Dreyfus) 96.
François Ier (roi de France) 52, 55, 139.
Fumaroli (Marc, professeur au Collège de France) 31.
Fustel de Coulanges (historien) 105, 106, 107, 108.

G

Gadoffre (Gilbert, historien de la littérature française) 54, 55.
Gambetta (Léon, homme politique républicain) 78, 100, 101, 111, 122.
Girardet (Raoul, historien) 116.
Glissant (Édouard, écrivain) 15.
Godechot (Jacques, historien) 68Identit__nationale_couv_d_f.
Goémé (Christine, journaliste) 18.
Goubert (Pierre, historien) 23.
Gras (Félix, poète provençal), 146.
Grégoire (abbé, 1794, Rapport sur la nécessité et les moyens d'anéantir les patois et d'universaliser l'usage de la langue française) 141, 146.
Grévy (Jules, président de la République) 110.
Guéhenno (Jean, écrivain) 12, 24.
Guénée (Bernard, historien, médiéviste) 43, 49.
Guénif-Souilamas (Nacira, sociologue) 37.
Guesde (Jules, dirigeant socialiste marxiste, fondateur en 1893 du Parti ouvrier français) 103, 104.
Guilaine (Jean, préhistorien) 34.
Guizot (François, historien et homme politique) 32, 75, 84.

H

Hagège (Claude, linguiste, professeur au Collège de France) 133, 138.
Hale (John, historien britannique) 52, 55.
Henri II (roi de France) 52.
Henri IV (roi de France) 53, 57.
Hanotaux (Gabriel, historien, diplomate, Histoire de la Nation française) 91, 92.
Hecht (Gabrielle, historienne américaine) 89.
Hillebrand (Ernst, directeur de la Fondation Friedrich-Ebert) 162, 163.
Hugo (Victor) 11, 78, 111.
Hugues Capet (roi de France) 42.

I

Ioneso (Eugène, écrivain) 149, 150.
Israël, 6.

JIdentit__nationale_couv_d_f

Jaurès (Jean, dirigeant socialiste) 5, 96, 117, 118, 119, 120.
Jean II (roi de France) 45.
Jeanne d'Arc (brûlée vive le 30 mai 1431 à Rouen) 27, 39, 40, 45, 46, 47, 51, 85, 188.
Joliot-Curie (Frédéric, physicien) 150.
Joly (Bertrand, historien) 95, 111, 112, 113, 115.
Jospin (Lionel, ministre de l'Éducation nationale) 129.
Jouvenel des Ursins (évêque de Beauvais) 47.
Jullian (Camille, historien) 84.

K

Kelkal (Khaled, militant islamiste abattu en 1995 dans la banlieue de Lyon) 171.
Kellermann (général, Valmy) 66.

L 

Laborie (Pierre, historien) 88, 127.
Lafayette, 63.
Lafond (Jean, historien de la littérature) 60.
Lamartine (Alphonse, poète, homme politique) 98.
Lamennais (Hugues Félicité Robert de, prêtre, penseur libéral) 167.
Lang (Jack, ancien ministre) 143, 149, 155.
Laval (Pierre, chef du gouvernement de Vichy) 126.
Lavisse (Ernest, historien) 74, 85, 89, 111, 122.
Lazare (Bernard, journaliste dreyfusard) 96.
Lebranchu (Marylise, ancienne garde des Sceaux) 136.
Le Bras (Hervé, démographe) 149, 155.
Lebrun (François, historien) 36.
Le Goff (Jacques, historien, médiéviste) 35, 49.
Le Jean (Régine, historienne, médiéviste) 36.
Le Pen (Jean-Marie, homme politique français) 10, 24, 50, 179.
Le Pourhiet (Anne-Marie, professeur de droit public) 142, 145.
Le Roy Ladurie (Emmanuel, historien) 82.
Le Vassor (historien protestant, XVIIe s.) 61Identit__nationale_couv_d_f.
Lévi-Strauss (Claude, anthropologue) 161, 165.
Lindet (Robert, conventionnel) 20.
Lothaire (petit-fils de Charlemagne) 41.
Louis IX (saint Louis, roi de France) 43.
Louis le Germanique (petit-fils de Charlemagne), 41, 42.
Louis le Pieux (fils de Charlemagne), 41.
Louis XIII (roi de France), 53, 62.
Louis XIV (roi de France), 52, 53, 107.
Louis XVIII (roi de France), 97.
Lubin (professeur d'histoire-géographie) 16, 17.
Lunatic (groupe de rap) 178.
Lunel (Victorin, secrétaire nationale du PS à l'outre-mer) 134.
Lusignan (Serge, historien, médiéviste) 45.
Luther (Martin, XVIe siècle, réformateur religieux allemand) 85.

M

Mac Dougall (Gay, émissaire de l'Onu) 19.
Maïakovski (poète russe) 185.
Mandrou (Robert, historien) 32.
Manent (Pierre, philosophe, historien des idées politiques) 187.
Manouchian (Missak, résistant communiste, Affiche Rouge) 151.
Martin (Henri, historien) 74, 76, 77, 78, 80.
Martin (Jean-Clément, historien) 69.
Mathiez (Albert, historien) 65, 71.
Maurras (Charles, écrivain, homme politique, fondateur de l'Action Française) 50, 94, 115, 116, 117, 126.
Mazarin (cardinal, gouverne la France pendant la minorité de Louis XIV) 150.
Michelet (Jules) 7, 32, 63, 64, 66, 74, 77, 78, 83, 85, 89, 111, 128.
Millerand (Alexandre, homme politique d'abord socialiste) 111.
Milza (Pierre, historien) 21, 154, 155, 156.
Mimoun (Alain, médaille d'or en 1956) 151.
Mirabeau (Honoré Gabriel Riqueti, marquis de) 3.
Mollat (Michel, historien, médiéviste) 46, 48, 139.
Mommsen (Theodor, historien allemand) 105.
Monod (Gabriel, historien, protestant, fondateur de la Revue historique) 111.
Monshipour (Mahyar, boxeur d'origine iranienne) 151.
Montaigne (Michel de, écrivain et humaniste du XVIe s.) 25.
Môquet (Guy, jeune militant communiste, fusillé le 22 octobre 1941) 64.
Muchembled (Robert, historien) 53, 54.

NIdentit__nationale_couv_d_f

Napoléon Ier, 97.
Nicolet (Claude, historien) 65.
Nietzsche (philosophe, revaloriser les valeurs) 125.
Noiriel (Gérard, historien) 19, 30, 34, 96, 120, 124, 157.
Nora (Pierre, historien) 30, 66, 69.
Nordman (Daniel, historien) 61, 62.

                        O

Obin (Jean-Pierre, recteur) 179.
Ollivier (Émile, homme politique républicain) 99.

P

Paulhan (Jean, écrivain) 21.
Paulhan (Jean-Kelly, professeur de lettres) 21.
Péguy (Charles, écrivain) 151.
Pétain (Philippe, maréchal, chef de l'État Français) 126.
Petitfils (Jean-Christian, historien) 52.
Philippe Auguste (roi de France), 43.
Philippe de Valois (roi de France, Philippe VI) 45.
Philippe Ier (roi de France) 44.
Philippe le Bel (roi de France) 45, 50.
Phlipps (Trevor, président de la Commission anglaise de lutte contre les discriminations) 163.Identit__nationale_couv_d_f
Picasso (Pablo, peintre) 149.
Picquart (lieutenant-colonel, officier dreyfusard) 96.
Piguet (Marie-France, linguiste) 75.
Pinton (Michel, chantre de l'abbaye royale de Saint-Denis) 49.
Pirzad (Zoya, romancière iranienne) 150.
Pisan (Christine de, poète) 54.
Politzer (Georges, philosophe) 27, 28.
Ponsot (Pierre, historien) 102.
Ponty (Janine, historienne) 154.
Prost (Antoine, historien) 123.

R

Ramadan (Tariq, petit-fils du fondateur des Frères Musulmans prônant l'islam politique) 71, 172, 173, 174, 175, 177.
Ramadan al-Buti (Saïd, leader islamiste syrien) 175.
Reggiani (Serge, comédien) 151.
Rémond (René, historien) 87.
Renan (Ernest) 8, 107, 108, 109, 115, 152, 174, 175.
Renouvier (Charles, philosophe républicain) 98.
Revel (Jacques, historien) 20, 86, 87.
Rioux (Jean-Pierre, historien) 88, 119.
Rocard (Michel, Premier ministre) 136.
Roland (comte, neveu de Charlemagne, Chanson de Roland) 44.
Ronsard (Pierre de, poète, la Franciade) 57.
Rouget de l'Isle (auteur et compositeur de La Marseillaise) 125Identit__nationale_couv_d_f.
Rousseau (Jean-Jacques, philosophe) 184.
Russes, 6.

                         S

Salif (groupe de rap) 178.
Sarajevo (1914, attentat) 122.
Sarkozy (Nicolas) 7, 119.
Savary (Alain, ministre Éducation nationale) 129.
Savorgnan de Brazza (explorateur français, d'origine italienne) 151.
Sayad (Abdelmalek, sociologue) 11, 154, 160.
Sarrasins, 44.
Satire Ménippée (1593, pamphlet) 59.
Schneider (maître de Forges au Creusot) 126.
Scheurer-Kestner (vice-président du Sénat, affaire Dreyfus) 96.
Schor (Ralph, historien) 159.
Sédar Senghor (Léopold, écrivain, président du Sénégal) 151.
Seghers (Pierre, poète) 26.
Sieyès (abbé, Qu'est-ce que le tiers état ?) 69.
Sirinelli (Jean-François, historien) 88.
Smala (groupe de rap) 178.
Sniper (groupe de rap) 178.
Soleil (Sylvain, historien) 140.
Stasi (Bernard, député) 148.
Sternhell (Zeev, historien) 112, 113.
Suasion de l'Arrest pour la Manutention de la loy Salique (Guillaume du Vair) 57.

T

Taguieff (Pierre-Alain, philosophe) 164Identit__nationale_couv_d_f.
Taleb (Mohammed, résistant bordelais) 151.
Tapié (Victor-Lucien, historien) 61.
Thiesse (Anne-Marie, sociologue) 15, 31.
Thierry (Amédée, historien) 74, 75, 76, 78.
Thierry (Augustin, historien) 74, 83.
Thomas (Édith, écrivain) 25, 26.
Thorez (Maurice, dirigeant du PCF) 125.
Todorov (Tzvetan, sémiologue, essayiste) 30.
Torcy (M. de, cours de droit public, instruction du duc de Bourgogne) 52.
Tribalat (Michèle, démographe) 158.
Trinh Xuan Thuan (astrophysicien) 151.
Triolet (Elsa, née Kagan, écrivain, compagne d'Aragon) 185, 186.

U

Urfé (Honoré d', auteur de l'Astrée) 59, 61.

V

Vair (Guillaume du, conseiller au Parlement sous Henri IV) 57, 58.
Valmy (20 septembre 1792) 40, 97.
Van Gogh (Théo, cinéaste hollandais assassiné) 164.
Ventura (Lino, comédien) 151.
Verdun (1916, bataille) 85.
Verrière (Jacques, historien) 153.
Vidal de la Blache (géographe) 32.
Villèle (comte, Jean-Baptiste, chef du gouvernement sous la Restauration) 167.
Villers-Cotterets (1539, ordonnance) 8, 45, 139, 140.
Villon (François, poète) 151.
Voltaire, 25.
Vovelle (Michel, historien) 18, 65.

WIdentit__nationale_couv_d_f

Wahnich (Sophie, historienne) 71, 72.
Warsmann (Jean-Luc, député) 145.
Waterloo (1815, morne plaine…) 97.
Weil (Simone, philosophe) 13, 38.
Werner (Karl-Ferdinand, historien) 35.
Wilfert-Portal (Blaise, historien) 119.
Willard (Claude, historien) 104.
Winock (Michel, historien) 88, 115, 117, 121.

Y

Yardeni (Myriam, historienne israélienne) 56, 57.

Z

Zeldin (Theodore, historien britannique, Histoire des passions françaises) 92, 189.
Zola (Émile, écrivain) 96.

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19 octobre 2008

l’identité de la France (Fernand Braudel)

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l’identité de la France

est incompréhensible s
ans la suite

des événements de son passé

Fernand BRAUDEL


Je crois que le thème de l’identité française s’impose à tout le monde, qu’on soit de gauche, de droite ou du braudelcentre, de l’extrême gauche ou de l’extrême droite. C’est un problème qui se pose à tous les Français. D’ailleurs, à chaque instant, la France vivante se retourne vers l’histoire et vers son passé pour avoir des renseignements sur elle-même. Renseignements qu’elle accepte ou qu’elle n’accepte pas, qu’elle transforme ou auxquels elle se résigne. Mais, enfin, c’est une interrogation pour tout le monde.

II ne s’agit donc pas d’une identité de la France qui puisse être opposée à la droite ou à la gauche. Pour un historien, il y a une identité de la France à rechercher avec les erreurs et les succès possibles, mais en dehors de toute position politique partisane. Je ne veux pas qu’on s’amuse avec l’identité.


l’accord ou le désaccord avec des réalités profondes

Vous me demandez s’il est possible d’en donner une définition. Oui, à condition qu’elle laisse place à toutes les interprétations, à toutes les interventions. Pour moi, l’identité de la France est incompréhensible si on ne la replace pas dans la suite des événements de son passé, car le passé intervient dans le présent, le "brûle".

C’est justement cet accord du temps présent avec le temps passé qui représenterait pour moi l’identité parfaite, laquelle n’existe pas. Le passé, c’est une série d’expériences, de réalités bien antérieures à vous et moi, mais qui existeront encore dans dix, vingt, trente ans ou même beaucoup plus tard.

Le problème pratique de l’identité dans la vie actuelle, c’est donc l’accord ou le désaccord avec des réalités profondes, le fait d’être attentif, ou pas, à ces réalités profondes et d’avoir ou non une politique qui en tient compte, essaie de modifier ce qui est modifiable, de conserver ce qui doit l’être. C’est une réflexion attentive sur ce qui existe au préalable. Construire l’identité française au gré des fantasmes, des opinions politiques, ça je suis tout à fait contre.

Le premier point important, décisif, c’est l’unité de la France. Comme on dit au temps de la Révolution, la République est "une et indivisible". Et on devrait dire : la France une et indivisible. Or, de plus en plus, on dit, en contradiction avec cette constatation profonde : la France est divisible. C’est un jeu de mots, mais qui me semble dangereux. Parce que la France, ce sont des France différentes qui ont été cousues ensemble. Michelet disait : c’est la France française, c’est-à-dire la France autour de Paris, qui a fini par s’imposer aux différentes France qui, aujourd’hui, constituent l’espace de l’Hexagone.

La France a dépensé le meilleur de ses forces vives à se constituer comme une unité ; elle est en cela comparable à toutes les autres nations du monde. L’oeuvre de la royauté française est une oeuvre de longue haleine pour incorporer à la France des provinces qui pouvaient pencher de notre côté mais avaient aussi des raisons de ne pas désirer être incorporées au royaume. Même la Lorraine en 1766 n’est pas contente de devenir française. Et que dire alors des pays de la France méridionale : ils ont été amenés dans le giron français par la force et ensuite par l’habitude.

II y a donc dans l’identité de la France ce besoin de concentration, de centralisation, contre lequel il est dangereux d’agir. Ce qui vous suggère que je ne vois pas la décentralisation d’un oeil tout à fait favorable. Je ne la crois d’ailleurs pas facile. Je crois que le pouvoir central est tel que, à chaque instant, il peut ramener les régions qui seraient trop égoïstes, trop soucieuses d’elles-mêmes, dans le sens de l’intérêt général. Mais c’est un gros problème.

La seconde chose que je peux vous indiquer, c’est que, dans sa vie économique, de façon curieuse, depuis la première modernité, la France n’a pas su réaliser sa prospérité économique d’ensemble. Elle est toujours en retard, pour son industrialisation, son commerce. Cela pose un problème d’ordre général. Et d’actualité, si cette tendance est toujours valable. Comme si, quel que soit le gouvernement, la France était rétive à une direction d’ordre étatique.

un triomphe culturel, un rayonnement de civilisation

Or la seule raison que je vois qui soit une raison permanente est que l’encadrement capitaliste de la France a braudeltoujours été mauvais. Je ne fais pas l’éloge du capitalisme. Mais la France n’a jamais eu les hommes d’affaires qui auraient pu l’entraîner. Il y a un équipement au sommet, au point de vue capitaliste, qui ne me semble pas parfait. Nous ne sommes pas en Hollande, en Allemagne, aux États-Unis, au Japon. Le capitalisme est avant tout, pour moi, une superstructure et cette superstructure ne réussit pas à discipliner le pays jusqu’à sa base. Tant mieux peut-être ou tant pis, je n’en sais rien. Mais l’inadéquation de la France à la vie économique du monde est un des traits de son identité.

Dernier trait : la France ne réussit pas au point de vue économique ; elle réussit au point de vue politique de façon limitée parce qu’elle triomphe, précisément, dans ses propres limites. Toutes ses sorties en dehors de l’Hexagone se sont terminées de façon malheureuse, mais il y a un triomphe permanent de la vie française, qui est un triomphe culturel, un rayonnement de civilisation.

L’identité de la France, c’est ce rayonnement plus ou moins brillant, plus ou moins justifié. Et ce rayonnement émane toujours de Paris. Il y a aussi une centralisation très ancienne de la culture française. Bien sûr, il existe bien d’autres conditions : triomphe de la langue française, des habitudes françaises, des modes françaises, et, aussi, la présence, dans ce carrefour que la France est en Europe, d’un nombre considérable d’étrangers. Il n’y a pas de civilisation française sans l’accession des étrangers ; c’est comme ça.

Le gros problème dans le monde actuel est de savoir comment la société française réussira ou non à accepter ces tendances et à les défendre si nécessaire ; si vous n’avez pas, par exemple, une politique de rayonnement à l’égard de l’Europe et du monde entier, tant pis pour la culture française.

La langue française est exceptionnellement importante. La France, c’est la langue française. Dans la mesure où elle n’est plus prééminente, comme ce fut le cas aux XVIIIe et XIXe siècles, nous sommes dans une crise de la culture française. Avons-nous les moyens de remonter la pente ? Je n’en suis pas sûr, mais j’ai quelque espoir. L’empire colonial que nous avons perdu est resté fidèle à la langue française. C’est vrai aussi des pays de l’Est, de l’Amérique latine.


une réalité sous-jacente

L’identité française relève-t-elle de nos fantasmes collectifs ? Il y a des fantasmes et il y a autre chose. Si j’ai raison dans ma vision de l’identité française, quels que soient nos pensées, nos fantasmes, il y a une réalité sous-jacente de la culture, de la politique de la société française. J’en suis sûr.

Cette réalité rayonnera ou ne rayonnera pas, mais elle est. Pour aller plus braudelloin, je vous dirai que la France a devant elle des tâches qu’elle devrait considérer avec attention, avec enthousiasme. Elle est devenue toute petite, non parce que son génie s’est restreint, mais en raison de la vitesse des transports d’aujourd’hui. Dans la mesure où, devenue toute petite, elle cherche à s’étendre, à agripper les régions voisines, elle a un devoir : faire l’Europe.

Elle s’y emploie, mais l’Europe s’est accomplie à un niveau beaucoup trop haut. Ce qui compte, c’est de faire l’Europe des peuples et non pas celle des patries, des gouvernements ou des affaires. Et ce ne sera possible que par la générosité et la fraternité.

Le Monde les 24-25 mars 1985,
entretien réalisé par Michel Kajman.

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quels que soient nos pensées, nos fantasmes, il y a une réalité sous-jacente
de la culture (Braudel)  : vieux pont du XVe siècle à Belcastel (Aveyron)


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3 septembre 2008

tous les articles de ce blog

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Jeanne d'Arc au sacre de Charles VII (17 juillet 1429), la Fête de la Fédération (14 juillet 1790)



liste de tous les articles


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- Identité nationale et Europe : réponse à Emmanuel Raveline

- La France était claire ce matin-là (1941), François Mitterrand

- "Ils nous ont pris Jeanne d'Arc...", Jean Perrin, 14 juillet 1935

- Nouveau musée de l'histoire de France

- "Oui ou non, la France doit-elle être la France ?" Charles De Gaulle (1963)

- Rouget de Lisle (1760-1836)

- Chevènement : "la nation n'est pas périmée"

- Le titre refusé d'une Histoire politique de la nation française

- Bons et mauvais arguments sur le musée de l'histoire de France : réponse à Thomas Wieder

- Condamnation d'Israël : ressorts inavoués

- Bon seulement pour les autres ? Michel Renard

- Largons la France républicaine... Place à l'Hexagonie ! Michel Renard

- Une part de la fraternité française à nouveau profanée

- De plus en plus de femmes radicales islamistes en France, Le Figaro

- Revue de presse écrite, audio-visuelle et en ligne

- Quelles sont les composantes de l'identité nationale ? Michel Renard

- Statistiques : la question des minorités en France, Michèle Tribalat

- Dominique Voynet ne veut plus de défilé pour commémorer le 11 novembre

- "La culture d'excuse est irrecevable" André Gérin, député

- "Patria", Les Châtiments, Victor Hugo : l'identité nationale et l'émancipation du monde

- "L'identité nationale ne veut pas dire la pureté raciale" Rama Yade

- "Poursuivre la longue marche de ceux qui sont venus avant nous", Barack Obama

- "Vichy" / Vichy, ou la malheureuse métonymie

- "faire exploser l'identité française" : le projet politique des "Indigènes de la République"

- Aux mythes de la race, opposer les images de la nation (Louis Aragon)

- L'identité de la France est incompréhensible sans la suite des événements de son passé (Fernand Braudel)

- La Marseillaise encore sifflée dans un stade, après avoir été admirablement chantée par Lââm

- Qu'est-ce qu'une nation ? Ernest Renan (1882), texte intégral de la conférence faite en Sorbonne

- identité bretonneIdentit__nationale_couv_d_f

- identité démocratique, identité nationale, à propos d'un livre de Vincent Duclert

- l'Histoire sincère de la nation française, de Seignobos, jugée par Lucien Febvre (1933)

- Le départ des volontaires en 1792, François Rude (1833-1836)

- la rose et le réséda, Aragon, 1943

- revue de presse écrite, audio-visuelle et en ligne

- Je meurs et France demeure, Aragon (Ballade de celui qui chanta dans les supplices, La Diane française, 1943-1944)

- histoire agraire de la France : les origines reculées d'une armature (Marc Bloch, 1941)

- Henri Martin, historien républicain (1810-1883)

- la France d'avant la France, l'obscure mémoire d'une nation
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- la France de Vincent van Gogh

- la France romane

- Fernand Braudel, L'identité de la France (1986)

- Ô soldats de l'an II, Victor Hugo (1853)

- le Musée de l'histoire de France (Hôtel de Soubise, Paris)van_gogh_pont_langlois_Kroller

- images de l'histoire de France, anciens manuels scolaires

- Histoire de France, André Burguière et Jacques Revel

- le livre Faut-il avoir honte de l'identité nationale ? et ses auteurs



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29 septembre 2008

identité bretonne

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identité bretonne


échange de messages avec Philippe, de Brest


brest11






Brest


je me sens d'identité nationale bretonne


réponse au message du 28/09/08 22:17
De : "Michel RENARD"
A : brest.lcr@laposte.net
Objet : Faut-il avoir honte de l'identité nationale ?

salut

message tronqué, je suis allé sur votre blog.
personnellement je ne suis pas de votre bande, je me sens d'identité nationale bretonne (né au Sénégal, polyglotte, ayant vécu en Espagne et en Tunisie, pas nationaliste breton du tout).
par contre notre ami Piquet (la tendance unitaire de la LCR)  qui a écrit un livre sur la république doit être assez proche de vous non ?
kenavo
Philippe

_______________________________________________________


réponse

Merci de votre message.

La nation n'est pas une "bande" et l'identité bretonne (indéniable) n'est pas une nation - sauf pour une infime minorité de militants indépendantistes qu'on entendait il y a une trentaine d'années... et même pas pour les autonomistes qui, de toute façon, ne font guère que 2% des voix aux élections.
Il y a donc certainement une manière bretonne (celtique, armoricaine...) d'appartenir à la nation française. "Cette vieille province - comme le dit l'historien Joël Cornette, si passionnément bretonne et si éminemment française".

Quant à "notre ami Piquet", je le connais de notoriété mais je n'ai pas lu (sûrement à tort) ses livres.

kenavo (pourquoi pas)

Michel Renard

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calvaire de Menez-Groas (Finistère) - inscriptions : Voeu 1914-1918,
G. Louarn - date: 1920 - constructeur : Louarn
(source)



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27 septembre 2008

à propos d'un livre de Vincent Duclert

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identité démocratique, identité nationale

à propos d'un livre de Vincent Duclert

Commentaire formulé à la lecture d'un compte rendu du livre de Vincent Duclert, La France, une identité démocratique. Les textes fondateurs (Seuil, mars 2008).

nation
place de la Nation, Paris

L’identité démocratique n’est que l’une des facettes

de l’identité nationale

26 septembre 23:17, par  Michel Renard

Je n’ai pas encore lu l’ouvrage de Vincent Duclert. Mais la phrase qui en ouvre le compte rendu : "si la France a une «identité», celle-ci est profondément démocratique, fondée sur des idéaux qui remontent aux Lumières et à l’Antiquité" montre que Vincent Duclert a choisi une identité française contre une (d’)autre(s).
En attendant de lire son livre, je fais l’hypothèse que "ma" France doit se rapprocher de la sienne. Mais l’identité nationale ne peut être que l’expression des deux France, des courants qui se sont opposés au cours de sa longue histoire et qui ont configuré une anthropologie, des types de sociabilité, des référents culturels et littéraires... et pas seulement des options politiques. L’identité démocratique ne peut être que l’une des facettes de l’identité nationale.

Michel Renard co-auteur avec Daniel Lefeuvre de
Faut-il avoir honte de l’identité nationale ?
(Larousse, 22 octobre 2008).

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présentation par l'éditeur du livre de Vincent Duclert

Depuis plusieurs mois, il se dit que l'identité française serait exclusivement nationale. Et depuis le 31 mai 2007, un ministère se consacre à l'Immigration, à l'Intégration, à l'Identité nationale et au Codéveloppement. Pourtant, c'est aussi une identité démocratique que la France s'est donnée au cours des siècles. Non pas exclusive de la nation, mais la nourrissant de ses valeurs politiques de liberté, de tolérance et de justice.
Voici une défense et illustration de la démocratie à la française, qui fait entendre la voix de ceux qui en ont été les inspirateurs ou les maîtres d'œuvre : de Michelet à de Gaulle, d'Olympe de Gouges à Simone Weil, de Victor Hugo à Aragon, de Zola à Éluard, de Péguy à Jean Moulin, de Rousseau à Clemenceau, de Mauriac à Mendès France.
Une plongée salutaire dans les textes fondateurs d'une identité aujourd'hui contestée.        

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l'identité démocratique n'est que l'une des facettes de l'identité nationale


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22 septembre 2008

la nation française de Seignobos, jugée par Lucien Febvre

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l'histoire sincère de la nation française

de Seignobos

jugée par Lucien Febvre (1933)


Lucien Febvre a sévèrement jugé le livre de Charles Seignobos, (1854-1942), Histoire sincère de la nation française, paru en 1932. On croit souvent que la cause en serait une vision nationaliste et intégralement événementielle de la nation que l'historien fondateur des Annales aurait pourfendue sans ménagement dans son article publié par la Revue de synthèse en 1933. Il n'en est rien. C'est presque l'inverse qui est vrai.

L'ouvrage de Seignobos avait été annoncé comme "la Vérité contre la Tradition" d'où l'usage du terme "sincère" dans le titre. Lucien Febvre se gausse de cet adjectif et ne relève que "trois ou quatre boutades" en fait d'audace. Parmi lesquelles deux allusions à la Gaule et à Jeanne d'Arc qui évitent soigneusement de parler de "nation" et de "patriotisme".

Or, Lucien Febvre reproche à Seignobos son refus du terme de "nation" au sujet de la Gaule, contrairement au travail de Camille Jullian (1859-1933). Et moque l'auteur de réduire Jeanne d'Arc à un loyalisme partisan. Il lui oppose le projet de Vidal de la Blache (1902) de "rechercher comment et pourquoi des contrées hétérogènes, qu’aucun décret nominatif de la Providence ne désignait pour s’unir dans un certain ensemble, ont cependant fini par former cet ensemble", la nation.

Michel Renard

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Histoire «sincère», donc «intrépide» : la pente des vertus est glissante. Écoutons Charles Seignobos dans sa Seignobos_hist_sinc_rePréface : il parlera «sans réticence, sans aucun égard pour les opinions reçues, sans ménagement pour les convenances officielles, sans respect pour les personnages célèbres et les autorités établies». Le grand serment. Résultat de tant d’audace ? En 520 pages, trois ou quatre boutades.

Voici Vercingétorix sur son Mont-Auxois. Toujours alerte, Charles Seignobos, grimpant sur le morne piédestal du vaincu d’Alésia, s’en va gentiment lui tirer les moustaches (p.-30). Un héros national ! À d’autres ! Et que nous veut cette invention de «patriotes rétrospectifs» ? Il n’y avait pas de «nation» en Gaule au temps de Vercingétorix : affirmation péremptoire qui suffit évidemment, en bonne méthode, à jeter par terre les conclusions contraires d’une Histoire insincère de la Gaule à quoi, comme chacun sait, Camille Jullian a consacré sa vie ? — Les Gaulois n’ayant «jamais formé une nation», Vercingétorix ne peut avoir été le héros «national» des Gaulois. C. Q. F. D.

Ne notons pas qu’ici Seignobos semble avoir une idée précise de ce qu’il faut entendre par «nation» ; il aurait bien dû, nous l’allons voir, tirer parti de cette précision lorsqu’il formait le dessein de son livre. Ne demandons pas non plus ce que fut, «en vérité», Vercingétorix. «Un chef arverne ayant servi dans l’armée romaine», répondrait Seignobos (p. 30) et qui, «un soulèvement général» ayant éclaté en Gaule (général, non pas national, vous l’entendez assez), fut prié de prendre la tête d’une «ligue de guerre contre les envahisseurs étrangers». — En somme, un commandant en chef de forces interalliées ? Alors, qualifions Vercingétorix de «héros polynational des Gaules» et n’en parlons plus. Les «patriotes rétrospectifs» y pourront voir une promotion, et la sincérité de Seignobos s’épanouira d’aise.

Il y a Jeanne d’Arc aussi... C’était prévu. Incarnation du patriotisme ? Allons donc ! fadaises à la Michelet, ce Michelet qui n’avait pas la Méthode. (Ce qui n’empêche pas que la seule Jeanne d’Arc intelligible que nous ayons, jusqu’à présent, ce ne soit toujours la Jeanne d’Arc de Michelet ... ) — Jeanne d’Arc ? Une partisane, sans plus (p.-201). «Son loyalisme s’adressait au roi de son parti, plutôt qu’au roi de la nation française,» Ce n’est pas nouveau et c’est simple ; si simple que je comprends mal. D’abord, si l’un des deux partis, le bourguignon, était apparu comme l’allié de l’étranger, et que ce ne fût pas, précisément, celui de Jeanne ? Surtout, roi d’un parti, roi de la nation, je ne comprends pas. Mais je voudrais savoir ce qu’était le roi de France, à cette date, dans l’opinion commune des hommes. Toute la question gît là.



on demande à l'historien d'expliquer

Car, un historien, on ne lui demande pas de dire (sauf dans les journaux, quand on l’interviewe ; mais alors, il ne s’agit plus d’histoire) — si, oui ou non, Vercingétorix et Jeanne d’Arc méritent le titre de «héros nationaux». On lui demande d’ «expliquer» l’un et l’autre de ces personnages historiques. «Résistance à l’étranger», j’y reviens et ce n’est pas ma faute si le professeur d’histoire m’y incite après le «métaphysicien» : je voudrais savoir ce que, dans l’esprit des Gaulois soulevés «généralement» contre Rome, cette formule pouvait représenter d’idées et de sentiments, sans doute radicalement différents de nos idées et de nos sentiments à nous ? Donc, ce qu’incarnait réellement le chef commun de cette résistance, Vercingétorix ? Ou encore, ce que les «Armagnacs» du temps de Charles VII pouvaient mettre derrière leur lutte «contre les bandes au service du roi d’Angleterre» ?

En d’autres termes, m’apprendre ce qui animait à la lutte Jeanne et ses compagnons, ce qu’étaient pour eux le roi qu’ils combattaient et le roi qu’ils soutenaient, voilà ce que je demande à l’historien. Et, s’il ne peut satisfaire mes curiosités, qu’il dise du moins : «J’ai cherché. Les questions que je me suis posées, les voici. Je n’ai rien trouvé. Demain, peut-être, un autre, plus heureux...»

La porte ouverte, toujours. Des mises en place, non des déboulonnements. Des programmes d’enquête et non des boutades pour ennuyer X... ou dire son fait à Y... De la sincérité ? affaire à vous. Mais du sens historique, oui. Je veux dire : un effort constant, tenace, désespéré pour entrer, et faire entrer le lecteur dans la peau même des hommes d’autrefois.


quelle est la "nation" de Seignobos ?

Cela dit, quel a été, exactement, le dessein de Ch. Seignobos ? Qu’a-t-il voulu nous donner ? Histoire de la nation française, répond le titre : c’est précisément ce que réclamait Benda, — Julien Benda dont la thèse s’oppose si catégoriquement à la thèse de Ch. Seignobos, et qui, sur ce qu’il entend par Nation, ne laisse planer aucune sorte de doute. Mais Seignobos : «J’ai voulu faire une esquisse de l’histoire de l’évolution du peuple français». Donc, peuple français égale nation française ? Est-ce bien sûr ? — «Montrer en quel temps, continue Seignobos, en quel lieu et par quels motifs se sont créés les usages, les institutions, les conditions de vie qui me paraissent former le fondement de la nation française...»

Nous voici loin de la Nation au sens de Benda, en pleine «histoire de la société», ou des sociétés qu’aux époques diverses les Français de toutes les conditions, de tous les états, de toutes les cultures ont constituées, le fort portant le faible, comme disaient les fiscaux ? — Est-ce bien sûr encore ? En cent passages, Seignobos témoigne d’une conception toute majoritaire de sa «nation française».

La masse, voilà ce qui le préoccupe. En vertu d’un raisonnement singulier et qui révèle la plus étrange conception qui soit du rôle des idées et de la façon dont elles se propagent, il lui sacrifie les Arts, les Sciences, les Lettres. Il lui dédie, par contre, les faits de la vie quotidienne : n’ont-ils pas toujours formé «l’intérêt principal de la vie de l’énorme majorité des individus ?» — Alors quoi ? On s’y perd. Histoire de la nation, ou du peuple français, ou du peuple de France, ou des masses populaires ? Une sarabande, et dans un livre d’éducation publique, faut-il dire, dès le début, un bon exemple ? (…)



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Lucien Febvre (1878-1956)


comment des contrées hétérogènes ont-elles fini

par former un ensemble ?

Car nous pouvons maintenant aller droit au fait. Seignobos n’a point écrit son livre pour le vain plaisir de noircir du papier. Ou je me méprends totalement sur son compte, ou il s’est proposé de créer un livre d’éducation populaire, susceptible d’une large diffusion. Livre d’éducation et, en même temps, il faut le supposer, livre d’initiation à l’histoire, à ses méthodes, à son esprit, à son objet ? Jugée de ce double point de vue, que dire de l’Histoire sincère ? Qu’elle est, en vérité, déconcertante. Et d’abord par son conformisme. Car ce livre est, d’un bout à l’autre, traditionnel.

La conception de son sujet ? Seignobos l’a prise dans le domaine public. Tout au long de son livre, il fait de la France un «donné tout fait», un lit prédestiné qui, dès la première page de l’Histoire sincère, attend, toutes couvertures providentiellement faites, que l’Élu s’y couche ? Et cependant l’ai-je rêvé, que Vidal de la Blache dans son Tableau, il y a trente ans, a magistralement posé le vrai problème : rechercher comment et pourquoi des contrées hétérogènes, qu’aucun décret nominatif de la Providence ne désignait pour s’unir dans un certain ensemble, ont cependant fini par former cet ensemble : celui, en l’espèce, que pour la première fois nous saisissons dans les textes de César dessinant par ses «limites naturelles» une Gaule, préfiguration approximative de notre France ?

Mais former un tel ensemble, c’est beaucoup et ce n’est rien. Car il ne vaut que s’il s’est maintenu. Cent ensembles différents auraient pu se constituer, et se sont constitués temporairement, qui n’ont pas duré et que nous négligeons parce que l’histoire n’enregistre que les réussites. Comment, pourquoi, malgré tant «d’offres», comme aurait dit Lavisse, tant d’essais ratés de nations franco-anglaises, ou franco-ibériques, ou franco-lombardes, ou franco-rhénanes, entrevues comme possibles ou, parfois, temporairement réalisées dans les faits   — comment, pourquoi la formation Gallia, après maintes tourmentes, a-t-elle toujours réussi à reparaître et à rattrouper autour d’un germe (dont nulle part la notion féconde n’apparaît dans le livre de Ch. Seignobos) les membra disjecta que des événements, par nous qualifiés de «hasards», avaient temporairement dissociés de l’ensemble ?

N’y eut-il là, en effet, que «contrainte mécanique d’événements extérieurs», ou bien faut-il faire place à d’autres facteurs, ceux que J. Benda voudrait mettre en lumière ? — Et encore, quand nous parlons de Français dès le seuil d’une histoire dite «de France» et que nous continuons à en parler tout au long de cette histoire, avons-nous raison ? Ces Français, ne devrions-nous pas, à toutes les époques, nous soucier de dire qui ils étaient — de préciser ce que nous nommons Français à une certaine date, et ce que nous excluons de la France, et quels étaient, sur les points importants qui nous retiennent, les sentiments des exclus, des Français séparés ?

Il est commode d’escamoter une question. Le problème demeure, qu’il faut énoncer si l’on veut donner au public une réelle leçon d’indépendance d’esprit. — Ce problème que Vidal posait en grand géographe, Benda, en métaphysicien pressant. Et que Seignobos a refusé de poser en historien. Parce que la notion même de problème lui demeure étrangère, comme «répugnante» celle d’hypothèse. Nouvelle fidélité à des idées de toujours.

Lucien Fevre, "Ni histoire à thèse ni histoire-manuel.
Entre Benda et Seignobos", Revue de Synthèse, V, 1933



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Febvre en haut à droite, Seignobos en bas à gauche

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20 septembre 2008

Le départ des volontaires en 1792 (François Rude, 1833-1836)

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Le départ des volontaires en 1792

François Rude (1833-1836)



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La Marseillaise
ou Le départ des volontaires en 1792
François Rude, haut-relief, pierre de Chérence (hauteur 12,70 m)
Arc de triomphe de l'Étoile à Paris (1833-36)



François Rude et "le départ des volontaires de 1792"

Célèbre grâce à l’«icône» républicaine qu’il créa pour l’Arc de Triomphe de l’Étoile, Rude eut une carrière atypique due aux événements politiques et à ses engagements personnels. Formé à la fameuse école de dessin de François Devosges à Dijon, Rude monta à Paris en 1807 avec une recommandation pour Denon, directeur des musées et presque ministre des Beaux-Arts et une petite figure en bronze qu’il conserva jusqu’à la fin de ses jours : Thésée ramassant les armes de son père (musée du Louvre) qui montre déjà son goût particulier pour l’efficacité du geste.

Il travailla à la colonne Vendôme tout en s’inscrivant à l’École des Beaux-Arts en 1809. Il concourut pour le prix de Rome et obtint le premier grand prix en 1812 mais ne put partir. Avec le retour des Bourbons, Rude dut s’exiler ; il épousa Sophie Frémiet, la fille de son protecteur, une élève du peintre David qu’ils retrouvèrent à Bruxelles. Il y obtint quelques commandes officielles pour les décors du Théâtre royal et du palais de Tervueren. Il y fit un magnifique portrait de Louis David (musée du Louvre). Il rentra à Paris en 1827 et prit part aux expositions avec
Mercure attachant ses talonnières dont le bronze fut immédiatement comparé à celui de Jean  Bologne.

C’est au Salon de 1831 que Rude fut remarqué par la presse : son Jeune pêcheur napolitain (marbre 1833, musée du Louvre) frappa la critique par sa pose  naturelle et par la jeunesse et la liberté du thème. Dès lors, Rude fut considéré comme l’un des chefs de file de cette nouvelle école de sculpture que l’on n’appelait pas encore «romantique».

Thiers s’adressa à lui pour le décor de l’Arc de Triomphe de l’Étoile, commencé sous Napoléon mais dont le décor fut exécuté sous Louis-Philippe [roi des Français après la Révolution de Juillet 1830]. Le relief du
Départ des Volontaires en 1792 qui orne la pile nord de la face est, vers les Champs-Élysées, entre dans le programme voulu par Louis-Philippe : rassembler tous les Français, qu’ils soient révolutionnaires, bonapartistes ou royalistes. À l’étage inférieur sont représentés des soldats, jeunes et vieux qui partent au combat, entraînés par une Victoire reconnaissable à ses ailes, mais qui fut rapidement vue comme une allégorie de la Patrie.

Du point de vue stylistique, Rude y mêle très habilement les figures nues à l’antique et des détails plus  pittoresques comme le costume du vieux guerrier gaulois. Toutefois, malgré le vocabulaire antique de cette Victoire ailée, casquée et portant l’égide sur la poitrine, telle une Minerve, la violence du geste, le visage aux yeux exorbités, à la bouche déformée par le cri qu’elle hurle  à l’avant des troupes, font de cette figure un des chefs-d’œuvre de la sculpture romantique. Finalement cette allégorie de la Patrie a trouvé une telle résonance dans la sensibilité populaire que le relief est désormais connu sous le nom de «La Marseillaise» ; cette image a été utilisée par tous les partis politiques.

Isabelle Leroy-Jay Lemaistre, conservateur en chef
          département des sculptures, musée du Louvre (source)


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Rude, François
Le Départ des Volontaires de 1792, dit "La Marseillaise"

France, 1830 - 1835
Sculpture, Plâtre : Haut-relief
Hauteur : 216 ; Largeur : 134 ; Profondeur : 49
Musée des Beaux-Arts de Dijon
CA 1079 Don : Rondelet, 1868, CA 1079
Photo : François JAY © Musée des Beaux-Arts de Dijon

Le sculpteur dijonnais François Rude est associé au programme du décor sculpté de l'Arc de Triomphe de l'Etoile à Paris, de 1832 à 1836, rappelant les victoires de la République et de l'époque napoléonienne. C'est pour l'un des pieds-droits de ce monument, édifié d'après les plans d'Antoine Chalgrin, que Rude exécute ce haut-relief sur le thème du départ des Volontaires de 1792, plus communément intitulé "La Marseillaise".

Sur cette maquette originale en plâtre se lit la transposition à l'antique d'un événement de l'épopée révolutionnaire. Le Génie de la Liberté, les ailes déployées, entraîne de la voix et du geste les volontaires de tous âges appelés à la défense des frontières, dans une composition dynamique et équilibrée.

Les souvenirs classiques (le traitement de l'anatomie, les drapés, les cuirasses et les armes...) s'allient à un nouveau souffle romantique (gestes véhéments, expressions marquées des visages, mouvements...), plus accentué encore dans la réalisation finale de près de 13 m de haut où l'on note quelques variantes (remplacement des draperies et des peaux de bête par des pièces d'armures).

Après le "Petit Pêcheur napolitain", remarqué au Salon de 1831, "La Marseillaise" consacre enfin la renommée de cet ancien élève de l'École de dessin de Dijon, fixé définitivement à Paris en 1827, après plusieurs années d'exil sous le règne des Bourbon.

extrait de : Le musée des Beaux-Arts de Dijon, RMN, Musée des Beaux-Arts de Dijon,
Paris, 2002 (notice de Catherine Gras) (source)



8


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l'Arc de Triomphe et le décor sculpté des quatre piles

arc


volontaires
Le Départ des Volontaires de 1792
, communément appelé
la Marseillaise, par François Rude

triomphe
Le Triomphe de 1810, par Jean-Pierre Cortot, célébrant la paix
de Vienne. Le personnage central est Napoléon Ier



resistance
la Résistance, par Antoine Etex


paix
La Paix
, par Antoine Etex


 

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19 septembre 2008

La rose et le réséda (Louis Aragon)

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          La rose et le réséda

 

                                                          À Gabriel Péri et d'Estienne d'Orves
                                                          comme à Guy Môquet et Gilbert Dru

 

                     
                             Celui qui croyait au ciel
                             Celui qui n'y croyait pas
                             Tous deux adoraient la belle
                             Prisonnière des soldats
                             Lequel montait à l'échelle
                             Et lequel guettait en bas

                             Celui qui croyait au ciel
                             Celui qui n'y croyait pas
                             Qu'importe comment s'appelle
                             Cette clarté sur leur pas
                             Que l'un fût de la chapelle
                             Et l'autre s'y dérobât

                             Celui qui croyait au ciel
                             Celui qui n'y croyait pas
                             Tous les deux étaient fidèles
                             Des lèvres du coeur des bras
                             Et tous les deux disaient qu'elle
                             Vive et qui vivra verra

                             Celui qui croyait au ciel
                             Celui qui n'y croyait pas
                             Quand les blés sont sous la grêle
                             Fou qui fait le délicat
                             Fou qui songe à ses querelles
                             Au coeur du commun combat

                             Celui qui croyait au ciel
                             Celui qui n'y croyait pas
                             Du haut de la citadelle
                             La sentinelle tira
                             Par deux fois et l'un chancelle
                             L'autre tombe qui mourra

                             Celui qui croyait au ciel
                             Celui qui n'y croyait pas
                             Ils sont en prison lequel
                             A le plus triste grabat
                             Lequel plus que l'autre gèle
                             Lequel préfère les rats

                             Celui qui croyait au ciel
                             Celui qui n'y croyait pas
                             Un rebelle est un rebelle
                             Deux sanglots font un seul glas
                             Et quand vient l'aube cruelle
                             Passent de vie à trépas

                             Celui qui croyait au ciel
                             Celui qui n'y croyait pas
                             Répétant le nom de celle
                             Qu'aucun des deux ne trompa
                             Et leur sang rouge ruisselle
                             Même couleur même éclat

                             Celui qui croyait au ciel
                             Celui qui n'y croyait pas
                             Il coule, il coule, il se mêle
                             À la terre qu'il aima
                             Pour qu'à la saison nouvelle
                             Mûrisse un raisin muscat

                             Celui qui croyait au ciel
                             Celui qui n'y croyait pas
                             L'un court et l'autre a des ailes
                             de Bretagne ou du Jura
                             Et framboise ou mirabelle
                             Le grillon rechantera
                             Dites flûte ou violoncelle
                             Le double amour qui brûla
                             L'alouette et l'hirondelle
                             La rose et le réséda

Louis Aragon

 

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framboise (haie) et mirabelle (arbre) ; le réséda pousse sur les haies
et la rose est un symbole de pureté associé à Marie ;
l'alouette vole dans les slllons et l'hirondelle haut dans le ciel

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les dédicataires de "la rose et le réséda"

Poème paru le 11 mars 1943, "la rose et le réséda" est le dernier poème que publia Louis Aragon avant de rentrer dans la clandestinité. Il fut édité sous forme de tracts anonymes jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale et dédié, en 1944, à quatre résistants de droite et de gauche, deux communistes et deux chrétiens, fusillés par les Allemands :
- Gabriel Péri, homme politique et journaliste français, membre du Parti communiste, fusillé le 15 décembre 1941 ;
- Honoré d'Estienne d'Orves, officier de Marine français, rallié au Général de Gaulle en 1940, fusillé le 29 août 1941.
- Guy Moquet, fils d'un député communiste, fusillé comme otage le 22 octobre 1941, à l'âge de 17 ans ;
- Gilbert Dru, qui organisa la Résistance dans les milieux de la Jeunesse chrétienne, fusillé à Lyon le 17 juillet 1944, à l'âge de 24 ans.

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liens

- film de François Hans sur l'exécution de Guy Môquet

- la rose et le réséda, une chanson sur dailymotion ("Les Choses de Rien", premier album du groupe "La Tordue", 1995)

- la rose et le réséda, autre chanson sur dailymotion (J.-M. Grossi)

- la rose et le réséda, récité par Jean Chevrier, sur Deezer.com

- une lecture-chantée de Michel Carey accompagné par Marcelle Dedieu-Vidal dans un disque également consacré à Honegger et Poulenc

- la rose et le réséda, poème récité par Jean Chevrier (et non par Aragon lui-même comme annoncé sur la vidéo)

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mur des fusillés à la caserne Tirlet de Châlons-sur-Marne

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Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle
La rose et le réséda

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17 septembre 2008

Je meurs et France demeure (Aragon, "La Diane française")

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Ballade de celui qui chanta

dans les supplices


Je meurs et France demeure
Mon amour et mon refus
Ô mes amis si je meurs
Vous saurez pour quoi ce futbl__coquelicot

Ils sont venus pour le prendre
Ils parlent en Allemand
L'un traduit Veux-tu te rendre
Il répète calmement

Et si c'était à refaire
Je referais ce chemin
Sous vos coups chargés de fers
Que chantent les lendemains

Il chantait lui sous les balles
Des mots sanglants est levé
D'une seconde rafale
Il fallu l'achever

Une autre chanson française
À ses lèvres est montée
Finissant La Marseillaise
Pour toute l'humanité

Aragon
Ballade de celui qui chanta dans les supplices
in La Diane française (extrait), 1943-1944

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Aragon dans la Drôme en 1944

La "diane" est un roulement de tambour ou une sonnerie de clairon pour réveiller les soldats.

Définition (source) - La Diane (du latin diem, «le jour») est une sonnerie réglementaire de clairon ou de trompette, et une batterie de tambour, annonçant le réveil des soldats en campagne. Elle se substitue alors à la sonnerie habituelle Le réveil. Charles Baudelaire la cite dans l'un de ses vers : "La diane chantait dans les cours des casernes" - autre définition dans : patrimoine-de-france

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15 septembre 2008

histoire agraire : les origines reculées d'une armature (Marc Bloch)

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histoire agraire de la France :

les origines reculées d'une armature

Marc BLOCH (1941)



t_bloch5L’homme passe son temps à monter des mécanismes, dont il demeure ensuite le prisonnier plus ou moins volontaire.

Quel observateur parcourant nos campagnes du Nord n’y a été frappé par l’étrange dessin des champs ? En dépit des atténuations que les vicissitudes de la propriété ont, au cours des âges, apporté au schéma primitif, le spectacle de ces lanières qui, démesurément étroites et allongées, découpent le sol arable en un nombre prodigieux de parcelles, garde encore aujourd’hui de quoi confondre l’agronome.

Le gaspillage d’efforts qu’entraîne une pareille disposition, les gênes qu’elle impose aux exploitants ne sont guère contestables. Comment l’expliquer ?

Par le Code Civil et ses inévitables effets, ont répondu des publicistes trop pressés. Modifiez donc, ajoutaient ils, nos lois sur l’héritage ; et vous supprimerez tout le mal. S’ils avaient mieux su l’histoire, s’ils avaient aussi mieux interrogé une mentalité paysanne formée par des siècles d’empirisme, ils auraient jugé le remède moins facile.

les défricheurs de l'âge des dolmens
En fait, cette armature remonte à des origines si reculées que pas un savant, jusqu’ici, n’est parvenu à en rendre un compte satisfaisant ; les défricheurs de l’âge des dolmens y sont probablement pour davantage que les légistes du Premier Empire.

L’erreur sur la cause se prolongeant donc ici, comme il arrive presque nécessairement, en faute de thérapeutique, l’ignorance du passé ne se borne pas à nuire à la connaissance du présent ; elle compromet, dans le présent, l’action même.

Marc Bloch, Apologie pour l'histoire, 1941


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Marc Bloch en uniformeIdentit__nationale_couv_d_f

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- photo de champs dans le département
du Nord, Cédric Lahaeye
: site

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30 novembre 2008

comptes rendus de presse

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revue de presse écrite,

audio-visuelle et en ligne



l’héritage historique
dont nous sommes tous les légataires


source : http://luette.free.fr/spip/spip.php?article241
19 mars 2009

En janvier dernier, le président Nicolas Sarkozy annonçait la création prochaine d’un "musée de l’Histoire de France". Cette annonce suscita quelques interrogations chez les historiens. Les uns jugèrent le projet inutile, les autres y virent un bon moyen pour renforcer " l’identité nationale". Le débat était lancé.

Mais, il ne fallut pas attendre longtemps pour que les clairons de l’indignation retentissent. En quelques jours, la causerie fut transformée en controverse stérile.

Et c’est ainsi à chaque fois que la question de l’identité nationale se pose.

Pourtant, la nation, le patriotisme, la culture et les traditions d’un pays sont des valeurs adulées quand il s’agit de promouvoir ou de défendre l’indépendance d’un peuple en lutte. Aujourd’hui encore, ce sont ces arguments fondateurs de l’anticolonialisme, qui reviennent dans les discours de ceux qui défendent la cause palestinienne, tibétaine, kurde....

Dans certains cas, le recours à l’identité nationale peut même devenir branché. N’a-t-on pas vu à l’occasion de la dernière élection américaine, les média et la classe politique française s’enthousiasmer devant le patriotisme de Barack Hussein Obama.

Et que dire de ceux qui manifestent pour préserver le modèle social français mis à mal par la mondialisation libérale ? N’y-a-t-il pas dans leur "résistance" une once de fierté nationale ?

Or en France, la Nation et l’identité nationale n’ont plus la côte. C’est Sympa... mais chez les autres.

Le relativisme à tous crins, la sociologie sermonneuse, l’antiracisme dévoyé, le multi-culturalisme souriant, auront permis, à toute une partie de la gauche française, de rompre avec l’idée nationale. Pour la gauche moderne, et l’armada d’historiens militants qui lui serve de caution, l’identité française est réductible à une mythologie vichyssoise, racialiste et xénophobe. À en croire leurs lamentations, il serait presque honteux de trouver dans l’Histoire de France des raisons d’être fier et même pire, d’en tirer une quelconque identité.

Pour Daniel Lefeuvre et Michel Renard, auteurs du livre " Faut il avoir honte de l’identité nationale ? " ce rejet idéologique qu’exprime la gauche depuis de nombreuses années, est caricatural et ridicule. Réduire l’identité française à une identité fantasmée, ou à de la xénophobie d’Etat, c’est faire peu de cas de l’héritage historique dont nous sommes tous les légataires. Les deux auteurs refusent "la mise en accusation, quelque peu paranoïaque, d’une prétendue machine républicaine qui ferait violence à la "France plurielle et métissée", en lui inculquant une "identité" qui ne serait pas la sienne."

À l’heure où se chante à l’unisson les louanges hypocrites de la riche et merveilleuse diversité, le temps n’est-il pas venu de se réappropier l’Histoire d’une nation assimilatrice, fraternelle, égalitaire et libre ?

Ecouter l’entretien avec Michel Renard



remet bien des idées en place

Dans le numéro 72 de Politique Magazine (mois de mars), Yvan Blot propose la note de lecture suivante à propos de l'ouvrage de Daniel Lefeuvre et Michel Renard :


Identit__nationale_couv_d_fCe petit livre courageux de deux enseignants remet bien des idées en place. Avec d'abord cette citation de la philosophe Simone Weil dans l'introduction : "...Nous ne possédons d'autre vie, d'autre sève, que les trésors hérités du passé et digérés, assimilés, recréés, par nous... L'amour du passé n'a rien à voir avec une orientation politique réactionnaire."

Les auteurs ne sont pas conservateurs, ils aiment la France, son patrimoine et son histoire, des croisades aux guerres révolutionnaires. L'identité nationale est la conscience de l'appartenance à une communauté, mais aussi un substrat historique, dont ils font remonter les origines à Jeanne d'Arc et même plus loin, au partage de Verdun en 843, lorsque l'héritage de Charlemagne fut divisé entre Charles le Chauve, dont les terres constituèrent la future France, et Louis le Germanique, dont la Francia Orientalis donna naissance à l'Allemagne.

Aussi le sentiment national n'est-il ni de droite ni de gauche mais devrait être commun à tous les Français.

Pour Lefeuvre et Renard, la langue française est le socle de notre identité, surtout depuis la fin de la monarchie. Très logiquement, ils abordent ensuite la question de l'immigration, démontrant l'impasse à laquelle aboutit le multiculturalisme tant vanté dans nos sociétés occidentales, qui n'aiment rien tant que de scier la branche sur laquelle elles sont assises. Or, même un Claude Lévi-Strauss pense qu'il faut défendre les particularismes culturels.....

Et comment évoquer ce sujet sans s'interroger sur la place de l'Islam face à notre identité nationale ? Pour les auteurs, le rôle de la nation est d'assimiler les éléments nouveaux, sous peine de s'autodétruire. Mais cela ne doit pas être au prix du renoncement à notre être historique propre, car, comme le rappelait déjà Rousseau, il est facile d'aimer "les tartares pour être dispensé d'aimer ses voisins". La sagesse ecclésiale l'avait affirmé bien avant lui : "charité bien ordonnée commence par soi-même" et permet après d'aider les autres...

Appliquant ce principe à leur domaine, celui de l'Éducation nationale, nos deux professeurs estiment que les élèves doivent obéir aux lois existantes, qui ne sont pas négociables, et que les enseignants sont là pour les encadrer et les protéger, et non pour se soumettre à leur diktat.

Un livre sans connotation idéologique d'auteurs qui aiment leur pays et ont les pieds sur terre !

Yvan Blot

Yvan_Blot






source internet de l'article

   
  impeccablement documenté

4.0 étoiles sur 5         actualité de Renan, 8 février 2009

Par  Edmond Legoutiere  - Voir tous mes commentaires

Très bon petit ouvrage, de lecture facile et impeccablement documenté, dans la même veine que Pour en finir avec la repentance coloniale, précédemment publié par l'auteur. Il donne envie de relire Renan qui définissait la nation comme "l'aboutissement d'un long passé d'efforts, de sacrifices et de dévouement" (Qu'est-ce qu'une nation, 1882). Très salutaire, à l'époque où l'on nous serine que la France est à réinventer chaque matin.

source : http://www.amazon.fr/Faut-il-avoir-honte-lidentit%C3%A9-nationale/dp/2035837065




une certaine idée de la France

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par David Saforcada le Mercredi 7 Jan - 16:41

Faut il avoir honte de l'identité nationale ?, édition Larousse - "à dire vrai", de Daniel Lefeuvre et Michel Renard

un livre à lire pour tous ceux qui croient encore en une certaine idée de la France, loin des clichés "patriote = facho" ...

Secrétaire Général de France Bonapartiste



20080201PHOWWW00244

Une année de crise
Ivan RIOUFOL

(...) Pour 2009, une conjonction de malaises sociaux et éducatifs se profile, dont la jeunesse  pourrait être le porte-voix. À dire vrai, elle a des raisons de s'estimer bernée par une société qui s'endette sur son dos, la flatte pour mieux la tromper et l'abrutit de son matérialisme. Quand le chercheur Patrick Weil défend (dans Le Monde du 17 décembre) la suppression, pour les concours, des épreuves de culture générale et de langues vivantes parce qu'elles seraient "discriminantes", cette acceptation d'une déculturation, déjà décrite (Bloc-notes du 5 décembre), revient à encourager une régression.

(...) Laisser croire, comme le fait la pensée moutonnière, que seul le pouvoir d'achat serait au centre des préoccupations des gens revient à s'aveugler sur le reste. Or la tension dépasse de simples préoccupations terre à terre, auxquelles le gouvernement devra bien sûr répondre. L'inquiétude collective tient à l'avenir de la nation elle-même. Comme le note Jean-Pierre Chevènement (Sénat, 1er décembre), "l'effacement de la France" est devenu un risque, notamment si devaient triompher "les communautarismes et la perte du lien civique ; antichambre de la guerre civile". Les profanations de lieux de culte sont en cela de mauvais présages. Voilà le vrai défi à relever pour 2009.

Sursaut

S'il doit y avoir un sursaut, il doit apparaître notamment à travers une hiérarchie des réformes et une lucidité face aux menaces intérieures. L'école ne peut plus être cette priorité floue alors qu'elle est au centre de la cohésion sociale affaiblie. Les professeurs Daniel Lefeuvre et Michel Renard doivent être entendus quand ils écrivent : "Il faut admettre que l'islamisme est bien une idéologie de rupture avec la culture occidentale, avec  l'identit" nationale française " (in Faut-il avoir honte de l'identité nationale  ? Larousse). L'extrémisme de gauche partage d'ailleurs avec l'" islam révolutionnaire" de semblables ennemis qui les rapprochent. Quant à l'effet  Obama, qui aura monopolisé une partie de 2008, il ne peut être compris, comme il l'a été en France, comme une incitation à promouvoir des minorités parce qu'elles seraient noires ou arabes. Puisse 2009 donner davantage la parole à ceux et celles qui, comme Malek Boutih, Fadela Amara, Sihem Habchi, Bouchera Azzouz, Malik Benlarbi, etc., défendent la seule méritocratie républicaine et la fierté d'être français.

Ivan Rioufol
Le Figaro, 24 décembre 2008
voir aussi ici


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publié le 11 décembre 2008, Le Point, n°1891
      

La querelle de l'identité nationale

Alain Duhamel

La création d'un ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'identité nationale et du Codéveloppement confié à Brice Hortefeux avait déclenché l'année dernière une controverse théâtrale. Des intellectuels de renom, des associations et des mouvements de gauche avaient vu dans le terme d'«identité nationale» l'ombre du nationalisme et le spectre de la xénophobie. Les sifflets qui ont de nouveau accueilli La Marseillaise lors du match amical de football France-Tunisie ont ravivé les craintes, à droite cette fois-ci, face à ce qui était ressenti comme un refus du patriotisme tricolore et un rejet de l'identité nationale. L'éternelle querelle du sentiment national resurgit donc plus que jamais. L'essai vigoureux, bien informé mais délibérément polémique, que publient deux historiens sous le titre Faut-il avoir honte de l'identité nationale ? (1) paraît donc à point nommé.

Les deux auteurs ont en somme historiquement raison et politiquement tort. Daniel Lefeuvre et Michel Renard n'ont évidemment aucun mal à établir l'ancienneté et l'authenticité du sentiment national français. Qu'il soit apparu durant la guerre de Cent Ans contre les Anglais est un fait. Qu'il se soit caractérisé par le légitimisme monarchique, par la puissance de l'État (spécificité française), par la langue, par la culture, par les sentiments, point de doute non plus. Qu'il ait pris la forme du patriotisme populaire sous la Révolution, qu'il ait alors d'abord plongé ses racines à gauche, au moins jusqu'aux années 1900, certes.

Que le nationalisme se soit ensuite ancré à droite, c'est encore vrai. Nos auteurs, qui avancent bardés de citations incontestables des meilleurs historiens (Braudel, Le Goff, Le Roy Ladurie, Nora, etc.), peuvent revendiquer sans faiblir une identoté nationale légitime et démocratique. En revanche, leur extrême anxiété face à l'islam au sein de notre société si laïque et si sécularisée, leur crainte des langues régionales, leur peur de l'immigration (une constante française qui a toujours eu besoin de trois générations pour s'assimiler, ils le savent) paraissent tout à coup abusives et systématiques. Leur science cède alors le pas à leurs émotions et leur rigueur, à leurs préjugés.

Voilà un reproche que l'on ne peut pas faire à Blandine Kriegel, qui, sur un sujet tout proche, publie avec Querelles françaises (2) un livre original, savant et néanmoins vivant. Il s'agit de la biographie intellectuelle d'une universitaire renommée, spécialiste de philosophie politique, qui a également présidé le Haut Conseil à l'intégration et participé à des rapports retentissants sur la réforme de l'État ou de la justice. Pour la place spécifique de l'Etat dans l'identité française, pour le rôle fondateur du droit dans notre pays, pour les insuffisances criantes de la séparation des pouvoirs en France --notamment l'autonomie contestée du judiciaire -, elle fait preuve d'une belle vigueur, d'ailleurs célébrée avec éblouissement dans la préface ébouriffante et foisonnante d'Alexandre Adler, son mari à la ville

1. Faut-il avoir honte de l'identité nationale ?, de Daniel Lefeuvre et Michel Renard (Larousse, 188 pages, 9,90 €).
2. Querelles françaises. Entretiens avec Alexis Lacroix, de Blandine Kriegel (Grasset, 330 pages, 19,50 €).

Aain Duhamel
publié le 11 décembre 2008,
Le Point, n°1891
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- blog fdesouche : à propos de ce compte-rendu

- autre point de vue sur ce compte rendu : blog de la Droite libre


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- sélection de la médiathèque de France Culture

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- Le Figaro Magazine, 29 novembre 2008, article de Jean Sévilla : lire en Pdf

En 2007, la création du ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'identité nationale et du Codéveloppement suscitait la polémique en raison de son intitulé. "Identité nationale", accusaient les détracteurs, est une formule qui renvoie à une conception essentialiste de la nation, source d'intolérance et de fermeture. Daniel Lefeuvre, professeur d'histoire à l'université Paris VIII, et Michel Renard qui enseigne l'histoire au lycée de Saint-Chamond, reprennent la question sous l'angle de la généalogie de l'idée nationale en France. Montrant que la conscience du fait national est apparue dès le Moyen Âge, ils plaident pour son interprétation républicaine, soulignant que le mot "identité" n'exclut pas une invitation à partager un système de valeurs. Sur un sujet qui fâche, un petit livre clair, signé par deux auteurs qui n'ont pas peur de leur ombre.

Jean Sévilla

Faut-il avoir honte de l'identité nationale ? de Daniel Lefeuvre et Michel Renard, Larousse, 192 pages, 9,90€

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- sur le site de "Riposte laïque" :

- édito de Cyrano : "Sommes-nous d'affreux franchouillards si nous aimons notre pays, la France ?"

- compte rendu de lecture par Pierre Cassen, 11 novembre 2008

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Quelques réactions avant la parution de l'ouvrage :

- Gilles sur son blog, à la date du 19 septembre : exigeant.canalblog.com

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- Elisseievna sur son blog, à la date du 28 septembre : blog féministe anti-totalitaire

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6 septembre 2008

anciens manuels d'histoire de France

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anciens manuels




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bara
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N_22___JEANNE_D_ARC_A_ORLEANS
Jeanne d'Arc


N_48___PRISE_DE_LA_BASTILLE
prise de la Bastille



N_68___JAURES
Jean Jaurès et les mineurs de Carmaux


N_69___VERDUN
Première Guerre mondiale






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6 janvier 2010

réponse à Esther Benbassa

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réponse à Esther Benbassa

Michel RENARD


Dans l'Humanité, du 5 janvier 2010 : Esther Benbassa «Pour l’avenir, il y a un roman national39a3209e_aa53_11dd_b895_802fa1cb0190 à réécrire». Directrice d’études à l’École pratique des hautes études, Esther Benbassa estime nécessaire de débattre de la France telle qu’elle est. [il a fallu l'attendre... parce que personne n'y avait pensé...!!]

L'auteure de Être juif après Gaza (CNRS éditions, 2009) ne rate pas une occasion pour s’impliquer dans des combats qu’elle estime justes. En décembre dernier, elle a décidé de faire partie d’un collectif qui prône l’ouverture d’un «autre débat» que celui lancé par le gouvernement. Les membres de ce collectif, comprenant des intellectuels, des chercheurs, des écrivains, des journalistes travaillant sur le post-colonialisme ou l’immigration rejettent l’initiative d’Éric Besson, dont le but, considèrent-ils, est de manipuler l’opinion. Esther Benbassa la qualifie même de dangereuse car elle lève le tabou du racisme. [chapeau de l'Humanité]
[Réponse : le tabou du racisme...? mais si le racisme ne s'était pas exprimé en France depuis des années et des années, pourquoi SOS-Racisme a-t-elle été créée et portée aux nues...? et, question secondaire, pourquoi, malgré SOS-Racisme, le racisme n'a-t-il pas régressé-? Le véritable tabou, aujourd'hui en France, c'est bien le sentiment national, ringardisé, extrême-droitisé, lepénisé, nazifié... Et ceux qui, par vacuité de pensée, ont procédé à ces amalgames depuis plus de vingt ans sont désormais prisonniers de leurs caricatures et INCAPABLES de débattre de ce que représente la nation comme héritage et comme projet collectif - M.R.].

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le débat sur l'identité nationale n'est pas un débat nationaliste

réponse à Esther Benbassa par Michel Renard

- L'Humanité (Mina Kaci) : Pourquoi demandez-vous l’arrêt du débat sur l’identité nationale, alors qu’Éric Besson s’entête à vouloir le poursuivre ?

Esther Benbassa : Nous n’appelons pas à cesser de débattre mais à conduire un autre échange qui ne porte pas sur l’identité nationale et qui serait une sorte de radiographie de la France. Il faut sortir de ce débat stérile sur l’identité nationale rappelant les discussions des années trente lorsque les ligues fascistes criaient? : «La France aux Français !»
[Réponse : pauvre argumentaire...! Quand Braudel signe son dernier ouvrage "L'identité de la France", faisait-il une concession à l'extrême-droite des années 1930...? Les gens comme Esther Benbassa sont tellement accrochés à une Gauche atone qui a renoncé à presque toutes ses convictions et ses ambitions, qu'ils ont réduit le débat politique au "danger du Front national", seul parti à évoquer depuis 25 ans la symbolique nationale. Résultat, ils ont oublié que l'attachement à l'identité nationale était une idée politique légitime et encore vivace dans de larges fractions des couches populaires
- M.R.].

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- Vous dites que ce débat sur l’identité nationale est dangereux..

Esther Benbassa : Il est dangereux d’abord parce qu’il caresse les mauvais instincts des gens et fait sauter le tabou du racisme. Des personnes osent dire à haute voix ce qu’elles écrivaient anonymement. Il n’est qu’un cache-misère pour parler de l’autre, de l’immigré qui ne ferait pas partie de l’identité nationale. De plus, ce débat est tourné contre l’islam comme l’était l’antisémitisme contre les juifs au XIXe siècle. Or on sait à quoi avait abouti l’antisémitisme des années trente.

[Réponse : débat tourné contre l'islam...? quelle caricature...! critiquer le communautarisme, le port du voile, de la burqa serait critiquer l'islam...? c'est bien ce que disent tous les fanatiques islamistes et fondamentalistes... Esther Benbassa est sur la même ligne...
Le parallèle avec l'antisémitisme est totalement infondé : l'antisémitisme est un racisme haineux mobilisant des préjugés ; la critique du fondamentalisme islamique se fait au nom des idéaux universalistes, au nom de l'émancipation de la femme, au nom de la laïcité... Il ne reste plus à Esther Benbassa qu'à dire que ces dernières références doivent être abandonnées au nom d'un multiculturalisme a-critique, au nom d'un relativisme honteux des progrès réalisés en Occident en faveur des libertés indiividuelles
- M.R.].

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En quoi consiste précisément l’« autre débat » que vous appelez de vos vœux ?

Esther Benbassa : On veut un débat sur la France telle qu’elle existe aujourd’hui, avec des états généraux, des colloques et bien d’autres initiatives. Il faut réécrire les manuels scolaires, l’histoire, car, dans la saga nationale qu’est l’histoire de France, il y a celle des anciens colonisés et celle des immigrés. La décolonisation n’a toujours pas été digérée. Il faut recentrer la réflexion vers d’autres enjeux et proposer de façon concrète des outils de compréhension pour les populations. Et expliquer que le débat sur l’identité nationale est un débat nationaliste, qui cache le déficit de la France, le chômage et les luttes sociales. C’est un débat typiquement politicien, électoraliste à la veille des régionales
[Réponse : "
le débat sur l’identité nationale est un débat nationaliste"... c'est ce qu'on dit quand on ignore l'histoire de France, quand on voudrait bien contrer la Droite mais qu'on n'a aucun argument sur ce thème, quand on a oublié que le patriotisme naît à Gauche sous la Révolution française et que la Gauche l'a toujours porté jusqu'à il y a une trentaine d'années.
Le "déficit, le chômage, les luttes sociales"... voilà... Pour Esther Benbassa et une majorité de gens de Gauche, n'existe que la question sociale...! Et ces gens font profession de "sciences sociales"...! quel matérialisme sommaire, quel réductionnisme grossier... L'attachement national ne serait qu'un "faux sentiment" peut-être ? Et elle propose de réécrire les manuels d'histoire... Mais Esther Benbassa ignore l'histoire de France, la profondeur des liens qui rattachent notre "société" à son passé, à des structures anciennes dont toute l'école historique française a montré, depuis deux siècles, la pertinence... Qu'elle les ouvre donc ces ouvrages avant de prétendre les réécrire...!
- M.R.].

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toute l'école historique française
a parlé de la France, de l'identité française...

mais de nombreux sociologues ignorent

les travaux des historiens, persuadés qu'ils sont
de la toute-puissance de leur grille d'analyse

- En prônant un «autre débat», n’est-ce pas d’une certaine manière le fait de rester dans le débat sur l’identité nationale que vous condamnez ?

Esther Benbassa : Nous n’avons jamais parlé de l’identité nationale et n’avons pas l’intention de le faire. Mais il existe bien une question sur ce qu’est la France aujourd’hui et on ne doit pas éviter d’y répondre. L’identité nationale est un jeu de mots pour désigner le «vrai» Français. Et le «vrai» est celui qui n’est pas immigré, qui n’est pas noir, pas arabe, celui qui n’est pas musulman. Au contraire, notre collectif regarde vers l’avenir et on estime qu’il y a un roman national à réécrire avec les histoires de ceux qui composent ce pays. Qui aujourd’hui peut dire qu’il a une seule identité ? La question même est absurde, elle nous dépasse. De plus, un débat, cela se prépare, cela se réfléchit et cela regarde l’avenir. Or le débat lancé par Éric Besson est de nature conjoncturelle.
[Réponse : Personne ne parle de "vrai Français" sauf les gens comme Esther Benbassa avec le vain espoir de discréditer le débat en cours auquel ils ne savent pas participer.
Croire qu'il ne s'agit, de la part du gouvernement, que d'une tactique en vue des élections régionales..., c'est une hypothèse que rien ne peut étayer parce que PERSONNE ne peut dire, à l'avance, ce qui sortira de ces élections ni quels facteurs d'actualités peuvent influencer alors les électeurs...
"Qui peut dire qu'il a une seule identité", avance Esther Benbassa comme si c'était un argument massue... Mais c'est un pont-aux-ânes... Personne, là encore, ne dit que chaque individu n'a qu'une seule identité. On dit qu'il y a une identité nationale qui fait que la France se distingue, par exemple, de l'Allemagne, de l'Angleterre, de l'Algérie ou du Mali... Mais voilà, pour ces "sociologues", la seule unité d'analyse, c'est l'individu... Ils ont bien besoin de fréquenter les thèses d'histoire sociale produites depuis un siècle, pour renouer avec la complexité du social, pour comprendre que le "national" ne se réduit pas au nationalisme].

Entretien réalisé par Mina Kaci
publié dans L'Humanité le 5 janvier 2010.



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pour avoir consacré son dernier ouvrage
à l'identité nationale, l'historien Fernand Braudel
n'est pas un nationaliste...



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7 décembre 2009

ceux qui se réclament des «droits de la personne» et de la «tolérance» en appellent de plus en plus à la censure

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Sommes-nous vraiment libres de

nous exprimer au Québec ?

Mathieu BOCK-CÔTÉ

«Nous assistons à la régression de la liberté d’expression au Québec à travers l’hégémonie de la rectitude politique par laquelle certaines élites médiatiques, intellectuelles et technocratiques confisquent le débat public et accusent systématiquement d'intolérance ceux qui expriment un désaccord avec elles. La technique de diabolisation est bien connue : on accusera son adversaire de dérapage, ce qui consiste à dire qu'il s'éloigne du seul chemin autorisé par les nouveaux curés de la pensée unique. 

Cette censure est particulièrement visible sur les questions liées à l'identité québécoise. Comme on l'a vu avec la crise des accommodements raisonnables, ceux qui s'opposent au multiculturalisme se font accuser de racisme, de xénophobie, de frilosité identitaire. Autrement dit, le désaccord politique est interdit et ceux qui le manifestent sont présentés comme les porteurs d’une pathologie morale. Or, on ne débat pas avec une pathologie, on la guérit. On ne lui donne surtout pas droit de parole non plus.

Paradoxalement, on ne le remarque pas assez, mais ce sont ceux qui se réclament des «droits de la personne» et de la «tolérance» qui en appellent de plus en plus à la censure des propos qui contredisent le multiculturalisme dominant. On trouve même des intellectuels pour en appeler au retour légal ou administratif de la censure et au contrôle de l’information dans les médias, comme on l’a vu au moment de la commission Bouchard-Taylor. Autrement dit, la liberté d’expression est menacée par ceux qui prétendent la protéger.»

Mathieu Bock-Côté
candidat au doctorat en sociologie
à l'UQAM (université du Québec à Montréal)
journalmetro.com/quebec

 

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commission Bouchard-Taylor

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2 décembre 2009

les élites ont abandonné la symbolique nationale

Débat sur l'identité nationale - Max Gallo :

 

 

Débat sur l'identité nationale

Max Gallo :

en chaque Français, il y a un étranger

 

L'historien et écrivain Max Gallo se mêle au débat sur l'identité nationale, qui sera défendue vendredi par François Fillon. Sans détour. 
   
lepoint.fr : Le débat sur l'identité nationale est-il nécessaire ?
Max Gallo : Je le crois, parce que l'ensemble des nations traverse une période de transition marquée par les nouvelles technologies. Ces dernières modifient les rapports des hommes entre eux, des hommes à leur État et des hommes à la politique. Je pense en particulier à la spontanéité et à l'immédiateté de l'intervention du citoyen par le biais d'Internet. Cette période est aussi marquée par des variations des équilibres démographiques, avec de grands déplacements de population, au moins pour quelques décennies encore. Naturellement, tout cela modifie ou, du moins, interroge la conception habituelle que nous avons de la nation. Sans compter que notre histoire nationale est celle d'un pays ouvert qui n'est pas composé d'une population homogène. En chaque Français, il y a un étranger.

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Certains estiment que l'identité nationale est une affaire d'histoire et qu'il ne convient pas aux politiques de l'accaparer...  
Ces gens ne connaissent pas l'histoire. Depuis les Capétiens en passant par Louis XIV jusqu'à l'époque révolutionnaire et la IIIe république, le pouvoir s'est soucié de la question de l'identité nationale. Prenons un exemple flagrant : en 1879-1880, la République décide de fixer la date de la fête nationale au 14 juillet et de fixer l'hymne national. C'est bien évidemment une intervention politique. Quand la Constituante décide de passer de l'expression "roi de France" à l'expression "roi des Français", c'est la même chose. Le 10 juillet 1940, le maréchal Pétain a évidemment forgé une nouvelle identité en choisissant "travail, famille, patrie" comme devise à la place de "liberté, égalité fraternité". À chaque instant de notre histoire, il y a eu interrogation sur la question de l'identité nationale et, à chaque fois, les politiques sont intervenus dans le débat. Aujourd'hui, il s'agit de l'ouvrir et non de le fermer. Nous sommes heureusement en République : j'imagine que le gouvernement n'a pas l'intention d'imposer quoi que ce soit.
 

Qu'est-ce qu'être français aujourd'hui ?  
Premier point : être français, c'est aimer la France, c'est-à-dire connaître son histoire, aimer les paysages travaillés par les hommes : nous avons bâti un espace monumental urbain qui nous définit. C'est une définition affective, mais très importante. Il n'y a pas de réflexion sur le fait d'être français si on ne commence pas à dire que l'on a un lien particulier fait d'attirance et d'amour pour son pays.
Deuxième point : Fernand Braudel a parlé de "problématique centrale de la nation". C'est une notion intéressante parce qu'elle signifie qu'il n'y a pas de points fixes, mais des points de repère qui encadrent l'identité nationale. Il y a d'abord le droit du sol : on ne demande pas à un Français quel sang coule dans ses veines parce que nous avons toujours été parcourus par des peuples venant du Nord, de l'Est, du Sud, et dont beaucoup se sont enracinés. Il y a ensuite l'égalité, permanente en France depuis le Moyen-Âge. On ne peut pas toucher à cette symbolique de l'égalité des chances sans déclencher des fureurs. Il y a aussi le rôle de l'État, la laïcité et la langue. Il faut parler le français. La construction de la langue a commencé au XVIe siècle, en 1539, avec l'édit de Villers-Cotterêts qui a imposé dans les textes juridiques la langue française.

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...soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties
en langaige national françoys et non autrement

Qui dit langue dit école. Puisque nous avons en nous une part d'étranger, elle a un rôle central. C'est le lieu où se forge la citoyenneté. Ce qui amène à un autre point : le rapport individuel des citoyens avec l'État. C'est ce qui nous oppose au communautarisme. Il y a aussi "la sociabilité française", c'est-à-dire notamment l'égalité homme-femme, qui s'est forgée dans l'amour courtois, les favorites, les femmes savantes... Nous avons toujours imposé au rapport homme-femme une règle qui existe dans fort peu de pays : l'épanouissement de la femme. Un autre point, c'est la conscience du risque d'émiettement de la nation parce que nous sommes divers. Il y a toujours un risque de "guerre de religion". Pas seulement des frondes, d'affrontements politiques, mais aussi de guerres civiles violentes. Il y a enfin la vocation universaliste. Elle renvoie au rôle qu'a joué la France à l'intérieur du catholicisme. La France était la fille aînée de l'Église. D'une certaine manière, elle est devenue Marianne, la fille aînée des Républiques.
 
Pourquoi le risque d'émiettement de la nation est-il fort aujourd'hui ?    
Il y a une responsabilité des élites qui, depuis 30 à 40 ans, n'ont jamais tenu de discours sur l'identité nationale. Par peur de l'extrême droite, ils ont abandonné au Front national la symbolique nationale. Ils n'ont pas tenu de grands discours sur l'intégration. Surtout, la réalité sociale et économique ne favorise pas l'intégration : il n'y a plus d'école ni de service militaire... Nous n'avons pas dit aux immigrés que nous sommes un pays qui a déjà une histoire dans laquelle ils doivent s'insérer pour la modifier, comme nous l'avions fait sous la IIIe république avec les immigrés italiens, polonais. Ce n'est pas parce qu'ils étaient européens que c'était plus facile. Il ne s'agit pas de dire "nous sommes des Gaulois", mais "il y a des Gaulois". Autrement dit, il s'agit de souligner que la France ne commence pas avec l'arrivée sur le sol de la dernière vague d'immigration. C'est la question du rapport à l'histoire. C'est pour ça que j'ai toujours été réservé sur la question de la repentance. Autant je crois qu'il ne faut rien dissimuler de l'histoire nationale, et Dieu sait si elle est riche en crimes, en erreurs, en guerres injustes, en esclavage, autant je pense qu'il ne faut pas en faire une histoire criminelle. L'histoire de France ne vaut ni plus ni moins que les autres histoires nationales. Mais on oublie souvent qu'il n'y a jamais d'intégration immédiate. Je suis fils d'immigré italien : en 1893, il y a eu des pogroms contre les Italiens. Il ne faut jamais demander au nouvel arrivant de renoncer à cette part étrangère de lui-même. Elle enrichit la nation à condition qu'elle s'inscrive dans cette problématique centrale de la nation et de ces paramètres que j'ai définis.

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immigrés italiens

Quel est l'apport de l'immigration à l'identité nationale ?  
La France s'est construite dans un amalgame permanent entre des individus arrivant de l'étranger et puis ce sol, ce lieu, cette histoire de France. Nous sommes quand même le pays de la reine Marie de Médicis, de Richelieu, de Mazarin, de Léon Gambetta. Autrement dit, nous sommes ouverts. Pour des raisons géographiques, puisque nous sommes le Finistère européen, traversé du nord au sud. Nous sommes à la fois flamands et occitans, germaniques et celtes. Si, à l'évidence, il y a des racistes en France, la France n'est pas et n'a jamais été un pays raciste. Elle est le pays d'une histoire, de l'étranger dans chaque Français.
 
Comment renforcer l'identité nationale ? En chantant la Marseillaise à l'école, par exemple ?  
En apparence, cette mesure ne change rien. On peut même en sourire, voire la contester. En réalité, c'est important d'avoir un discours sur l'identité nationale. J'espère qu'on renforcera l'enseignement du français, le principe de la laïcité, et le respect des symboles nationaux, républicains. Il faut aussi que l'intégration puisse se réaliser au travers de la vie sociale et économique. Cela passe par des mesures ponctuelles, modestes, mais rigoureuses, comme peut-être le CV anonyme. Mais ces questions doivent être étudiées techniquement et expérimentées.

propos recueillis Marc Vignaud
2 décembre 2009 - Le Point.fr

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La République, allégorie, Jean-Antoine Gros, 1794
voir l'explication de cette image ici

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